Update 5: Singapore, August 4th 2022

Hi everyone,

It’s been a while since my last update and I hope you have had a pleasant time since then. I am still doing well in this new way of life. A friend whom I met in French Guiana came to visit me from Bangkok, where he has retired.

There has been one major change for me though, as I was ordained as a bhikkhu (Thervada Buddhist monk a.k.a. beggar) on July 12th. It happened at Nandaka:

Things have not been extremely different for me after that. I still wear the same robes, follow the same routine. I have a new name, ‘Sekha’, which means ‘trainee’. I do have more rules, and more incentive to follow them seriously. Some require changing my habits. For example, I am not allowed to look at the reflection of my face in a mirror (even though I have one in the bathroom) unless there’s a valid reason for that, like when I shave. I have familiarized myself with the basics and it’s not that difficult to follow.

Days follow one another, they are pretty similar: I spend them practicing meditation, learning ‘Pali’ language and learning about the rules. But there’s an overall trend of improvement, and that’s what this life is all about: slow, steady improvement towards ever deeper happiness. Almost everything is going just fine, except for my health as I have my second relapse of gastritis (likely H Pylori infection) which is difficult to remove and comes back very easily. But the volunteers helping me here moved heaven and earth to find me a treatment, so I hope to be cured soon.

I have now exhausted the 90 days on my Malaysian visa, so I came to Singapore to do a visa run. I am staying a few days at Singapore’s Pa Auk Meditation Center. It’s really a big house or small mansion in an affluent suburb of Singapore. Very quiet during the day, very good energy for meditation. There are two other monks staying here, the youngest of which (in terms of monkhood years) has 12 years of experience. One is Burmese, the other is Singaporean, both very nice people.

I went for a walk with the Burmese monk the other day:

So tomorrow (August 5th) I will fly back to Penang in Malaysia, hoping that Malaysian immigration at the airport there will grant me another 90 days. I need it, because we are in a period called vassa, which means rain in « Pali » language. This means that during the mansoon, we stay at the same monastery for 3 months. The rules say I can go away for seven days at most. If immigration decides to trouble me, I will have to look for another place to stay. Likely candidates in my opinion (I don’t expect to be able to make that decision) are a monastery near Batam island in Indonesia, in front of Singapore, or another one in Thailand.

If you don’t hear from me in the next few weeks, that will mean I am back at Nandaka as planned. Otherwise things will be a bit more complicated.

Best wishes, Peace and Love

Sekha

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Nouvelles n°2 : Nandaka Vihara, 13 Juin 2022

Salut tout le monde, j’espère que le monde vous a bien traités depuis mon dernier email / post.

En ce qui me concerne, il y a une semaine, je suis devenu un samanera. Ce qui signifie que maintenant je porte les robes, et en général j’arrive à faire en sorte qu’elles ne tombent pas tout le temps de mes épaules (style de vêtements vieux de 2500 ans, les fermetures éclair n’étaient pas encore tout à fait prêtes à l’époque). Je suis donc dans un état intermédiaire entre un laïc et un moine. Mais à part le fait que je porte les robes et que je mange avec les moines, rien n’a vraiment changé dans ma vie quotidienne.

Je passe toujours l’essentiel de mon temps dans ma chambre privée en méditation, avec des améliorations encourageantes d’un jour sur l’autre. S’il n’y avait pas ces améliorations, je vivrais essentiellement le même jour tous les jours. Mais ce n’est pas du tout ennuyant parce que je m’amuse plus que jamais, seulement c’est une forme d’amusement qui est très calme et profonde. Et tout cela fait que chaque jour je suis de moins en moins attiré par le monde extérieur et tous les problèmes qu’il recèle.

Pendant ma méditation, il s’est passé quelque chose qui m’a rappelé un épisode de ma vie, qui s’est produit il y a 16 ans, pendant ma dernière année en tant qu’étudiant, dépendant de mes parents. À l’époque, j’avais développé un intérêt pour la culture et la spiritualité indiennes. Je pratiquais le hatha yoga et je souhaitais en apprendre plus au sujet de la méditation, mais je savais que je devais l’apprendre des bonnes personnes, et donc la première étape devait être de trouver qui pourraient bien être ces personnes.

Du coup je me suis rendu à la bibliothèque municipale de Montpellier où j’habitais, et là ils avaient un grand catalogue de films et de documentaires qu’on pouvait regarder sur une télé dans un endroit isolé. J’ai dû rechercher le mot-clé « ashrams » puisque j’ai trouvé un documentaire datant de 1959 qui s’appelle « ashrams ». Je l’ai donc regardé sur une des télés qu’ils avaient à disposition, et une partie de ce documentaire a eu un effet profond sur moi.

C’était la partie dédiée à Anandamayi Ma, qui était toujours vivante et au pic de sa forme à l’époque où le documentaire avait été filmé. De nos jours, ceux-ci sont très faciles d’accès sur youtube, et voici donc la partie en question : https://youtu.be/IrdlNJDT_1I (désolé, mon ordinateur a pris des moisissures parce que je n’ai pas été autorisé à l’utiliser, et donc je suis obligé d’écrire sur mon téléphone, et l’interface buggue quand j’essaye de mettre en place le lien correctement ; il se peut que vous ayez à le copier / coller vous même).

J’étais impressionné par l’expression de son visage (surtout ici) et par son attitude en général. Mais ce qui m’a le plus impressionné c’est ce qui s’est produit lorsque je suis sorti de la bibliothèque après avoir regardé le documentaire. Je repensais à ces images, que je voulais rencontrer quelqu’un comme ça, et j’étais en train de me dire que mon objectif dans la vie serait de voyager en Inde afin de trouver de telles opportunités. J’étais en train de me diriger vers l’escalator, quand j’ai été touché de manière inattendue par une sorte de douche d’amour étrange et puissante, et la notion apparut en moi que non seulement je pouvais rencontrer une telle personne, mais je pouvais en devenir une moi-même. Cette sensation et cette idée semblaient sortir de nulle part et j’eus le sentiment que d’une manière ou d’une autre ils venaient d’elle. Je savais que le chemin pour en arriver là serait long, mais à partir de cet instant là, j’avais un objectif clair dans ma vie.

Et maintenant, 16 ans plus tard, je me retrouve à faire quelque chose que j’ai longtemps pensé que je ne ferais jamais : devenir un moine. Et donc je suis assis en méditation, et je parviens à obtenir ce sentiment de joie subtile qui semble s’écouler dans mon esprit à partir d’une source de bonheur perpétuelle, et ce sentiment crée une sensation de plaisir dans mon corps, tout autour duquel je la fais intentionnellement se propager, et elle se met à se multiplier. En l’espace de quelques secondes, elle devient si puissante que mon corps ne peut plus la contenir et elle se met à s’échapper partout autour de moi.

Je sens que cette sensation est simplement le résultat du fait que mon corps se synchronise avec un réseau ubiquitaire, une source d’amour infinie à laquelle on peut se connecter à n’importe quel moment, si on parvient à un état d’esprit propice. Je me sens comme une antenne, recevant et retransmettant ce signal puissant de bienveillance inconditionnelle et universelle, comme une machine, sans que ma personnalité ne soit impliquée dans ce processus. C’est comme être amoureux de tout ce qui existe, avec tous les êtres vivants de l’univers et avec l’univers lui-même, comme être traversé par d’infinies fractales kaléidoscopiques et multicolores qu’on ne peut voir qu’avec son cœur.

Et à ce moment là j’ai su que j’étais arrivé là où vit Anandamayi Ma. Je n’étais qu’un invité de passage, mais je sais que si je continue à améliorer ma pratique jour après jour, le moment viendra où je serai capable de m’y rendre quand je voudrai. Et quand ça se produira, je réaliserai vraiment le pressentiment que j’ai eu il y a 16 ans.

Certaines personnes diraient peut-être que j’ai simplement fait l’expérience de l’ouverture de mon Chakra du cœur, et ils auraient probablement raison, mais hé, ça fait se sentir suffisamment bien pour en parler.

Quoi qu’il en soit, le sentiment que j’ai eu juste après cette expérience, c’est que nous appartenons tous au même arbre de l’humanité and nous dépendons tous les uns des autres pour notre survie et notre bien-être, et tous les jours, nous nous protégeons les uns les autres, souvent sans même plus y penser. C’est juste ces choses que tous les humains font quand ils sont civilisés, c’est juste ce qui est attendu d’eux, et on considère juste ça comme allant de soi. On oublie d’apprécier ces actes de bienveillance quotidiens à leur juste valeur, et trop souvent on néglige de se remercier les uns les autres.

Les enfants prennent les soins de leur parents pour acquis, et même parfois comme un dû, et les remercient rarement pour quoi que ce soit. Les maris, souvent, ne remercient pas suffisamment leur femme et les femmes, souvent, ne remercient pas suffisamment leur mari. Il en va de même pour les frères et sœurs, les amis, les collègues et même n’importe qui qu’on rencontre au magasin et qui est suffisamment prévenant pour faire la queue derrière nous au lieu d’essayer de nous passer devant. Aucun acte de gentillesse ne devrait passer inaperçu, et de manière générale nous devrions avoir beaucoup plus de gratitude les uns envers les autres.

Je sais que j’ai négligé tout cela autant que quiconque, et je voudrais saisir l’opportunité de remercier quiconque lit ceci, et également tous ceux qui ne liront jamais ceci. Je voudrais remercier spécialement tous ceux qui ont contribué à ce que j’arrive là où j’en suis aujourd’hui. Toutes les personnes que j’ai jamais rencontré et qui ont eu assez de gentillesse pour ne pas me tuer, toutes les personnes qui m’ont écouté, toutes celles qui m’ont aidé, surtout mes parents, mes frères et sœurs, les membres de ma famille, les collègues et connaissances. Merci d’être qui vous êtes et j’espère que chacun restera libre du danger et du malheur, que vous trouverez un bonheur véritable et profond et que vous demeurerez en harmonie avec le monde autour et à l’intérieur de vous.

Paix et amour.

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Update 2: Nandaka Vihara, June 12th 2022

Hi everyone, I hope the world has treated you well since my last email / post.

As far as I am concerned, one week ago, I became a samanera. Which means that now I wear the robes and I mostly manage to not have them fall off all the time (2500 years old clothing style, zippers weren’t a thing just yet). I am in an intermediary state between a regular layman and a monk. Apart from wearing the robes and eating together with the monks, nothing much has changed in my daily life.

I still spend most of the day in my private room in meditation, with encouraging improvements day by day. If it weren’t for those improvements, I would basically live the same day over and over. But it’s not boring at all because I get more fun than ever before, only it’s a very quiet and deep kind of fun. And it makes it so that every day I am less and less attracted to the outside world and all the problems out there.

During my meditation, I was remembered of an episode that took place 16 years ago, in the last year of my life as a student, dependent on my parents. Back then, I had developed an interest for Indian culture and spirituality. I was practicing hatha yoga and was interested in learning about meditation, but I knew I had to learn it from the right people, and so the first task would be to figure out who those people might be.

So I went to the public library in Montpelier (France) where I lived, and there they had a large catalog of movies and documentaries that you could watch on a TV in your own private spot. I must have searched the keyword ‘ashram’ because I found a documentary from 1959 that is called ‘Ashrams’. I watched it on one of those TVs they had, and a part of that documentary made a strong impression on me.

It was the part dedicated to Anandamayi Ma, who was still alive and in full blossom at the time when the documentary was filmed. Nowadays, those are very easy to find on YouTube, here is the relevant part: https://youtu.be/IrdlNJDT_1I (sorry my computer got moldy because I wasn’t allowed to use it, so I have to write this on my phone and the interface glitches when I try to set up a link; you may have to copy / paste it yourself).

I was impressed by the expression on her face (especially here) and by the way she conducted herself. But what impressed me the most was what happened when I left the library after watching the documentary. I was thinking back about these images, that I wanted to meet someone like that, and I was making it my life plan to travel to India and find such opportunities. I was just walking back to the escalator when I was unexpectedly hit by a strange and powerful shower of love, and the notion came to me that not only could I meet someone like that, I could become someone like that myself. This sensation and this idea seemingly came out of nowhere and I had the feeling they somehow came from her. I knew the path to get there would be long but from that moment on I had one clear objective in my life.

Well, fast forward 16 years and here I am doing something I long thought I would never do: becoming a monk. So I am sitting in meditation, I manage to get that feeling of subtle joy which seems to flow into my mind from some higher source of forever bliss, and that feeling creates a sensation of pleasure in my body, which I intentionally spread around it, and it starts multiplying. Within seconds, it becomes so strong that my body can’t hold it all in and it starts leaking out everywhere around me.

I feel that this sensation is just the result of my body getting in sync with an ubiquitous network, an infinite source of love that we can connect to at any time, if we manage to get into the right state of mind. I feel like an antenna, receiving and retransmitting this powerful signal of unconditional, universal good will, like a machine, without involving my personality in that process. It’s like being in love with everything that exists, with every living being in the universe, and with the universe itself, like being pervaded by infinite multicolor kaleidoscopic fractals of kindness that you can only see with your heart.

And then I knew I had just arrived where Anandamayi Ma lived. I was just a temporary guest, but I know that if I continue improving my practice day by day a time will come when I manage to get there any time I want. And when that happens, I will truly fulfill the presentiment I had 16 years ago.

Some people might say I just experienced my heart Chakra opening and they would probably be right, but hey that feels good enough to write home about.

Anyway, the feeling I got right after that experience was that we all belong to the same human tree and we all depend on each other for our survival and our well being, and every day we protect each other from harm, often without even thinking about it anymore. It’s just those things that all humans do when they are civilized, that’s just what is expected from them, and we just take it for granted. We fail to appreciate those everyday acts of kindness at their true value and we too often fail to thank each other.

Children take their parents’ care for granted, or even sometimes for a due, and rarely thank them for anything. Husbands often don’t thank their wives as much as they should, and wives often don’t thank their husbands as much as they should. Same goes with siblings, friends, colleagues and even anyone we meet at the grocery store who is considerate enough to simply queue behind us without trying to get past in front of us. No act of kindness should go unappreciated and generally speaking we should be a lot more grateful to each other.

I know I have been as oblivious to that as anyone else, so I would like to seize the opportunity to thank anyone who is reading this, and also everyone who will never read this. I would like to thank especially everyone who has contributed to my getting where I am now. Everyone I have ever met and who has shown enough kindness not to kill me, everyone who has listened to me, everyone who has helped me, especially my parents, my siblings and relatives, my friends, colleagues and acquaintances. Thank you for being who you are and I hope everyone of you will be free from danger and unhappiness, that you find true, deep happiness in your life and remain in harmony with the world around and inside you.

Peace & Love.

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Nouvelles n°1: Nandaka, 31 Mai 2022

Salut tout le monde, j’espère que vous allez bien.

Ce message est à la fois un email pour mes amis qui souhaitent suivre ce qui m’arrive ainsi qu’un article de blog documentant mon voyage vers le Bouddhisme Theravada.

Je suis parti depuis presque un mois maintenant, que s’est-il donc passé depuis ?

J’ai pris mon vol à Marseille pour Kuala Lumpur le 4 Mai, avec 9h d’escale à Istanbul. En tenant compte d’une mauvaise surprise avec l’immigration malaisienne à mon arrivée, le voyage a aura duré environ 35h porte à porte entre Avignon et ma chambre d’hôtel à KL.

J’ai ensuite contracté une infection au H. Pylori qui m’a tenu éveillé presque toute une nuit, et j’ai pu faire l’expérience des dysfonctionnements des soins pour-le-profit afin de régler le problème, mais j’en suis maintenant guéri. J’ai donc atteint ma destination finale, Nandaka Vihara (Bukit Mertajam en Malaisie), le 9 Mai. À partir de là, tout a commencé à aller bien mieux.

J’ai ainsi pu faire l’expérience diamétralement opposée au soin pour-le-profit sous la forme d’un « centre de bien-être ». Les gens y sont très sympathiques et très amicaux. L’homme qui fait tourner le centre pratique l’iridologie. Il s’agit de prendre une photo rapprochée de l’œil et d’y examiner les formes et les couleurs en utilisant une grille fournie par la médecine chinoise, et c’est incroyablement précis. Le gars m’a dit que j’avais le haut des poumons un peu encrassés (j’ai en effet fumé au cours des deux dernières années) et il dit être capable de détecter par ce moyen si quelqu’un a un cancer. Et puis il y a aussi ces machines incroyables.

La première est une petite boîte noire venant d’Allemagne qui, pour ce que j’en ai compris, permet de s’electrocuter entre une aiguille que l’on place généralement sur la main et l’oreille, dans laquelle on insère une espèce de récepteur. On utilise ensuite les schémas fournis par la médecine chinoise pour trouver les points d’acupuncture sur la main qui sont liés aux organes que l’on souhaite renforcer. On peut ressentir où se trouve exactement le point d’acupuncture parce que la douleur modérée que l’on ressent sera plus forte lorsque l’aiguille passe dessus. Au bout d’un moment, la douleur diminue, et on peut choisir d’augmenter le voltage si on le souhaite. Croyez-le ou non, on se sent vraiment mieux ensuite. Apparemment, ça permet d’éliminer les blocages dans les méridiens. À un moment, l’hôte me demande s’il y a un endroit dans mon corps où j’ai mal. Je lui dis que j’ai souvent un peu mal en bas du dos (c’était le cas à ce moment là). Il me demande de lui montrer où exactement et ensuite il met l’aiguille électrique à cet endroit. J’ai fait un cycle de cinq minutes pendant lequel j’ai progressivement augmenté le voltage jusqu’au maximum (ça reste très supportable si on augmente progressivement), au bout desquelles la douleur dans mon dos était tout simplement partie, et elle n’est pas revenue depuis !

Ensuite, il y a une autre machine d’auto électrocution venant de Chine, qui envoie de l’électricité entre la plante des pieds et deux patches qu’on peut mettre n’importe où (j’ai choisi le dos). Celle-ci a éliminé la douleur que je commençais à avoir dans les genoux.

La dernière machine s’appelle quelque chose « ions négatifs » et est de fabrication japonaise. On s’assoit sur une chaise en bambou qui est isolée du sol. Si quelqu’un qui se tient debout sur le sol vous touche une fois que vous avez placé vos pieds sur la machine, ça produit une petite étincelle. D’après ce que j’ai compris, la machine est chargée électriquement, ce qui permet au corps d’inverser certaines réactions biochimiques qu’il ne serait pas capable d’inverser autrement, ce qui permet de rajeunir. Les tenants prétendent même que cette machine peut guérir des stades avancés de cancer sans avoir recours à la chimiothérapie.

J’ai découvert ce centre de bien-être par ce qu’il est fréquenté par de nombreux adhérents au Nandaka Vihara.

Donc Nandaka est un endroit où l’on trouve des moines Theravada (en fait « moine » n’est pas le mot le plus précis : on les appelle bhikkhus, ce qui dans un language populaire de l’Inde ancienne, la langue Pali, signifie « mendiant », car les moines Theravada ne mangent que la nourriture qu’on veut bien leur donner). On y trouve aussi des « sayalays », ce qui si je ne me trompe pas est un mot birman désignant les femmes qui prennent également le vœu de célibat et n’utilisent pas d’argent. Il y a aussi des « yogis » comme moi qui sont ici essentiellement pour pratiquer la méditation dans un endroit paisible et favorable.

Je dois dire que l’endroit est très bien conçu à cet égard. Ça ressemble presque davantage à un spa qu’à un monastère bouddhiste. Si vous êtes un/e yogi ici, on vous alloue une kuti (endroit où dormir) et on vous nourrit deux fois par jour (pas de repas le soir). En échange vous acceptez de respecter les règles, qui ne sont pas très nombreuses (téléphone / internet un seul jour par semaine cependant). Je vais essayer de mettre une photo du programme journalier, mais en gros il y a deux « sessions de groupe » pendant lesquelles vous êtes censé être dans le hall de méditation, et deux sessions de récitations bouddhistes d’une demi-heure chacune (la session de groupe du soir n’est pas vraiment au programme). Pendant la majeure partie de la journée, vous êtes libre de faire comme bon vous semble, même si vous êtes censé pratiquer la méditation bouddhiste.

En parlant de méditation, c’est pour faire court la raison pour laquelle je me suis engagé dans ce voyage bouddhiste. Si vous souhaitez davantage de détails, il y a un texte bouddhiste que vous pouvez lire et qui cherche à répondre à la question d’un roi des temps anciens : « quels sont les bénéfices de la vie de moine (bouddhiste) qui sont visibles ici-et-maintenant ? »
http://www.buddha-vacana.org/fr/sutta/digha/dn02.html#pssp
(Il est peut-être préférable de sauter le début pour en venir plus rapidement aux réponses, car le texte est assez long).

Il s’agit en gros d’un résumé des pratiques auxquelles les moines bouddhistes vouent leur temps. Et ici, je vais profiter du fait que je suis encore un laïc parce que je vais faire me sera interdit plus tard une fois que je serai devenu moine, puisque les moines ne sont pas autorisés à parler aux gens ordinaires de leurs accomplissements (pour éviter les fausses déclarations etc.). Je ne fais pas ça pour me vanter, je souhaite simplement expliquer que je ne m’engage pas à l’aveugle, que j’ai bien un avant goût de ce qui m’attend plus loin sur ce chemin, et que je souhaite en avoir davantage.

Voici donc de quoi il s’agit : je pense que j’atteins parfois le premier stade d’absorption, où l’esprit ressent une sorte de joie subtile et uplifting, qui se traduit par un plaisir subtil qui traverse tout le corps et le fait se sentir comme du coton. C’est un peu comme se retrouver sur un petit nuage au-dessus de la réalité mondaine. Au moins une fois, je suis entré dans la cessation des pensées, où le plaisir mentionné plus haut devient si intense que l’esprit est totalement satisfait par l’expérience présente et ne veut plus être dérangé par aucune pensée. J’ai toujours beaucoup de progrès à faire car je ne parviens toujours pas à contrôler combien de temps je reste dans cet état, à d’une mauvaise expérience avec de l’ayahuasca en Amazonie en 2006 (si jamais vous prenez de l’ayahuasca, assurez vous qu’ils soient pleinement capables de vous accompagner et vous protéger lorsque vous perdez le contrôle de l’expérience).

Ces expériences de méditation procurent un plaisir tellement raffiné qu’il ne peut se comparer à aucun plaisir sensuel dont vous ayez pu faire l’expérience dans votre vie. C’est pourquoi il est si puissant et pourquoi il pousse les gens à devenir des moines / moniales bouddhistes.

Parce que si vous continuez à lire le texte dont j’ai fourni le lien plus haut, ces absorptions mentales sont dites être la clé pour libérer d’extraordinaires potentiels de l’esprit humain, accessibles seulement aux personnes qui ont choisi de rester complètement célibataires. Parmi ceux-ci, il y a le souvenir des vies passées, la lecture d’esprit et d’autres choses qui seraient considérées comme des « miracles » mais qui sont enseignées ici comme une science. Bien sûr, le but n’est pas simplement d’acquérir ces facultés, c’est le fameux nirvana, la fin absolue de toutes les insatisfactions.

J’ai un jour lu cette analogie, que je pourrais appeler l’analogie de la carte. C’est comme si on vous avait remis une carte au trésor des Caraïbes et que vous ayez navigué avec votre bateau jusqu’au point le plus proche indiqué « trésor » sur la carte. Vous avez utilisé les conseils indiqués sur la carte pour éviter les dangers (que vous trouvez exactement là où la carte vous dit qu’ils sont et la méthode indiquée sur la carte pour les éviter fonctionne parfaitement bien) et pour éviter de vous perdre. Vous avez réussi à vous y rendre et vous y avez trouvé le premier trésor indiqué. Maintenant vous regardez le reste de la carte, qui vous promet des trésors bien plus grands et vous êtes impatient.e de reprendre la mer pour aller voir ce qu’il en est. Voilà à peu près l’espace mental dans lequel je me trouve en ce moment.

Ceci dit, tout n’est pas rose ni facile, et la navigation peut s’avérer assez difficile parfois, mais le prix en vaut bien l’aventure, à mon avis.

Ainsi, tous les jours je passe l’essentiel de ma journée en méditation, soit navigant vers mon île au trésor mentale, soit comptant mes pièces d’or (voire les deux en même temps !) selon le cas.

J’ai demandé à devenir samanera, ce qui correspond à un statut de moine-light, ce qui est censé se réaliser ce week-end. Visuellement, je serai indiscernable d’un moine, mais j’aurai beaucoup moins de règles à suivre. Cela permettra à la petite communauté de moines d’évaluer si je suis prêt pour le grand saut suivant dans le statut de moine complet, ce qui j’espère arrivera au cours du mois de Juin.

D’ici là, j’espère que vous vous porterez au mieux.

Meilleurs souhaits

remy

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Update 1: Nandaka, May 31st 2022

Cette galerie contient 12 photos.

Hi everyone, I hope you are doing well. This is intended to be an email for my friends who wish to keep track of what’s happening to me as well as a blog post documenting my journey into Theravada Buddhism. … Continuer la lecture

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bhāvanā: mental development

Note: the original context may be more user-friendly

bhāvanā: cultivation by the mind, mental development, meditation – lit: calling into existence, producing.

Perhaps the closest we can get to a definition of the word, or at least what the concept entails, is a depiction of what the expression ‘the effort of/for development’ (bhāvanā·ppadhāna) practically means, as given in the Padhāna Sutta:

AN 4.69

“katamañca, bhikkhave, bhāvanāppadhānaṃ? idha, bhikkhave, bhikkhu anuppannānaṃ kusalānaṃ dhammānaṃ uppādāya chandaṃ janeti vāyamati vīriyaṃ ārabhati cittaṃ paggaṇhāti padahati. idaṃ vuccati, bhikkhave, bhāvanāppadhānaṃ.
   
And what, bhikkhus, is the effort for development? Here, bhikkhus, a bhikkhu generates desire, exerts himself, arouses energy, exerts his mind and strives for the arising of unarisen skillful mental states. This is called, bhikkhus, the effort for development.

Other suttas also provide definitions of bhāvanā·bala (the power of development). One of those refers to a set of qualities that are often cited alongside bhāvanā, the seven bojjhaṅgas:

AN 2.12

“katamañca, bhikkhave, bhāvanābalaṃ? idha, bhikkhave, bhikkhu satisambojjhaṅgaṃ bhāveti vivekanissitaṃ virāganissitaṃ nirodhanissitaṃ vosaggapariṇāmiṃ, dhammavicayasambojjhaṅgaṃ bhāveti… vīriyasambojjhaṅgaṃ… pītisambojjhaṅgaṃ… passaddhisambojjhaṅgaṃ… samādhisambojjhaṅgaṃ… upekkhāsambojjhaṅgaṃ bhāveti vivekanissitaṃ virāganissitaṃ nirodhanissitaṃ vosaggapariṇāmiṃ. idaṃ vuccati, bhikkhave, bhāvanābalaṃ.
   
And what, bhikkhus, is the power of development? Here, bhikkhus, a bhikkhu cultivates the enlightenment factor of mindfulness, that is based on seclusion, dispassion, cessation, maturing in release, he cultivates the enlightenment factor of discrimination of phenomena… energy… exaltation… tranquility… concentration… equanimity, that is based on seclusion, dispassion, cessation, maturing in release. This, bhikkhus, is called the power of development.

The development of bojjhaṅgas is also cited in a description of how āsavas are abandoned by developing (āsavā bhāvanā pahātabbā), at MN 2. Another definition of bhāvanā·bala (the power of development) is given in the following sutta:

AN 2.13

“katamañca, bhikkhave, bhāvanābalaṃ? idha, bhikkhave, bhikkhu… paṭhamaṃ jhānaṃ upasampajja viharati… dutiyaṃ jhānaṃ… tatiyaṃ jhānaṃ… catutthaṃ jhānaṃ upasampajja viharati. idaṃ vuccati, bhikkhave, bhāvanābalaṃ.
   
And what, bhikkhus, is the power of development? Here, bhikkhus, a bhikkhu… enters and dwells in the first jhana… the second jhana… the third jhana… the fourth jhana. This, bhikkhus, is called the power of development.

We also find in the suttas lists of what appears to be synonyms for bhāvanā. The related verb bhāveti is very often juxtaposed with bahulī·karoti (lit: ‘to make much of’, i.e. to practice frequently, repeatedly, seriously). AN 5.57 and MN 95 also juxtapose respectively āsevati (to frequent, visit; to practise, pursue, indulge, enjoy) and the related substantive āsevanā. At AN 9.35, the verb svādhiṭṭhitaṃ adhiṭṭhāti (to undertake in a well undertaken way; ven. Thanissaro: ‘establishes himself firmly in it’; ven. Bodhi: ‘focuses on it well’) is also juxtaposed to bhāveti and the above two verbs. Some suttas (e.g. AN 8.1) also sometimes juxtapose the past participles yānī·kata (lit: ‘made a vehicle’), vatthu·kata (lit: ‘made the ground/basis’), anuṭṭhita (lit: ‘stood along’, i.e. ‘carried out’), paricita (gathered, accumulated, increased; or scrutinized, acquainted with, constantly practised; ven. Bodhi translates consolidated), su·samāraddha (well undertaken).

An apparent antonym to bhāvanā is pahāna (abandoning):

SN 46.6

kāyaduccaritaṃ pahāya kāyasucaritaṃ bhāveti, vacīduccaritaṃ pahāya vacīsucaritaṃ bhāveti, manoduccaritaṃ pahāya manosucaritaṃ bhāveti.
   
having abandoned bodily misconduct, a bhikkhu develops good bodily conduct; having abandoned verbal misconduct, he develops good verbal conduct; having abandoned mental misconduct, he develops good mental conduct.

The traditional treatment of the term sometimes consists in analyzing it in two categories: samatha·bhāvanā and vipassana·bhāvanā. Although these exact compound words never actually occur in the suttas, we do find the following statement in a number of them:

MN 149

 katame ca, bhikkhave, dhammā abhiññā bhāvetabbā? samatho ca vipassanā ca. ime, bhikkhave, dhammā abhiññā bhāvetabbā.
   
And what mental states are to be developed by direct knowledge? Tranquility and Insight. These, bhikkhus, are the mental states that are to be developed by direct knowledge.

The practice of samatha and vipassana also appears as a duty for a monk in the Piṇḍapātapārisuddhi Sutta:

MN 151

 “puna caparaṃ, sāriputta, bhikkhunā iti paṭisañcikkhitabbaṃ: ‘bhāvitā nu kho me samatho ca vipassanā cā’ti? sace, sāriputta, bhikkhu paccavekkhamāno evaṃ jānāti: ‘abhāvitā kho me samatho ca vipassanā cā’ti, tena, sāriputta, bhikkhunā samathavipassanānaṃ bhāvanāya vāyamitabbaṃ.
   
Moreover, Sariputta, a bhikkhu should consider: ‘Are Tranquility and Insight developed in me? If, Sariputta, a bhikkhu examining [himself] knows thus: ‘Tranquility and Insight are not developed in me’, then that bhikkhu should make an effort to develop Tranquility and Insight.

sace pana, sāriputta, bhikkhu paccavekkhamāno evaṃ jānāti: ‘bhāvitā kho me samatho ca vipassanā cā’ti, tena, sāriputta, bhikkhunā teneva pītipāmojjena vihātabbaṃ ahorattānusikkhinā kusalesu dhammesu.
   
But if, Sariputta, a bhikkhu examining [himself] knows thus: ‘Tranquility and Insight are not developed in me’, then that bhikkhu should remain with that serene joy & exaltation, training day & night in advantageous mental states.

It is also explained at AN 2.31 that samatha leads to the bhavana of citta, which in turns leads to abandoning rāga, while vipassana leads to the bhavana of paññā, which in turns leads to abandoning avijjā. SN 43.2 explains that they lead to the destruction of the three akusala·mūlas, and MN 73 shows in detail that they lead to the six abhiññā and arahatta. In AN 4.170, ven. Ananda explains that everyone who declares to him having become an arahant has achieved so by practicing both samatha and vipassana in one of four ways.

However, as the Upaka Sutta makes it clear, what is said ‘to be developed’ (bhāvetabba) is not at all restricted to samatha·bhāvanā and vipassana·bhāvanā, but includes at large whatever is kusala:

AN 4.188

 itipidaṃ kusalaṃ bhāvetabba
   
That which is wholesome should be developed

That being said, when only one category of phenomena is mentioned as to be developed, it is often the 7 bojjhaṅgas, as we have seen above at AN 2.12 and MN 2, or sometimes kāyagatāsati:

AN 1.575

 “Yassa kassaci, bhikkhave, mahāsamuddo cetasā phuṭo antogadhā tassa kunnadiyo yā kāci samuddaṅgamā; evamevaṃ, bhikkhave, yassa kassaci kāyagatā sati bhāvitā bahulīkatā antogadhā tassa kusalā dhammā ye keci vijjābhāgiyā”ti.
   
“Mendicants, anyone who brings into their mind the great ocean includes all of the streams that run into it. In the same way, anyone who has developed and cultivated mindfulness of the body includes all of the skillful qualities that play a part in realization.”

Some suttas mention development in body and in mind. Some suttas, such as the Loṇakapalla Sutta, even add development in virtue (sīla) and wisdom (paññā):

AN 3.100

 Idha, bhikkhave, ekacco puggalo bhāvitakāyo hoti bhāvitasīlo bhāvitacitto bhāvitapañño aparitto mahatto appamāṇavihārī.
   
There is the case where a certain individual is developed in [contemplating] the body, developed in virtue, developed in mind, developed in discernment: unrestricted, large-hearted, dwelling with the immeasurable.

The Mahā Saccaka Sutta provides explanations as to what development in body and mind may mean:

MN 36

 “kathañca, aggivessana, abhāvitakāyo ca hoti abhāvitacitto ca? idha, aggivessana, assutavato puthujjanassa uppajjati sukhā vedanā. so sukhāya vedanāya phuṭṭho samāno sukhasārāgī ca hoti sukhasārāgitañca āpajjati. tassa sā sukhā vedanā nirujjhati. sukhāya vedanāya nirodhā uppajjati dukkhā vedanā. so dukkhāya vedanāya phuṭṭho samāno socati kilamati paridevati urattāḷiṃ kandati sammohaṃ āpajjati. tassa kho esā, aggivessana, uppannāpi sukhā vedanā cittaṃ pariyādāya tiṭṭhati abhāvitattā kāyassa, uppannāpi dukkhā vedanā cittaṃ pariyādāya tiṭṭhati abhāvitattā cittassa. yassa kassaci, aggivessana, evaṃ ubhatopakkhaṃ uppannāpi sukhā vedanā cittaṃ pariyādāya tiṭṭhati abhāvitattā kāyassa, uppannāpi dukkhā vedanā cittaṃ pariyādāya tiṭṭhati abhāvitattā cittassa, evaṃ kho, aggivessana, abhāvitakāyo ca hoti abhāvitacitto ca.
   
“How, Aggivessana, is one undeveloped in body and undeveloped in mind? Here, Aggivessana, pleasant feeling arises in an untaught ordinary person. Touched by that pleasant feeling, he lusts after pleasure and continues to lust after pleasure. That pleasant feeling of his ceases. With the cessation of the pleasant feeling, painful feeling arises. Touched by that painful feeling, he sorrows, grieves, and laments, he weeps beating his breast and becomes distraught. When that pleasant feeling has arisen in him, it invades his mind and remains because body is not developed. And when that painful feeling has arisen in him, it invades his mind and remains because mind is not developed. Anyone in whom, in this double manner, arisen pleasant feeling invades his mind and remains because body is not developed, and arisen painful feeling invades his mind and remains because mind is not developed, is thus undeveloped in body because mind is not developed, is thus undeveloped in body and undeveloped in mind.

“kathañca, aggivessana, bhāvitakāyo ca hoti bhāvitacitto ca? idha, aggivessana, sutavato ariyasāvakassa uppajjati sukhā vedanā. so sukhāya vedanāya phuṭṭho samāno na sukhasārāgī ca hoti, na sukhasārāgitañca āpajjati. tassa sā sukhā vedanā nirujjhati. sukhāya vedanāya nirodhā uppajjati dukkhā vedanā. so dukkhāya vedanāya phuṭṭho samāno na socati na kilamati na paridevati na urattāḷiṃ kandati na sammohaṃ āpajjati. tassa kho esā, aggivessana, uppannāpi sukhā vedanā cittaṃ na pariyādāya tiṭṭhati bhāvitattā kāyassa, uppannāpi dukkhā vedanā cittaṃ na pariyādāya tiṭṭhati bhāvitattā cittassa. yassa kassaci, aggivessana, evaṃ ubhatopakkhaṃ uppannāpi sukhā vedanā cittaṃ na pariyādāya tiṭṭhati bhāvitattā kāyassa, uppannāpi dukkhā vedanā cittaṃ na pariyādāya tiṭṭhati bhāvitattā cittassa. evaṃ kho, aggivessana, bhāvitakāyo ca hoti bhāvitacitto cā”ti.
   
“And how, Aggivessana, is one developed in body and developed in mind? Here, Aggivessana, pleasant feeling arises in a well-taught noble disciple. Touched by that pleasant feeling, he does not lust after pleasure or continue to lust after pleasure. That pleasant feeling of his ceases. With the cessation of the pleasant feeling, painful feeling arises. Touched by that painful feeling, he does not sorrow, grieve, and lament, he does not weep beating his breast and become distraught. When that pleasant feeling has arisen in him, it does not invade his mind and remain because body is developed. And when that painful feeling has arisen in him, it does not invade his mind and remain because mind is developed. Anyone in whom, in this double manner, arisen pleasant feeling does not invade his mind and remain because body is developed, and arisen painful feeling does not invade his mind and remain because mind is developed, is thus developed in body and developed in mind.”

A number of suttas outline what are the consequences of the development of the mind or lack thereof. The Anāgatabhaya Sutta explains how lack of development brings about the corruption and disappearance of the Dhamma:

AN 5.79

bhavissanti, bhikkhave, bhikkhū anāgatamaddhānaṃ abhāvitakāyā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā. te abhāvitakāyā samānā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā aññe upasampādessanti. tepi na sakkhissanti vinetuṃ adhisīle adhicitte adhipaññāya. tepi bhavissanti abhāvitakāyā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā. te abhāvitakāyā samānā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā aññe upasampādessanti. tepi na sakkhissanti vinetuṃ adhisīle adhicitte adhipaññāya. tepi bhavissanti abhāvitakāyā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā. iti kho, bhikkhave, dhammasandosā vinayasandoso; vinayasandosā dhammasandoso…
   
“There will be, in the course of the future, monks undeveloped in body, undeveloped in virtue, undeveloped in mind, undeveloped in discernment. They—being undeveloped in body, undeveloped in virtue, undeveloped in mind, undeveloped in discernment—will give full ordination to others and will not be able to discipline them in heightened virtue, heightened mind, heightened discernment. These too will then be undeveloped in body… virtue… mind… discernment. They—being undeveloped in body… virtue… mind… discernment—will give full ordination to still others and will not be able to discipline them in heightened virtue, heightened mind, heightened discernment. These too will then be undeveloped in body… virtue… mind… discernment. Thus from corrupt Dhamma comes corrupt discipline; from corrupt discipline, corrupt Dhamma…

“puna caparaṃ, bhikkhave, bhavissanti bhikkhū anāgatamaddhānaṃ abhāvitakāyā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā. te abhāvitakāyā samānā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā aññesaṃ nissayaṃ dassanti. tepi na sakkhissanti vinetuṃ adhisīle adhicitte adhipaññāya. tepi bhavissanti abhāvitakāyā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā. te abhāvitakāyā samānā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā aññesaṃ nissayaṃ dassanti. tepi na sakkhissanti vinetuṃ adhisīle adhicitte adhipaññāya. tepi bhavissanti abhāvitakāyā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā. iti kho, bhikkhave, dhammasandosā vinayasandoso; vinayasandosā dhammasandoso… 

“And again, there will be in the course of the future monks undeveloped in body, undeveloped in virtue, undeveloped in mind, undeveloped in discernment. They—being undeveloped in body, undeveloped in virtue, undeveloped in mind, undeveloped in discernment—will take on others as students and will not be able to discipline them in heightened virtue, heightened mind, heightened discernment. These too will then be undeveloped in body… virtue… mind… discernment. They—being undeveloped in body… virtue… mind… discernment—will take on still others as students and will not be able to discipline them in heightened virtue, heightened mind, heightened discernment. These too will then be undeveloped in body… virtue… mind… discernment. Thus from corrupt Dhamma comes corrupt discipline; from corrupt discipline, corrupt Dhamma…

“puna caparaṃ, bhikkhave, bhavissanti bhikkhū anāgatamaddhānaṃ abhāvitakāyā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā. te abhāvitakāyā samānā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā abhidhammakathaṃ vedallakathaṃ kathentā kaṇhadhammaṃ okkamamānā na bujjhissanti. iti kho, bhikkhave, dhammasandosā vinayasandoso; vinayasandosā dhammasandoso…

“And again, there will be in the course of the future monks undeveloped in body… virtue… mind… discernment. They—being undeveloped in body… virtue… mind… discernment—when giving a talk on higher Dhamma or a talk composed of questions and answers, will fall into dark mental states without being aware of it. Thus from corrupt Dhamma comes corrupt discipline; from corrupt discipline, corrupt Dhamma…

“puna caparaṃ, bhikkhave, bhavissanti bhikkhū anāgatamaddhānaṃ abhāvitakāyā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā. te abhāvitakāyā samānā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā ye te suttantā tathāgatabhāsitā gambhīrā gambhīratthā lokuttarā suññatāppaṭisaṃyuttā, tesu bhaññamānesu na sussūsissanti, na sotaṃ odahissanti, na aññā cittaṃ upaṭṭhapessanti, na ca te dhamme uggahetabbaṃ pariyāpuṇitabbaṃ maññissanti. ye pana te suttantā kavitā kāveyyā cittakkharā cittabyañjanā bāhirakā sāvakabhāsitā, tesu bhaññamānesu sussūsissanti, sotaṃ odahissanti, aññā cittaṃ upaṭṭhapessanti, te ca dhamme uggahetabbaṃ pariyāpuṇitabbaṃ maññissanti. iti kho, bhikkhave, dhammasandosā vinayasandoso; vinayasandosā dhammasandoso…

“And again, there will be in the course of the future monks undeveloped in body… virtue… mind… discernment. They—being undeveloped in body… virtue… mind… discernment—will not listen when discourses that are words of the Tathagata—deep, profound, transcendent, connected with the Void—are being recited. They will not lend ear, will not set their hearts on knowing them, will not regard these teachings as worth grasping or mastering. But they will listen when discourses that are literary works—the works of poets, elegant in sound, elegant in rhetoric, the work of outsiders, words of disciples—are recited. They will lend ear and set their hearts on knowing them. They will regard these teachings as worth grasping and mastering. Thus from corrupt Dhamma comes corrupt discipline; from corrupt discipline, corrupt Dhamma…

“puna caparaṃ, bhikkhave, bhavissanti bhikkhū anāgatamaddhānaṃ abhāvitakāyā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā. te abhāvitakāyā samānā abhāvitasīlā abhāvitacittā abhāvitapaññā therā bhikkhū bāhulikā bhavissanti sāthalikā okkamane pubbaṅgamā paviveke nikkhittadhurā, na vīriyaṃ ārabhissanti appattassa pattiyā anadhigatassa adhigamāya asacchikatassa sacchikiriyāya. tesaṃ pacchimā janatā diṭṭhānugatiṃ āpajjissati. sāpi bhavissati bāhulikā sāthalikā okkamane pubbaṅgamā paviveke nikkhittadhurā, na vīriyaṃ ārabhissati appattassa pattiyā anadhigatassa adhigamāya asacchikatassa sacchikiriyāya. iti kho, bhikkhave, dhammasandosā vinayasandoso; vinayasandosā dhammasandoso.

“And again, there will be in the course of the future monks undeveloped in body… virtue… mind… discernment. They—being undeveloped in body… virtue… mind… discernment—will become elders living in luxury, lethargic, foremost in falling back, shirking the duties of solitude. They will not make an effort for the attaining of the as-yet-unattained, the reaching of the as-yet-unreached, the realization of the as-yet-unrealized. They will become an example for later generations, who will become luxurious in their living, lethargic, foremost in falling back, shirking the duties of solitude, and who will not make an effort for the attaining of the as-yet-unattained, the reaching of the as-yet-unreached, the realization of the as-yet-unrealized. Thus from corrupt Dhamma comes corrupt discipline; from corrupt discipline, corrupt Dhamma.

The Loṇakapalla Sutta explains what difference development makes for the future results of actions:

AN 3.100

 “kathaṃrūpassa, bhikkhave, puggalassa appamattakampi pāpakammaṃ kataṃ tamenaṃ nirayaṃ upaneti? idha pana, bhikkhave, ekacco puggalo abhāvitakāyo hoti abhāvitasīlo abhāvitacitto abhāvitapañño paritto appātumo appadukkhavihārī. evarūpassa, bhikkhave, puggalassa appamattakampi pāpakammaṃ kataṃ tamenaṃ nirayaṃ upaneti.
   
What kind of person does a trivial bad deed, but it lands them in hell? A person who hasn’t developed their physical endurance, ethics, mind, or wisdom. They’re small-minded and mean-spirited, living in suffering. That kind of person does a trivial bad deed, but it lands them in hell.

“kathaṃrūpassa, bhikkhave, puggalassa tādisaṃyeva appamattakaṃ pāpakammaṃ kataṃ diṭṭhadhammavedanīyaṃ hoti, nā’ṇupi khāyati, kiṃ bahudeva? idha, bhikkhave, ekacco puggalo bhāvitakāyo hoti bhāvitasīlo bhāvitacitto bhāvitapañño aparitto mahatto appamāṇavihārī. evarūpassa, bhikkhave, puggalassa tādisaṃyeva appamattakaṃ pāpakammaṃ kataṃ diṭṭhadhammavedanīyaṃ hoti, nāṇupi khāyati, kiṃ bahudeva.
   
What kind of person does the same trivial bad deed, but experiences it in the present life, without even a bit left over, not to speak of a lot? A person who has developed their physical endurance, ethics, mind, and wisdom. They’re not small-minded, but are big-hearted, living without limits. That kind of person does the same trivial bad deed, but experiences it in the present life, without even a bit left over, not to speak of a lot.

The Bhāvanā Sutta compares the results of lack of development to the case where a hen does not take care of her eggs, and development to the case where a hen does.

AN 7.71

 “bhāvanaṃ ananuyuttassa, bhikkhave, bhikkhuno viharato kiñcāpi evaṃ icchā uppajjeyya: ‘aho vata me anupādāya āsavehi cittaṃ vimucceyyā’ti, atha khvassa neva anupādāya āsavehi cittaṃ vimuccati. taṃ kissa hetu? ‘abhāvitattā’tissa vacanīyaṃ. kissa abhāvitattā? catunnaṃ satipaṭṭhānānaṃ, catunnaṃ sammappadhānānaṃ, catunnaṃ iddhipādānaṃ, pañcannaṃ indriyānaṃ, pañcannaṃ balānaṃ, sattannaṃ bojjhaṅgānaṃ, ariyassa aṭṭhaṅgikassa maggassa.
   
“Mendicants, when a mendicant is not committed to development, they might wish: ‘If only my mind were freed from the defilements by not grasping!’ Even so, their mind is not freed from defilements by not grasping. Why is that? It’s because they’re undeveloped. Undeveloped in what? The four kinds of mindfulness meditation, the four right efforts, the four bases of psychic power, the five faculties, the five powers, the seven awakening factors, and the noble eightfold path.

“seyyathāpi, bhikkhave, kukkuṭiyā aṇḍāni aṭṭha vā dasa vā dvādasa vā. tānassu kukkuṭiyā na sammā adhisayitāni, na sammā pariseditāni, na sammā paribhāvitāni. kiñcāpi tassā kukkuṭiyā evaṃ icchā uppajjeyya: ‘aho vata me kukkuṭapotakā pādanakhasikhāya vā mukhatuṇḍakena vā aṇḍakosaṃ padāletvā sotthinā abhinibbhijjeyyun’ti, atha kho abhabbāva te kukkuṭapotakā pādanakhasikhāya vā mukhatuṇḍakena vā aṇḍakosaṃ padāletvā sotthinā abhinibbhijjituṃ. taṃ kissa hetu? tathā hi, bhikkhave, kukkuṭiyā aṇḍāni na sammā adhisayitāni, na sammā pariseditāni, na sammā paribhāvitāni. evamevaṃ kho, bhikkhave, bhāvanaṃ ananuyuttassa bhikkhuno viharato kiñcāpi evaṃ icchā uppajjeyya: ‘aho vata me anupādāya āsavehi cittaṃ vimucceyyā’ti, atha khvassa neva anupādāya āsavehi cittaṃ vimuccati. taṃ kissa hetu? ‘abhāvitattā’tissa vacanīyaṃ. kissa abhāvitattā? catunnaṃ satipaṭṭhānānaṃ, catunnaṃ sammappadhānānaṃ, catunnaṃ iddhipādānaṃ, pañcannaṃ indriyānaṃ, pañcannaṃ balānaṃ, sattannaṃ bojjhaṅgānaṃ, ariyassa aṭṭhaṅgikassa maggassa
   
Suppose there was a chicken with eight or ten or twelve eggs. But she had not properly sat on them to keep them warm and incubated. Even if that chicken might wish: ‘If only my chicks could break out of the eggshell with their claws and beak and hatch safely!’ Still they can’t break out and hatch safely. Why is that? Because she has not properly sat on them to keep them warm and incubated. In the same way, when a mendicant is not committed to development, they might wish: ‘If only my mind was freed from the defilements by not grasping!’ Even so, their mind is not freed from defilements by not grasping. Why is that? It’s because they’re undeveloped. Undeveloped in what? The four kinds of mindfulness meditation, the four right efforts, the four bases of psychic power, the five faculties, the five powers, the seven awakening factors, and the noble eightfold path.

“bhāvanaṃ anuyuttassa, bhikkhave, bhikkhuno viharato kiñcāpi na evaṃ icchā uppajjeyya: ‘aho vata me anupādāya āsavehi cittaṃ vimucceyyā’ti, atha khvassa anupādāya āsavehi cittaṃ vimuccati. taṃ kissa hetu? ‘bhāvitattā’tissa vacanīyaṃ. kissa bhāvitattā? catunnaṃ satipaṭṭhānānaṃ, catunnaṃ sammappadhānānaṃ, catunnaṃ iddhipādānaṃ, pañcannaṃ indriyānaṃ, pañcannaṃ balānaṃ, sattannaṃ bojjhaṅgānaṃ, ariyassa aṭṭhaṅgikassa maggassa.
   
When a mendicant is committed to development, they might not wish: ‘If only my mind was freed from the defilements by not grasping!’ Even so, their mind is freed from defilements by not grasping. Why is that? It’s because they’re developed. Developed in what? The four kinds of mindfulness meditation, the four right efforts, the four bases of psychic power, the five faculties, the five powers, the seven awakening factors, and the noble eightfold path.

“seyyathāpi, bhikkhave, kukkuṭiyā aṇḍāni aṭṭha vā dasa vā dvādasa vā. tānassu kukkuṭiyā sammā adhisayitāni, sammā pariseditāni, sammā paribhāvitāni. kiñcāpi tassā kukkuṭiyā na evaṃ icchā uppajjeyya: ‘aho vata me kukkuṭapotakā pādanakhasikhāya vā mukhatuṇḍakena vā aṇḍakosaṃ padāletvā sotthinā abhinibbhijjeyyun’ti, atha kho bhabbāva te kukkuṭapotakā pādanakhasikhāya vā mukhatuṇḍakena vā aṇḍakosaṃ padāletvā sotthinā abhinibbhijjituṃ. taṃ kissa hetu? tathā hi, bhikkhave, kukkuṭiyā aṇḍāni sammā adhisayitāni, sammā pariseditāni, sammā paribhāvitāni. evamevaṃ kho, bhikkhave, bhāvanaṃ anuyuttassa bhikkhuno viharato kiñcāpi na evaṃ icchā uppajjeyya: ‘aho vata me anupādāya āsavehi cittaṃ vimucceyyā’ti, atha khvassa anupādāya āsavehi cittaṃ vimuccati. taṃ kissa hetu? ‘bhāvitattā’tissa vacanīyaṃ. kissa bhāvitattā? catunnaṃ satipaṭṭhānānaṃ, catunnaṃ sammappadhānānaṃ, catunnaṃ iddhipādānaṃ, pañcannaṃ indriyānaṃ, pañcannaṃ balānaṃ, sattannaṃ bojjhaṅgānaṃ, ariyassa aṭṭhaṅgikassa maggassa.
   
Suppose there was a chicken with eight or ten or twelve eggs. And she properly sat on them to keep them warm and incubated. Even if that chicken doesn’t wish: ‘If only my chicks could break out of the eggshell with their claws and beak and hatch safely!’ But still they can break out and hatch safely. Why is that? Because she properly sat on them to keep them warm and incubated. In the same way, when a mendicant is committed to development, they might not wish: ‘If only my mind was freed from the defilements by not grasping!’ Even so, their mind is freed from defilements by not grasping. Why is that? It’s because they’re developed. Developed in what? The four kinds of mindfulness meditation, the four right efforts, the four bases of psychic power, the five faculties, the five powers, the seven awakening factors, and the noble eightfold path.

The Akammaniya Vagga explains that an undeveloped mind is unwieldy, harmful, brings suffering, whereas a developed one is workable, beneficial, and brings happiness.

Between AN 1.394 and AN 1.574, it is said about a bhikkhu who develops any of the 181 practices mentioned that he ‘is called a mendicant who does not lack absorption, who follows the Teacher’s instructions, who responds to advice, and who does not eat the country’s alms in vain.’ (arittajjhāno viharati, satthusāsanakaro ovādapatikaro, amoghaṃ raṭṭhapiṇḍaṃ bhuñjati’).

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Les forces (bala) dans les souttas

bala: puissance, force.

Le mot est utilisé avec diverses significations. Dans le sens général, il signifie force physique, bonne santé, puissance de l’autorité (AN 3.69), parfois autorité intellectuelle (e.g. pour un argument puissant, MN 11), force ou détermination morale (comme dans le composé bala·vīriya).

♦ La liste de balas la plus fréquente est la suivante:

1. saddhā
2. vīriya
3. sati
4. samādhi
5. paññā

Chacun de ces termes est défini dans le Vitthata Sutta:

AN 5.14

Pañc·imāni, bhikkhave, balāni. Katamāni pañca? Saddhā-balaṃ, vīriya-balaṃ, sati-balaṃ, samādhi-balaṃ, paññā-balaṃ.
Bhikkhous, il y a ces cinq forces. Quelles sont ces cinq? La force de la conviction, la force de l’énergie, la force de la présence d’esprit, la force de la concentration, et la force du discernement.
Katama·ñca, bhikkhave, saddhā-balaṃ? Idha, bhikkhave, ariyasāvako saddho hoti, saddahati Tathāgatassa bodhiṃ: ‘itipi so Bhagavā arahaṃ sammā-Sambuddho vijjā-caraṇa-sampanno sugato lokavidū anuttaro purisa-damma-sārathi satthā deva-manussānaṃ Buddho Bhagavā’ ti. Idaṃ vuccati, bhikkhave, saddhā-balaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous, que la force de la conviction? En cela, bhikkhous, un noble disciple a de la conviction, il est convaincu de l’éveil du Tathagata: ‘Le Fortuné est un arahant pleinement éveillé, accompli en connaissance et en [bonne] conduite, se portant bien, connaissant le monde, suprême dresseur d’hommes, enseignant des dévas et des humains, un Bouddha, un Fortuné.’ Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de la conviction.
Katama·ñca, bhikkhave, vīriya-balaṃ? Idha, bhikkhave, ariyasāvako āraddha-vīriyo viharati akusalānaṃ dhammānaṃ pahānāya, kusalānaṃ dhammānaṃ upasampadāya thāmavā daḷhaparakkamo anikkhittadhuro kusalesu dhammesu. Idaṃ vuccati, bhikkhave, vīriya-balaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous, que la force de l’énergie? En cela, bhikkhous, un noble disciple maintient son énergie activée pour l’abandon des états mentaux désavantageux et l’acquisition des états mentaux avantageux; il est solide, ferme dans son effort, il ne manque pas à la responsabilité de cultiver les états mentaux avantageux. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de l’énergie.
Katama·ñca, bhikkhave, sati-balaṃ? Idha, bhikkhave, ariyasāvako satimā hoti paramena sati-nepakkena samannāgato, cira-katam-pi cira-bhāsitam-pi saritā anussaritā. Idaṃ vuccati, bhikkhave, sati-balaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous, que la force de la présence d’esprit? En cela, bhikkhous, un noble disciple est présent d’esprit, doué d’une excellente présence d’esprit & minutie, il se souvient et se remémore ce qui a été fait et dit il y a longtemps. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de la présence d’esprit.
Katama·ñca, bhikkhave, samādhi-balaṃ? Idha, bhikkhave, ariyasāvako… paṭhamaṃ jhānaṃ… dutiyaṃ jhānaṃ… tatiyaṃ jhānaṃ… catutthaṃ jhānaṃ upasampajja viharati. Idaṃ vuccati, bhikkhave, samādhi-balaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous, que la force de la concentration? En cela, bhikkhous, un noble disciple… entre et demeure dans le premier jhana… le deuxième… le troisième… le quatrième jhana… Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de la concentration.
Katama·ñca, bhikkhave, paññā-balaṃ? Idha, bhikkhave, ariyasāvako paññavā hoti uday-attha-gāminiyā paññāya samannāgato ariyāya nibbedhikāya sammā dukkha’k’khaya-gāminiyā. Idaṃ vuccati, bhikkhave, paññā-balaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous, que la force du discernement? En cela, bhikkhous, un noble disciple a du discernement, il est pourvu du discernement de l’apparition et de l’extinction qui est noble et pénétrant, menant à la destruction correcte du mal-être. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force du discernement.

Des définitions alternatives de la force de l’énergie et de la force du discernement, que l’on trouve à AN 9.5, seront produites plus bas.

Ce groupe de cinq balas fait partie d’un ensemble de 37 dhammas qui sont parfois mentionnés tous ensemble (e.g. à AN 10.90, SN 22.81). Ils sont parfois appelés les bodhipakkhiyā dhammā, bien que cette expression n’ait pas de définition exacte dans les souttas et soit utilisée également pour décrire d’autres ensembles de phénomènes.

Dans le Daṭṭhabba Sutta, il est dit que ces balas sont ‘à être vues’ (daṭṭhabba) chacune dans son domaine de maîtrise:

AN 5.15

“pañcimāni, bhikkhave, balāni. katamāni pañca? saddhābalaṃ, vīriyabalaṃ, satibalaṃ, samādhibalaṃ, paññābalaṃ.
Bhikkhous, il y a ces cinq forces. Quelles sont ces cinq? La force de la conviction, la force de l’énergie, la force de la présence d’esprit, la force de la concentration, et la force du discernement.
kattha ca, bhikkhave, saddhābalaṃ daṭṭhabbaṃ? catūsu sotāpattiyaṅgesu…
Et où la force de la conviction est-elle à voir? Dans les quatre facteurs d’entrée dans le courant…
kattha ca, bhikkhave, vīriyabalaṃ daṭṭhabbaṃ? catūsu sammappadhānesu…
Et où la force de l’énergie est-elle à voir? Dans les quatre efforts corrects…
kattha ca, bhikkhave, satibalaṃ daṭṭhabbaṃ? catūsu satipaṭṭhānesu…
Et où la force de la présence d’esprit est-elle à voir? Dans les quatre mises en place de la présence d’esprit…
kattha ca, bhikkhave, samādhibalaṃ daṭṭhabbaṃ? catūsu jhānesu…
Et où la force de la concentration est-elle à voir? Dans les quatre jhanas…
kattha ca, bhikkhave, paññābalaṃ daṭṭhabbaṃ? catūsu ariyasaccesu…
Et où la force du discernement est-elle à voir? Dans les quatre nobles vérités…

Un saṃyutta complet (SN 50), consistant essentiellement en séries de répétitions, est dédié à cet ensemble de cinq balas. À SN 50.1, ces cinq balas mènent à nibbāna tout comme le fleuve Gange, qui s’incline, s’infléchit et tend vers l’est. (seyyathāpi gaṅgā nadī pācīna·ninnā pācīna·poṇā pācīna·pabbhārā).

L’énumération de chacune de ces balas est parfois ponctuée par quatre formules différentes. La première se trouve par exemple à SN 50.1 et est surtout utilisée avec les bojjhaṅgas, et occasionellement avec les indriyas (spirituels): ‘basé sur l’isolement, sur le détachement, sur la cessation, se parachevant dans le lâcher-prise’ (viveka·nissita virāga·nissita nirodha·nissita vossagga·pariṇāmi).

On trouve la deuxième formule par exemple à SN 50.13: ‘qui se conclut par l’élimination de l’avidité, l’élimination de l’aversion et l’élimination de l’illusionnement’ (rāga·vinaya·pariyosāna dosa·vinaya·pariyosāna moha·vinaya·pariyosāna).

On trouve la troisième formule par exemple à 50.13: ‘qui a le Sans-mort pour fondation, qui a le Sans-mort pour destination, qui a le Sans-mort pour conclusion’ (amat·ogadha amata·parāyana amata·pariyosāna).

On trouve également la quatrième à 50.13: ‘qui est incliné vers Nibbāna, infléchi vers Nibbāna, penché vers Nibbāna‘ (nibbāna·ninna nibbāna·poṇa nibbāna·pabbhāra).

Il est dit que ces cinq balas sont produites au moyen d’autres qualités, telles que sīla:

SN 50.23

seyyathāpi, bhikkhave, ye keci balakaraṇīyā kammantā karīyanti, sabbe te pathaviṃ nissāya pathaviyaṃ patiṭṭhāya evamete balakaraṇīyā kammantā karīyanti; evameva kho, bhikkhave, bhikkhu sīlaṃ nissāya sīle patiṭṭhāya pañcāni balāni bhāveti pañcāni balāni bahulīkaroti.
Tout comme, bhikkhous, les actions qui sont à réaliser par la force sont toutes réalisées à l’aide de la terre, en s’appuyant sur la terre, de la même manière, bhikkhous, c’est à l’aide de la vertu, en s’appuyant sur la vertu, qu’un bhikkhou cultive les cinq forces, qu’il développe fréquemment les cinq forces.

SN 50.24

seyyathāpi, bhikkhave, ye kecime bījagāmabhūtagāmā vuḍḍhiṃ virūḷhiṃ vepullaṃ āpajjanti, sabbe te pathaviṃ nissāya pathaviyaṃ patiṭṭhāya evamete bījagāmabhūtagāmā vuḍḍhiṃ virūḷhiṃ vepullaṃ āpajjanti; evameva kho, bhikkhave, bhikkhu sīlaṃ nissāya sīle patiṭṭhāya pañcāni balāni bhāvento pañcāni balāni bahulīkaronto vuḍḍhiṃ virūḷhiṃ vepullaṃ pāpuṇāti dhammesu.
Tout comme, bhikkhous, les graines qui trouvent leur croissance, leur développement et leur plénitude les trouvent toutes à l’aide de la terre, en s’appuyant sur la terre, de la même manière, bhikkhous, c’est à l’aide de la vertu, en s’appuyant sur la vertu qu’un bhikkhou cultivant les cinq forces, développant fréquemment les cinq forces, atteint la croissance, le développement et la plénitude dans les états mentaux [avantageux].

Appamāda est également citée comme une base du développement de ces balas:

SN 50.13

“yāvatā, bhikkhave, sattā apadā vā dvipadā vā catuppadā vā bahuppadā vā rūpino vā arūpino vā saññino vā asaññino vā nevasaññīnāsaññino vā, tathāgato tesaṃ aggamakkhāyati arahaṃ sammāsambuddho; evameva kho, bhikkhave, ye keci kusalā dhammā, sabbe te appamādamūlakā appamādasamosaraṇā; appamādo tesaṃ dhammānaṃ aggamakkhāyati. appamattassetaṃ, bhikkhave, bhikkhuno pāṭikaṅkhaṃ pañcāni balāni bhāvessati pañcāni balāni bahulīkarissati.
Bhikkhous, parmi les êtres, qu’ils soient sans pieds, à deux pieds, à quatre pattes ou à multiples pattes, matériels ou immatériels, percetifs, apercetifs ou ni-perceptifs-ni-aperceptifs, le Tathagata, l’arahant correctement et pleinement éveillé est déclaré être le plus éminent. De la même manière, bhikkhous, tous les états mentaux avantageux sont enracinés dans l’assiduité, se rejoignent dans l’assiduité, et l’assiduité est déclarée être le plus éminent de ces états mentaux. Bhikkhous, on peut attendre d’un bhikkhou assidu qu’il cultive les cinq forces, qu’il pratique fréquemment les cinq forces.

Entre SN 50.35 et SN 50.54, il est dit que ces cinq balas mènent à la connaissance directe (abhiññā), à la compréhension complète (pariññā), à l’épuisement complet (parikkhaya), et à l’abandon (pahāna) de divers phénomènes: les trois discriminations (vidhā), i.e. ‘Je suis supérieur’ (‘seyyo·ham·asmī’ti), ‘Je suis égal’ (‘sadiso·ham·asmī’ti), ‘Je suis inférieur’ (hīno·ham·asmī’ti); les trois quêtes (esanā), i.e. la quête de sensualité (kām·esanā), la quête d’une [bonne] existence (bhav·esanā), la quête de la vie brahmique (brahmacariy·esanā); les trois āsavā; les trois bhavā; les trois mal-être (dukkhatā), i.e. le mal-être de la douleur (dukkha·dukkhatā), le mal-être dû aux Constructions (saṅkhāra·dukkhatā), le mal-être dû au changement (vipariṇāma·dukkhatā); les trois akusalamulā; les trois types de vedanā; kāma, diṭṭhi et avijjā; les quatre upādānā; abhijjhā, byāpāda, sīla·bbata parāmāsa et l’adhérence à [la vue] ‘Ceci [et rien d’autre] est la Vérité’ (idaṃ·sacc·ābhinivesa); les sept anusayā; les cinq kāma·guṇā; les cinq nīvaraṇā; les cinq upādāna·kkhandhas; les dix saṃyojanā.

Ces cinq balas constituent un outil permettant d’éliminer les akusalā dhammā. Un certain nombre d’allégories illustrant ce point se trouvent dans le Bala Saṃyutta: à SN 50.27, les akusalā dhammā ‘s’écoulent’ de l’esprit comme l’eau s’écoule d’une jarre retournée; à SN 50.30, ils sont dispersés comme un nuage de pluie disperse un nuage de poussière soulevée; à SN 50.31, ils sont dispersés comme un grand nuage de pluie est dispersé par un vent puissant; à SN 50.32, ils sont comme les cordes sur un bateau qui pourrissent dans un climat inclément; à SN 50.34, les personnes, puissantes ou non, qui essaient de convaincre un bhikkhou cultivant les cinq balas d’abandonner sa vie monacale en lui offrant des richesses n’auront pas plus de succès que des personnes qui souhaiteraient faire changer la direction du Gange, parce que son esprit est enclin à l’isolement.

SN 50.33

“seyyathāpi, bhikkhave, āgantukāgāraṃ. tattha puratthimāyapi disāya āgantvā vāsaṃ kappenti, pacchimāyapi disāya āgantvā vāsaṃ kappenti, uttarāyapi disāya āgantvā vāsaṃ kappenti, dakkhiṇāyapi disāya āgantvā vāsaṃ kappenti, khattiyāpi āgantvā vāsaṃ kappenti, brāhmaṇāpi āgantvā vāsaṃ kappenti, vessāpi āgantvā vāsaṃ kappenti, suddāpi āgantvā vāsaṃ kappenti; evameva kho, bhikkhave, bhikkhu pañcāni balāni bhāvento pañcāni balāni bahulīkaronto ye dhammā abhiññā pariññeyyā, te dhamme abhiññā parijānāti, ye dhammā abhiññā pahātabbā, te dhamme abhiññā pajahati, ye dhammā abhiññā sacchikātabbā, te dhamme abhiññā sacchikaroti, ye dhammā abhiññā bhāvetabbā, te dhamme abhiññā bhāveti.
C’est tout comme, bhikkhous, [dans] une maison de passage. Des [visiteurs venant] de l’ouest viennent y séjourner, des [visiteurs venant] de l’est viennent y séjourner, des [visiteurs venant] du nord viennent y séjourner, des [visiteurs venant] du sud viennent y séjourner. Des aristocrates viennent y séjourner, des brahmanes viennent y séjourner, des vessas viennent y séjourner, des serfs viennent y séjourner. De la même manière, bhikkhous, lorsqu’un bhikkhou cultive les cinq forces, qu’il pratique fréquemment les cinq forces, il comprend complètement par connaissance directe les états mentaux devant être compris complètement par connaissance directe, il abandonne par connaissance directe les états mentaux devant être abandonnés par connaissance directe, il atteint par connaissance directe les états mentaux devant être atteints par connaissance directe, il cultive par connaissance directe les états mentaux devant être cultivés par connaissance directe.
“katame ca, bhikkhave, dhammā abhiññā pariññeyyā? pañcupādānakkhandhātissa vacanīyaṃ…
Et quels sont, bhikkhous, les états mentaux devant être compris complètement par connaissance directe? Les cinq accumulations d’attachement, devrait-on dire…
katame ca, bhikkhave, dhammā abhiññā pahātabbā? avijjā ca bhavataṇhā ca…
Et quels sont, bhikkhous, les états mentaux à être abandonnés par connaissance directe? L’ignorance et l’appétence pour l’existence…
katame ca, bhikkhave, dhammā abhiññā sacchikātabbā? vijjā ca vimutti ca…
Et quels sont, bhikkhous, les états mentaux devant être atteints par connaissance directe? La connaissance correcte et la libération…
katame ca, bhikkhave, dhammā abhiññā bhāvetabbā? samatho ca vipassanā ca.
Et quels sont, bhikkhous, les états mentaux devant être cultivés par connaissance directe? La tranquillité et la vision discernante.

Ces cinq balas semblent être identiques aux cinq indriyas spirituels, apparaissant simplement comme une manière différente d’expliquer la même chose, comme cela est expliqué dans le Sāketa Sutta:

SN 48.43

Yaṃ, bhikkhave, saddhindriyaṃ taṃ saddhābalaṃ, yaṃ saddhābalaṃ taṃ saddhindriyaṃ; yaṃ vīriyindriyaṃ taṃ vīriyabalaṃ, yaṃ vīriyabalaṃ taṃ vīriyindriyaṃ; yaṃ satindriyaṃ taṃ satibalaṃ, yaṃ satibalaṃ taṃ satindriyaṃ; yaṃ samādhindriyaṃ taṃ samādhibalaṃ, yaṃ samādhibalaṃ taṃ samādhindriyaṃ; yaṃ paññindriyaṃ taṃ paññābalaṃ, yaṃ paññābalaṃ taṃ paññindriyaṃ.
Bhikkhous, ce qui est la faculté de conviction est la force de la conviction, et ce qui est la force de la conviction est la faculté de conviction. Ce qui est la faculté d’énergie est la force de l’énergie, et ce qui est la force de l’énergie est la faculté d’énergie. Ce qui est la faculté de présence d’esprit est la force de la présence d’esprit, et ce qui est la force de la présence d’esprit est la faculté de présence d’esprit. Ce qui est la faculté de concentration est la force de la concentration, et ce qui est la force de la concentration est la faculté de concentration. Ce qui est la faculté de discernement est la force du discernement, et ce qui est la force du discernement est la faculté de discernement.
Seyyathāpi, bhikkhave, nadī pācīnaninnā pācīnapoṇā pācīnapabbhārā, tassa majjhe dīpo. Atthi, bhikkhave, pariyāyo yaṃ pariyāyaṃ āgamma tassā nadiyā eko soto tveva saṅkhyaṃ gacchati. Atthi pana, bhikkhave, pariyāyo yaṃ pariyāyaṃ āgamma tassā nadiyā dve sotāni tveva saṅkhyaṃ gacchanti.
Tout comme, bhikkhous, s’il y avait un fleuve s’inclinant vers l’est, s’infléchissant vers l’est et tendant, avec une île en son milieu. Il y a une analyse selon laquelle le fleuve n’a qu’un seul courant. Il y a aussi, bhikkhous, une analyse selon laquelle le fleuve a deux courants.

Dans cet ensemble de cinq balas, il est déclaré à AN 5.16 que paññā est la ‘plus élevée’ (aggaṃ), celle ‘qui assure la cohésion’ (saṅgāhikaṃ), ‘qui rassemble’ (saṅghātaniyaṃ).

Parfois, comme c’est le cas à AN 4.152, cet ensemble à cinq éléments est présenté comme un ensemble ne regroupant que quatre éléments, sans inclure paññā. Cependant, à AN 4.261, c’est saddhā qui est laissée de côté.

♦ On trouve également un ensemble différent de cinq balas: les forces de celui qui est en entraînement (sekha·bala), qui sont décrites et définies dans le Vitthata Sutta:

1. saddhā
2. hirī
3. ottappa
4. vīriya
5. paññā

Chacune d’elles est définie dans ce même soutta (elles sont identiques à celles données à AN 5.14 comme dans la citation plus haut, sauf pour ce qui suit):

AN 5.2

pañcimāni, bhikkhave, sekhabalāni. katamāni pañca? saddhābalaṃ, hirībalaṃ, ottappabalaṃ, vīriyabalaṃ, paññābalaṃ…
Bhikkhous, il y a ces cinq forces de celui qui est en entraînement. Quelles sont ces cinq? La force de la conviction, la force de la honte morale, la force de la crainte morale, la force de l’énergie et la force du discernement…
“katamañca, bhikkhave, hirībalaṃ? idha, bhikkhave, ariyasāvako hirimā hoti, hirīyati kāyaduccaritena vacīduccaritena manoduccaritena, hirīyati pāpakānaṃ akusalānaṃ dhammānaṃ samāpattiyā. idaṃ vuccati, bhikkhave, hirībalaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous, que la force de la honte morale? En cela, un noble disciple a de la honte morale, il a honte de la méconduite corporelle, de la méconduite verbale, de la méconduite mentale, il a honte de s’engager dans les états mentaux mauvais et désavantageux. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de la honte morale.
“katamañca, bhikkhave, ottappabalaṃ? idha, bhikkhave, ariyasāvako ottappī hoti, ottappati kāyaduccaritena vacīduccaritena manoduccaritena, ottappati pāpakānaṃ akusalānaṃ dhammānaṃ samāpattiyā. idaṃ vuccati, bhikkhave, ottappabalaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous, que la force de la crainte morale? En cela, un noble disciple a de la crainte morale, il craint la méconduite corporelle, la méconduite verbale, la méconduite mentale, il craint de s’engager dans les états mentaux mauvais et désavantageux. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de la crainte morale.

Il est également déclaré dans l’Ananussuta Sutta que ces cinq mêmes balas sont les forces du Tathagata (tathāgata·bala):

AN 5.11

pañcimāni, bhikkhave, tathāgatassa tathāgatabalāni, yehi balehi samannāgato tathāgato āsabhaṃ ṭhānaṃ paṭijānāti, parisāsu sīhanādaṃ nadati, brahmacakkaṃ pavatteti. katamāni pañca? saddhābalaṃ, hirībalaṃ, ottappabalaṃ, vīriyabalaṃ, paññābalaṃ.
Bhikkhous, il y a ces cinq forces d’un Tathagata, doué desquelles le Tathagata prétend au rôle de chef du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées et met en mouvement la roue de Brahma. Quelles sont ces cinq? La force de la conviction, la force de la honte morale, la force de la crainte morale, la force de l’énergie et la force du discernement.

Comme c’était le cas pour les autres ensembles de cinq balas, il est déclaré à AN 5.12 que paññā est ‘la plus éminente’ (aggaṃ), celle ‘qui assure la cohésion’ (saṅgāhikaṃ), celle ‘qui rassemble’ (saṅghātaniyaṃ).

♦ On trouve parfois ces deux ensembles de cinq balas mélangés pour former un ensemble de sept, qui est décrit par exemple dans le Vitthata Sutta:

AN 7.4

“sattimāni, bhikkhave, balāni. katamāni satta? saddhābala, vīriyabalaṃ, hirībalaṃ, ottappabalaṃ, satibalaṃ, samādhibalaṃ, paññābalaṃ.
Il y a, bhikkhous, ces dix forces. Quelles sont ces sept? La force de la conviction, la force de l’énergie, la force de la honte morale, la force de la crainte morale, la force de la présence d’esprit, la force de la concentration, et la force du discernement.

Les définitions qui suivent dans ce même soutta sont identiques à celles que l’on a vu plus haut dans chacun des ensembles de cinq.

♦ On trouve également plusieurs ensembles de quatre balas dans le Livre des Quatre de l’Aṅguttara Nikāya:

AN 4.154 mentionne sati, samādhi, anavajja et congénialité (saṅgaha).

AN 4.155 mentionne réflection (paṭisaṅkhāna), bhāvanā, anavajja et congénialité (saṅgaha).

Le Bala Sutta définit un autre ensemble de quatre balas:

AN 9.5

“cattārimāni, bhikkhave, balāni. katamāni cattāri? paññābalaṃ, vīriyabalaṃ, anavajjabalaṃ, saṅgāhabalaṃ.
Il y a, bhikkhous, ces quatre forces spirituelles. Quelles sont ces quatre? La force du discernement, la force de l’énergie, la force de l’irréprochabilité, et la force de l’amabilité.
katamañca, bhikkhave, paññābalaṃ? ye dhammā kusalā kusalasaṅkhātā ye dhammā akusalā akusalasaṅkhātā ye dhammā sāvajjā sāvajjasaṅkhātā ye dhammā anavajjā anavajjasaṅkhātā ye dhammā kaṇhā kaṇhasaṅkhātā ye dhammā sukkā sukkasaṅkhātā ye dhammā sevitabbā sevitabbasaṅkhātā ye dhammā asevitabbā asevitabbasaṅkhātā ye dhammā nālamariyā nālamariyasaṅkhātā ye dhammā alamariyā alamariyasaṅkhātā, tyāssa dhammā paññāya vodiṭṭhā honti vocaritā. idaṃ vuccati, bhikkhave, paññābalaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous que la force du discernement? On a pleinement compris et examiné avec discernement les états mentaux avantageux, reconnus comme étant avantageux, les états mentaux désavantageux, reconnus comme étant désavantageux, les états mentaux répréhensibles, reconnus comme étant répréhensibles, les états mentaux irréprochables, reconnus comme étant irréprochables, les états mentaux sombres, reconnus comme étant sombres, les états mentaux lumineux, reconnus comme étant lumineux, les états mentaux à être poursuivis, reconnus comme étant à être poursuivis, les états mentaux à ne pas être poursuivis, reconnus comme étant à ne pas être poursuivis, les états mentaux indignes des êtres nobles, reconnus comme étant indignes des êtres nobles, et les états mentaux dignes des êtres nobles, reconnus comme étant dignes des êtres nobles. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force du discernement.
“katamañca, bhikkhave, vīriyabalaṃ? ye dhammā akusalā akusalasaṅkhātā ye dhammā sāvajjā sāvajjasaṅkhātā ye dhammā kaṇhā kaṇhasaṅkhātā ye dhammā asevitabbā asevitabbasaṅkhātā ye dhammā nālamariyā nālamariyasaṅkhātā, tesaṃ dhammānaṃ pahānāya chandaṃ janeti vāyamati vīriyaṃ ārabhati cittaṃ paggaṇhāti padahati. ye dhammā kusalā kusalasaṅkhātā ye dhammā anavajjā anavajjasaṅkhātā ye dhammā sukkā sukkasaṅkhātā ye dhammā sevitabbā sevitabbasaṅkhātā ye dhammā alamariyā alamariyasaṅkhātā, tesaṃ dhammānaṃ paṭilābhāya chandaṃ janeti vāyamati vīriyaṃ ārabhati cittaṃ paggaṇhāti padahati. idaṃ vuccati, bhikkhave, vīriyabalaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous que la force de l’énergie? On génère le désir d’abandon des états mentaux désavantageux, reconnus comme étant désavantageux, des états mentaux répréhensibles, reconnus comme étant répréhensibles, des états mentaux sombres, reconnus comme étant sombres, des états mentaux à ne pas être poursuivis, reconnus comme étant à ne pas être poursuivis, des états mentaux indignes des êtres nobles, reconnus comme étant indignes des êtres nobles, on s’exerce, on active son énergie, on applique son esprit et on s’efforce. On génère le désir d’obtention des états mentaux avantageux, reconnus comme étant avantageux, des états mentaux irréprochables, reconnus comme étant irréprochables, des états mentaux lumineux, reconnus comme étant lumineux, des états mentaux à être poursuivis, reconnus comme étant à être poursuivis, des états mentaux dignes des êtres nobles, reconnus comme étant dignes des êtres nobles, on s’exerce, on active son énergie, on applique son esprit et on s’efforce. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de l’énergie.
“katamañca, bhikkhave, anavajjabalaṃ? idha, bhikkhave, ariyasāvako anavajjena kāyakammena samannāgato hoti, anavajjena vacīkammena samannāgato hoti, anavajjena manokammena samannāgato hoti. idaṃ vuccati, bhikkhave, anavajjabalaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous que la force de l’irréprochabilité? En cela, bhikkhous, un noble disciple ne réalise que des actions corporelles irréprochables, ne réalise que des actions verbales irréprochables, et ne réalise que des actions mentales irréprochables. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de l’irréprochabilité.
“katamañca, bhikkhave, saṅgāhabalaṃ? cattārimāni, bhikkhave, saṅgahavatthūni: dānaṃ, peyyavajjaṃ, atthacariyā, samānattatā. etadaggaṃ, bhikkhave, dānānaṃ yadidaṃ dhammadānaṃ. etadaggaṃ, bhikkhave, peyyavajjānaṃ yadidaṃ atthikassa ohitasotassa punappunaṃ dhammaṃ deseti. etadaggaṃ, bhikkhave, atthacariyānaṃ yadidaṃ assaddhaṃ saddhāsampadāya samādapeti niveseti patiṭṭhāpeti, dussīlaṃ sīlasampadāya samādapeti niveseti patiṭṭhāpeti, macchariṃ cāgasampadāya samādapeti niveseti patiṭṭhāpeti, duppaññaṃ paññāsampadāya samādapeti niveseti patiṭṭhāpeti. etadaggaṃ, bhikkhave, samānattatānaṃ yadidaṃ sotāpanno sotāpannassa samānatto, sakadāgāmī sakadāgāmissa samānatto, anāgāmī anāgāmissa samānatto, arahā arahato samānatto. idaṃ vuccati, bhikkhave, saṅgāhabalaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous que la force de l’amabilité? Il y a, bhikkhous, ces quatre occasions de [pratiquer l’]amabilité. Quelles sont ces quatre? Un don, une parole aimable, une attitude constructive et l’égalité. Bhikkhous, le plus élevé des dons est le don du Dhamma. Bhikkhous, la plus élevée des paroles aimables est d’enseigner le Dhamma à de nombreuses reprises à celui qui est intéressé, qui tend l’oreille. Bhikkhous, la plus élevée des attitudes constructives est d’inciter celui qui est dénué de conviction, de l’encourager et l’établir dans l’accomplissement en conviction, d’inciter celui qui manque de vertu, de l’encourager et l’établir dans l’accomplissement en vertu, d’inciter l’avare, de l’encourager et l’établir dans l’accomplissement en générosité, et d’inciter celui qui manque de discernement, de l’encourager et l’établir dans l’accomplissement en discernement. Bhikkhous, la plus élevée des égalités est l’égalité d’un parvenu-au-courant avec un parvenu-au-courant, l’égalité d’un retournant unique avec un retournant unique, l’égalité d’un non-retournant avec un non-retournant, et l’égalité d’un arahant avec un arahant. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de l’amabilité.
imāni kho, bhikkhave, cattāri balāni.
Voici, bhikkhous, quelle sont ces quatre forces.
“imehi kho, bhikkhave, catūhi balehi samannāgato ariyasāvako pañca bhayāni samatikkanto hoti. katamāni pañca? ājīvikabhayaṃ, asilokabhayaṃ, parisasārajjabhayaṃ, maraṇabhayaṃ, duggatibhayaṃ.
Bhikkhous, un noble disciple pourvu de ces quatre forces a transcendé cinq craintes. Quelles sont ces cinq? La crainte [du manque] de moyens de subsistance, la crainte d’une mauvaise réputation, la crainte de la timidité dans les assemblées, la crainte de la mort et la crainte d’une mauvaise destination.

♦ On trouve également deux ensembles de deux balas. Le principal est celui qui regroupe la réflection (paṭisaṅkhāna) et bhāvanā:

AN 2.12

“dvemāni, bhikkhave, balāni. katamāni dve? paṭisaṅkhānabalañca bhāvanābalañca.
Il y a, bhikkhous, ces deux forces. Quelles sont ces deux? La force de la réflexion et la force du développement.
katamañca, bhikkhave, paṭisaṅkhānabalaṃ? idha, bhikkhave, ekacco iti paṭisañcikkhati: ‘kāyaduccaritassa kho pāpako vipāko diṭṭhe ceva dhamme abhisamparāyañca, vacīduccaritassa pāpako vipāko diṭṭhe ceva dhamme abhisamparāyañca, manoduccaritassa pāpako vipāko diṭṭhe ceva dhamme abhisamparāyañcā’ti. so iti paṭisaṅkhāya kāyaduccaritaṃ pahāya kāyasucaritaṃ bhāveti, vacīduccaritaṃ pahāya vacīsucaritaṃ bhāveti, manoduccaritaṃ pahāya manosucaritaṃ bhāveti, suddhaṃ attānaṃ pariharati. idaṃ vuccati, bhikkhave, paṭisaṅkhānabalaṃ.
Et qu’est-ce, bhikkhous, que la force de la réflexion? En cela, un certain individu considère ceci: ‘La méconduite corporelle produit de mauvais résultats dans ce monde visible et dans les existences à venir, la méconduite verbale produit de mauvais résultats dans ce monde visible et dans les existences à venir, la méconduite mentale produit de mauvais résultats dans ce monde visible et dans les existences à venir.’ Ayant considéré cela, il abandonne la méconduite corporelle et cultive la bonne conduite corporelle, il abandonne la méconduite verbale et cultive la bonne conduite verbale, il abandonne la méconduite mentale et cultive la bonne conduite mentale, et il se maintient pur. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle la force de la réflexion.

La bhāvanā·bala est ensuite définie en termes des sept bojjhaṅgas, chacun étant ponctué de la formule: viveka·nissitaṃ virāga·nissitaṃ nirodha-nissitaṃ vossagga·pariṇāmiṃ (basé sur l’isolement, sur le détachement, sur la cessation, se parachevant dans le lâcher-prise).

À AN 2.13, la bhāvanā·bala est définie comme consistant aux quatre jhānas.

AN 2.52 mentionne la force de la persuasion (saññatti·bala) et la force de disposition favorable (nijjhatti·bala), dans le contexte d’une assemblée de bhikkhous discutant d’une affaire de discipline (adhikaraṇa). AN 2.171 mentionne sati·bala et samādhi·bala.

♦ Deux souttas mentionnent les forces d’un arahant. Le plus complet des deux, AN 10.90, mentionne:

– Tous les saṅkhāras sont vus tels qu’ils sont dans les faits avec un discernement correct comme étant impermanents (aniccato sabbe saṅkhārā yathābhūtaṃ sammappaññāya sudiṭṭhā honti).

Kāma est vue telle qu’elle est dans les faits avec un discernement correct comme étant similaire à une fosse remplie de charbons ardents (aṅgārakāsūpamā kāmā yathābhūtaṃ sammappaññāya sudiṭṭhā honti).

– Être naturellement enclin à l’isolement, se plaire au renoncement, et en avoir complètement fini avec tous les états qui sont à la base des impuretés mentales (vivekaninnaṃ cittaṃ hoti … vivekaṭṭhaṃ nekkhammābhirataṃ byantībhūtaṃ sabbaso āsavaṭṭhāniyehi dhammehi).

– Les sept autres points passent en revue les 37 bodhi·pakkhiya·dhammās, pris par groupes.

♦ Les Tathāgata·balas, en dehors des cas tels qu’AN 5.11, mentionné plus haut, apparaissent dans une version complètement différente, dans laquelle elles sont parfois énumérées en six points, mais dans leur exposé le plus complet, en dix points:

AN 10.21

“dasayimāni, bhikkhave, tathāgatassa tathāgatabalāni… katamāni dasa?
Bhikkhous, il y a ces dix forces de Tathagata… Quelles sont ces dix?
idha, bhikkhave, tathāgato ṭhānañca ṭhānato aṭṭhānañca aṭṭhānato yathābhūtaṃ pajānāti…
En cela, bhikkhous, le Tathagata comprend tel que c’est dans les faits ce qui est possible comme étant possible et ce qui est impossible comme étant impossible…
“puna caparaṃ, bhikkhave, tathāgato atītānāgatapaccuppannānaṃ kammasamādānānaṃ ṭhānaso hetuso vipākaṃ yathābhūtaṃ pajānāti…
De plus, bhikkhous, le Tathagata comprend tel que c’est dans les faits le résultat des actions entreprises dans le passé, le futur et le présent, en termes de possibilités et de causes…
“puna caparaṃ, bhikkhave, tathāgato sabbatthagāminiṃ paṭipadaṃ yathābhūtaṃ pajānāti…
De plus, bhikkhous, le Tathagata comprend telles qu’elles sont dans les faits les voies qui mènent partout…
“puna caparaṃ, bhikkhave, tathāgato anekadhātuṃ nānādhātuṃ lokaṃ yathābhūtaṃ pajānāti…
De plus, bhikkhous, le Tathagata comprend tel qu’il est dans les faits le monde avec ses éléments divers et variés…
“puna caparaṃ, bhikkhave, tathāgato sattānaṃ nānādhimuttikataṃ yathābhūtaṃ pajānāti…
De plus, bhikkhous, le Tathagata comprend tels qu’elle est dans les faits la diversité de caractère des êtres…
“puna caparaṃ, bhikkhave, tathāgato parasattānaṃ parapuggalānaṃ indriyaparopariyattaṃ yathābhūtaṃ pajānāti…
De plus, bhikkhous, le Tathagata comprend telles qu’elles sont dans les faits les facultés d’apprentissage des autres êtres et des autres individus…
“puna caparaṃ, bhikkhave, tathāgato jhānavimokkhasamādhisamāpattīnaṃ saṃkilesaṃ vodānaṃ vuṭṭhānaṃ yathābhūtaṃ pajānāti…
De plus, bhikkhous, le Tathagata comprend telles qu’elles sont dans les faits la souillure, la pureté, et l’émergence en ce qui concerne les jhanas, les délivrances, la concentration & les accomplissements…
“puna caparaṃ, bhikkhave, tathāgato anekavihitaṃ pubbenivāsaṃ anussarati…
De plus, bhikkhous, le Tathagata se rappelle ses diverses existences passées…
“puna caparaṃ, bhikkhave, tathāgato dibbena cakkhunā visuddhena atikkantamānusakena satte passati cavamāne upapajjamāne hīne paṇīte suvaṇṇe dubbaṇṇe, sugate duggate yathākammūpage satte pajānāti…
De plus, bhikkhous, le Tathagata, avec l’œil déva, qui est pur et au-delà de l’état humain, voit les êtres trépassant et réapparaissant, inférieurs ou superbes, beaux ou laids, heureux ou malheureux, comprend comment les êtres réapparaissent en fonction de leurs actions…
“puna caparaṃ, bhikkhave, tathāgato āsavānaṃ khayā anāsavaṃ cetovimuttiṃ paññāvimuttiṃ diṭṭheva dhamme sayaṃ abhiññā sacchikatvā upasampajja viharati.
De plus, bhikkhous, le Tathagata, avec la destruction des impuretés mentales, entre et demeure dans ce monde visible dans la libération de l’esprit sans impureté, dans la libération par le discernement, en l’ayant réalisée pour lui-même par connaissance directe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bhava (existence / becoming) as portrayed in the suttas

 

Note: the original context may be more user-friendly

bhava:

(state of) existence, life, becoming, process of existence.

Bhava is not ‘existence’ in the ontological sense, like the existence of a building in a particular place or of an hypothetical number with strange properties, which would correspond to the noun ‘atthitā’, derived from the verb atthi and found for example at SN 12.15. The meaning of the word bhava is described by Ven. Bodhi as ‘concrete sentient existence in one of the three realms of existence posited by Buddhist cosmology’, while Ven. Thanissaro suggests it means ‘a sense of identity in a particular world of experience: your sense of what you are, focused on a particular desire, in your personal sense of the world as related to that desire’, and insists the word has both psychological and cosmological connotations. He also adds: ‘[The term ‘becoming’] follows on doing, rather than existing as a prior metaphysical absolute or ground. In other words, it’s not the source from which we come; it’s something produced by the activity of our minds.’ He has written a long essay on the subject, The Paradox of Becoming. However, Ven. Bodhi explains that he reverted to using the rendering ‘existence’, after the shortcomings of ‘becoming’ were pointed out to him.

The explicit definition given in the suttas mentions three types of bhava:

 

1. kāma·bhava
2. rūpa·bhava
3. arūpa·bhava

 

This definition is found for example in the Bhavapañhā Sutta:

SN 38.13

 

— “‘bhavo, bhavo’ti, āvuso sāriputta, vuccati. katamo nu kho, āvuso, bhavo”ti? ‘Existence, existence’, is it said, friend Sariputta. But what, friend, is existence?
— “tayo me, āvuso, bhavā: kāmabhavo, rūpabhavo, arūpabhavo. ime kho, āvuso, tayo bhavā”ti. — Friend, there are these three types of existence: existence in the sense field, existence as form and formless existence. These, friend, are the three types of existence.
— “atthi panāvuso, maggo atthi paṭipadā, etesaṃ bhavānaṃ pariññāyā”ti? — But friend, is there a path, is there a way for the full understanding of these types of existence?
—“atthi kho, āvuso, maggo atthi paṭipadā, etesaṃ bhavānaṃ pariññāyā”ti. — There is, friend, a path, there is a way for the full understanding of these types of existence.
— “katamo, panāvuso, maggo katamā paṭipadā, etesaṃ bhavānaṃ pariññāyā”ti? — And what, friend, is the path, what is the way for the full understanding of these types of existence?
“ayameva kho, āvuso, ariyo aṭṭhaṅgiko maggo, etesaṃ bhavānaṃ pariññāya… This noble eightfold path, friend, is for the full understanding of these types of existence…

 

SN 45.164 repeats essentially the same thing, and adds that the ariya aṭṭh·aṅgika magga is also for their direct knowledge (abhiññā), for their complete destruction (parikkhaya), and for their abandoning (pahāna).

We find the same threefold characterization in the Vibhaṅga Sutta, which defines term in the context of paṭicca·samuppāda, where bhava is conditioned by upādāna and in turn conditions the arising of jāti:

SN 12.2

 

upādāna·paccayā bhavo; conditioned by attachment, [there is] existence
bhava·paccayā jāti; conditioned by existence, [there is] birth
Katamo ca, bhikkhave, bhavo? Tayo·me, bhikkhave, bhavā: kāma·bhavo, rūpa·bhavo, arūpa·bhavo. Ayaṃ vuccati, bhikkhave, bhavo. And what, bhikkhus, is existence? There are, bhikkhus, these three types of existence: sensual existence, Form-existence, formless existence. This is called, bhikkhus, existence.

 

As every other phenomenon, bhava has the characteristic of anicca:


SN 22.96

 

atha kho bhagavā parittaṃ gomayapiṇḍaṃ pāṇinā gahetvā taṃ bhikkhuṃ etadavoca: “ettakopi kho, bhikkhu, attabhāvapaṭilābho natthi nicco dhuvo sassato avipariṇāmadhammo sassatisamaṃ tatheva ṭhassati. ettako cepi, bhikkhu, attabhāvapaṭilābho abhavissa nicco dhuvo sassato avipariṇāmadhammo, nayidaṃ brahmacariyavāso paññāyetha sammā dukkhakkhayāya. yasmā ca kho, bhikkhu, ettakopi attabhāvapaṭilābho natthi nicco dhuvo sassato avipariṇāmadhammo, tasmā brahmacariyavāso paññāyati sammā dukkhakkhayāya. Then the Blessed One took up a little lump of cowdung in his hand and said to that bhikkhu: “Bhikkhu, there is not even this much individual existence that is permanent, stable, eternal, not subject to change, and that will remain the same just like eternity itself. If there was this much individual existence that was permanent, stable, eternal, not subject to change, this living of the holy life for the complete destruction of suffering could not be discerned. But because there is not even this much individual existence that is permanent, stable, eternal, not subject to change, this living of the holy life for the complete destruction of suffering is discerned.

 

A few suttas mention kamma, viññāṇa and taṇhā as playing a role in the ‘production of future renewed existence’ (āyatiṃ puna·bbhav·ābhinibbatti), such as the Bhava Sutta:

AN 3.76

 

— “bhavo, bhavoti, bhante, vuccati. kittāvatā nu kho, bhante, bhavo hotī”ti? — « Lord, this word, ‘becoming, becoming’ — to what extent is there becoming? »
— “kāmadhātuvepakkañca, ānanda, kammaṃ nābhavissa, api nu kho kāmabhavo paññāyethā”ti? — « Ananda, if there were no kamma ripening in the sensuality-property, would sensuality-becoming be discerned? »
— “no hetaṃ, bhante”. — « No, lord. »
— “iti kho, ānanda, kammaṃ khettaṃ, viññāṇaṃ bījaṃ, taṇhā sneho. avijjānīvaraṇānaṃ sattānaṃ taṇhāsaṃyojanānaṃ hīnāya dhātuyā viññāṇaṃ patiṭṭhitaṃ evaṃ āyatiṃ punabbhavābhinibbatti hoti. — « Thus kamma is the field, consciousness the seed, and craving the moisture. The consciousness of living beings hindered by ignorance & fettered by craving is established in/tuned to a lower property. Thus there is the production of renewed becoming in the future.
— rūpadhātuvepakkañca, ānanda, kammaṃ nābhavissa, api nu kho rūpabhavo paññāyethā”ti? — « If there were no kamma ripening in the form-property, would form-becoming be discerned? »
— “no hetaṃ, bhante”. — « No, lord. »
— “iti kho ānanda, kammaṃ khettaṃ, viññāṇaṃ bījaṃ, taṇhā sneho. avijjānīvaraṇānaṃ sattānaṃ taṇhāsaṃyojanānaṃ majjhimāya dhātuyā viññāṇaṃ patiṭṭhitaṃ evaṃ āyatiṃ punabbhavābhinibbatti hoti. — « Thus kamma is the field, consciousness the seed, and craving the moisture. The consciousness of living beings hindered by ignorance & fettered by craving is established in/tuned to a middling property. Thus there is the production of renewed becoming in the future.
— “arūpadhātuvepakkañca, ānanda, kammaṃ nābhavissa, api nu kho arūpabhavo paññāyethā”ti? — « If there were no kamma ripening in the formless-property, would formless-becoming be discerned? »
— “no hetaṃ, bhante”. — « No, lord. »
— “iti kho, ānanda, kammaṃ khettaṃ, viññāṇaṃ bījaṃ, taṇhā sneho. avijjānīvaraṇānaṃ sattānaṃ taṇhāsaṃyojanānaṃ paṇītāya dhātuyā viññāṇaṃ patiṭṭhitaṃ evaṃ āyatiṃ punabbhavābhinibbatti hoti. evaṃ kho, ānanda, bhavo hotī”ti. — « Thus kamma is the field, consciousness the seed, and craving the moisture. The consciousness of living beings hindered by ignorance & fettered by craving is established in/tuned to a refined property. Thus there is the production of renewed becoming in the future. This is how there is becoming. »

 

The next sutta repeats the exact same thing, except that it is no longer viññāṇa that is established in/tuned to the various levels, but cetanā and patthanā (aspiration):

AN 3.77

 

“iti kho, ānanda, kammaṃ khettaṃ, viññāṇaṃ bījaṃ, taṇhā sneho. avijjānīvaraṇānaṃ sattānaṃ taṇhāsaṃyojanānaṃ hīnāya dhātuyā cetanā patiṭṭhitā patthanā patiṭṭhitā evaṃ āyatiṃ punabbhavābhinibbatti hoti”. « Thus kamma is the field, consciousness the seed, and craving the moisture. The intention & aspiration of living beings hindered by ignorance & fettered by craving is established in/tuned to a lower property. Thus there is the production of renewed becoming in the future.

 

 

SN 23.3 explains that bhava arises because of chanda, rāga, delight (nandi), taṇhā, upādāna, mental standpoints (cetaso adhiṭṭhānā), adherences (abhinivesa), and anusayas regarding the five khandhas:

SN 23.3

 

— “‘bhavanetti, bhavanettī’ti, bhante, vuccati. katamā nu kho, bhante, bhavanetti, katamo bhavanettinirodho”ti? — Bhante, it is said: ‘The conduit to existence, the conduit to existence.’ Bhante, what is the conduit to existence, and what is the cessation of the conduit to existence?
“rūpe kho, rādha, yo chando yo rāgo yā nandī yā taṇhā ye upayupādānā cetaso adhiṭṭhānābhinivesānusayā: ayaṃ vuccati bhavanetti. tesaṃ nirodho bhavanettinirodho. Radha, the desire, avidity, delight, craving, clinging & attachment, mental determinations, inclinations, and latent tendencies towards Form: this is called the conduit to existence. Their cessation is the cessation of the conduit to existence.
vedanāya… saññāya… saṅkhāresu … viññāṇe yo chando … pe … adhiṭṭhānābhinivesānusayā — ayaṃ vuccati bhavanetti. tesaṃ nirodho bhavanettinirodho”ti. The desire, avidity, delight, craving, clinging & attachment, mental determinations, inclinations, and latent tendencies towards Feeling… Perception… Constructions… Consciousness: this is called the conduit to existence. Their cessation is the cessation of the conduit to existence.

 

The Majjhe Sutta singles out taṇhā as a prominent cause for the production of bhava (bhavassa abhinibbattiyā):

AN 6.61

 

taṇhā sibbinī: taṇhā hi naṃ sibbati tassa tasseva bhavassa abhinibbattiyā craving is the seamstress: craving sews one to the production of this or that existence.

 

In turn, craving for existence (bhava·taṇhā) has no beginning and is rooted in avijjā:

AN 10.62

 

“purimā, bhikkhave, koṭi na paññāyati bhavataṇhāya: ‘ito pubbe bhavataṇhā nāhosi, atha pacchā samabhavī’ti. evañcetaṃ, bhikkhave, vuccati, atha ca pana paññāyati: ‘idappaccayā bhavataṇhā’ti. “Bhikkhus, it is said: ‘A first point of craving for existence, bhikkhus, is not seen such that before this there was no craving for existence and afterward it came into being.’ Still, craving for existence is seen to have a specific condition.
“bhavataṇhāmpāhaṃ, bhikkhave, sāhāraṃ vadāmi, no anāhāraṃ. ko cāhāro bhavataṇhāya? ‘avijjā’tissa vacanīyaṃ. “I say, bhikkhus, that craving for existence has a nutriment; it is not without nutriment. And what is the nutriment for craving for existence? It should be said: ignorance.

 

In the Bhāra Sutta, the taṇhā leading to renewed existence (pono·bhavikā), which includes bhava·taṇhā and vibhava·taṇhā, is called ‘the taking up of the burden’ (bhār·ādāna). In the Ejā Sutta, the entire world seeks delight in bhava:

SN 35.91

 

aññathābhāvī bhavasatto loko bhavameva abhinandati. The world, becoming otherwise, attached to existence, seeks delight only in existence.

 

The usual set of questions characterized at SN 56.8 as bad, unskillful is said in the Sāriputtakoṭṭhika Sutta to be important only to one who delights in existence:

SN 44.6

 

bhavārāmassa kho, āvuso, bhavaratassa bhavasammuditassa, bhavanirodhaṃ ajānato apassato yathābhūtaṃ, ‘hoti tathāgato paraṃ maraṇā’tipissa hoti … pe … ‘neva hoti na na hoti tathāgato paraṃ maraṇā’tipissa hoti. It is one who delights in existence, who takes delight in existence, who rejoices in existence, and who does not know and see the cessation of existence as it really is, that thinks: ‘The Tathagata exists after death’ … or ‘The Tathagata neither exists nor does not exist after death.’
na bhavārāmassa kho, āvuso, na bhavaratassa na bhavasammuditassa, bhavanirodhaṃ jānato passato yathābhūtaṃ, ‘hoti tathāgato paraṃ maraṇā’tipissa na hoti … pe … ‘neva hoti na na hoti tathāgato paraṃ maraṇā’tipissa na hoti. ayampi kho, āvuso, pariyāyo, yenetaṃ abyākataṃ bhagavatā”ti. “But, friend, one who does not delight in existence, who does not take delight in existence, who does not rejoice in existence, and who knows and sees the cessation of existence as it really is, does not think: ‘The Tathagata exists after death’ … or ‘The Tathagata neither exists nor does not exist after death.’

 

In the Nibbedhika Sutta, a particular existence is determined by the vipāka of kāmā:

AN 6.63

 

“katamo ca, bhikkhave, kāmānaṃ vipāko? yaṃ kho, bhikkhave, kāmayamāno tajjaṃ tajjaṃ attabhāvaṃ abhinibbatteti puññabhāgiyaṃ vā apuññabhāgiyaṃ vā, ayaṃ vuccati, bhikkhave, kāmānaṃ vipāko. “And what is the result of sensuality? One who wants sensuality produces a corresponding state of existence, on the side of merit or demerit. This is called the result of sensuality.

 

In the Āgantuka Sutta, bhava·taṇhā is to be abandoned through abhiññā:

SN 45.159

 

katame ca, bhikkhave, dhammā abhiññā pahātabbā? avijjā ca bhavataṇhā ca. ime, bhikkhave, dhammā abhiññā pahātabbā. “And what, bhikkhus, are the things to be abandoned by direct knowledge? Ignorance and craving for existence. These are the things to be abandoned by direct knowledge.

 

In the Sāriputta Sutta, the cessation of bhava is explicitly mentioned as meaning Nibbāna:

AN 10.7

 

Seyyathāpi, āvuso, sakalikaggissa jhāyamānassa aññāva acci uppajjati aññāva acci nirujjhati; evamevaṃ kho, āvuso, ‘bhavanirodho nibbānaṃ bhavanirodho nibbānan’ti aññāva saññā uppajjati aññāva saññā nirujjhati. ‘Bhavanirodho nibbānan’ti saññī ca panāhaṃ, āvuso, tasmiṃ samaye ahosin”ti. Just as, when a fire of twigs is burning, one flame arises and another flame ceases, so one perception arose and another perception ceased in me: ‘The cessation of existence is nibbāna; the cessation of existence is nibbāna.’ On that occasion, friend, I was percipient: ‘The cessation of existence is nibbāna.’”

 

In a recurrent expression, upon fulfilling the training in general or in a particular aspect, it is often said:

SN 22.26

 

Ñāṇañca pana me dassanaṃ udapādi: ‘akuppā me vimutti; ayamantimā jāti; natthi dāni punabbhavo’”ti. “The knowledge and vision arose in me: ‘Unshakable is my liberation of mind; this is my last birth; now there is no more renewed existence.’”

 

path to removal

The Aniccasaññā Sutta explains how the perception of impermanence eliminates bhava·rāga:

SN 22.102

 

“aniccasaññā, bhikkhave, bhāvitā bahulīkatā sabbaṃ kāmarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ rūparāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ bhavarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ avijjaṃ pariyādiyati, sabbaṃ asmimānaṃ samūhanati”. “Bhikkhus, when the perception of impermanence is developed and cultivated, it eliminates all sensual lust, it eliminates all lust for existence, it eliminates all ignorance, it uproots all conceit ‘I am.’
“kathaṃ bhāvitā ca, bhikkhave, aniccasaññā kathaṃ bahulīkatā sabbaṃ kāmarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ rūparāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ bhavarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ avijjaṃ pariyādiyati, sabbaṃ asmimānaṃ samūhanati? ‘iti rūpaṃ, iti rūpassa samudayo, iti rūpassa atthaṅgamo; iti vedanā, iti vedanāya samudayo, iti vedanāya atthaṅgamo; iti saññā, iti saññāya samudayo, iti saññāya atthaṅgamo; iti saṅkhārā, iti saṅkhārānaṃ samudayo, iti saṅkhārānaṃ atthaṅgamo; iti viññāṇaṃ, iti viññāṇassa samudayo, iti viññāṇassa atthaṅgamo’ti: evaṃ bhāvitā kho, bhikkhave, aniccasaññā evaṃ bahulīkatā sabbaṃ kāmarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ rūparāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ bhavarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ avijjaṃ pariyādiyati, sabbaṃ asmimānaṃ samūhanatī”ti. “And how, bhikkhus, is the perception of impermanence developed and cultivated so that it eliminates all sensual lust, eliminates all lust for existence, eliminates all ignorance, and uproots all conceit ‘I am’? ‘Such is form, such its origin, such its passing away; such is feeling, such its origin, such its passing away; such is perception, such its origin, such its passing away; such are volitional formations, such their origin, such their passing away; such is consciousness, such its origin, such its passing away’: that is how the perception of impermanence is developed and cultivated so that it eliminates all sensual lust, eliminates all lust for existence, eliminates all ignorance, and uproots all conceit ‘I am.’”

 

Bhava also appears prominently as one of the three āsavas (SN 45.163), one of the three taṇhā (SN 45.170), one of the three searches (esana, SN 45.161), one of the four yogas (AN 4.10, SN 45.172), one of the four floods (ogha, SN 45.171), one of the seven saṃyojanas as per the list given at AN 7.8, one of the seven anusayas (SN 45.175). Regarding all the above sets of phenomena, the ariya aṭṭhaṅgika magga is recommended for some or all of the following actions: abhiññā, full understanding (pariññā), complete destruction (parikkhaya), and pahāna.

In the case of the four yogas, the Yoga Sutta provides a little more detail:

AN 4.10

 

“Cattārome, bhikkhave, yogā. Katame cattāro? Kāmayogo, bhavayogo, diṭṭhiyogo, avijjāyogo… “Bhikkhus, there are these four bonds. What four? The bond of sensuality, the bond of existence, the bond of views, and the bond of ignorance…
Bhavayogo ca kathaṃ hoti? Idha, bhikkhave, ekacco bhavānaṃ samudayañca atthaṅgamañca assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ nappajānāti. Tassa bhavānaṃ samudayañca atthaṅgamañca assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ appajānato yo bhavesu bhavarāgo bhavanandī bhavasneho bhavamucchā bhavapipāsā bhavapariḷāho bhavajjhosānaṃ bhavataṇhā sānuseti. Ayaṃ vuccati, bhikkhave, bhavayogo… And how is there the bond of existence? Here, someone does not understand as they really are the origin and the passing away, the gratification, the danger, and the escape in regard to states of existence. When one does not understand these things as they really are, then lust for existence, delight in existence, affection for existence, infatuation with existence, thirst for existence, passion for existence, attachment to existence, and craving for existence lie deep within one in regard to states of existence. This is called the bond of existence…
Bhava­yoga­visaṃ­yogo ca kathaṃ hoti? Idha, bhikkhave, ekacco bhavānaṃ samudayañca atthaṅgamañca assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ pajānāti. Tassa bhavānaṃ samudayañca atthaṅgamañca assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ pajānato yo bhavesu bhavarāgo bhavanandī bhavasneho bhavamucchā bhavapipāsā bhavapariḷāho bhavajjhosānaṃ bhavataṇhā sā nānuseti. Ayaṃ vuccati, bhikkhave, bhava­yoga­visaṃyogo. And how is there the severance of the bond of existence? Here, someone understands as they really are the origin and the passing away, the gratification, the danger, and the escape in regard to states of existence. When one understands these things as they really are, then lust for existence, delight in existence, affection for existence, infatuation with existence, thirst for existence, passion for existence, attachment to existence, and craving for existence do not lie within one in regard to states of existence. This is called the severance of the bond of existence.

 

AN 5.170

 

atthāvuso, nevasaññānāsaññāyatanūpagā devā, idaṃ bhavānaṃ aggan”ti. Friend, there are devas of the plane of neither-perception-nor-non-perception: this is the highest state of existence.

 

AN 1.328

 

“seyyathāpi, bhikkhave, appamattakopi gūtho duggandho hoti; evamevaṃ kho ahaṃ, bhikkhave, appamattakampi bhavaṃ na vaṇṇemi, antamaso accharāsaṅghātamattampi”. Bhikkhus, just as even a small amount of excrement smells bad, in the same way I do not recommend even a small amount of existence, even for the time of s finger snap

 

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L’ignorance (avijjā) dans les souttas

Lire cet article dans son contexte originel (plus agréable à lire) ici.

avijjā: [a+vijjā]

nescience, ignorance, non-connaissance.

Avijjā est définie dans le Vibhaṅga Sutta comme consistant en l’ignorance par rapport aux quatre nobles vérités:

SN 12.2

 

“katamā ca, bhikkhave, avijjā? yaṃ kho, bhikkhave, dukkhe aññāṇaṃ, dukkhasamudaye aññāṇaṃ, dukkhanirodhe aññāṇaṃ, dukkhanirodhagāminiyā paṭipadāya aññāṇaṃ. ayaṃ vuccati, bhikkhave, avijjā. Et qu’est-ce, bhikkhous, que l’ignorance? La non-connaissance du mal-être, la non-connaissance de l’origine du mal-être, la non-connaissance de la cessation du mal-être et la non-connaissance de la voie menant à la cessation du mal-être, voici ce qu’on appelle l’ignorance.

 

 

On trouve dans le Khandha Saṃyutta d’autres définitions liées aux cinq khandhas:

SN 22.113

 

— “‘avijjā avijjā’ti, bhante, vuccati. katamā nu kho, bhante, avijjā, kittāvatā ca avijjāgato hotī”ti? — Bhanté, on entend dire: ‘Ignorance, ignorance’. Qu’est-ce donc, Bhanté, que l’ignorance, et de quelle manière est-on ignorant?
— “idha, bhikkhu, assutavā puthujjano rūpaṃ nappajānāti, rūpasamudayaṃ nappajānāti, rūpanirodhaṃ nappajānāti, rūpanirodhagāminiṃ paṭipadaṃ nappajānāti; — En cela, bhikkhou, un individu ordinaire sans instruction ne discerne pas la Forme, ne discerne pas l’apparition de la Forme, ne discerne pas la cessation de la Forme, et ne discerne pas la voie menant à la cessation de la Forme;
vedanaṃ nappajānāti, vedanāsamudayaṃ nappajānāti, vedanānirodhaṃ nappajānāti, vedanānirodhagāminiṃ paṭipadaṃ nappajānāti; il ne discerne pas le Ressenti, ne discerne pas l’apparition du Ressenti, ne discerne pas la cessation du Ressenti, et ne discerne pas la voie menant à la cessation du Ressenti;
saññaṃ nappajānāti, saññāsamudayaṃ nappajānāti, saññānirodhaṃ nappajānāti, saññānirodhagāminiṃ paṭipadaṃ nappajānāti; il ne discerne pas la Perception, ne discerne pas l’apparition de la Perception, ne discerne pas la cessation de la Perception, et ne discerne pas la voie menant à la cessation de la Perception;
saṅkhāre nappajānāti, saṅkhārasamudayaṃ nappajānāti, saṅkhāranirodhaṃ nappajānāti, saṅkhāranirodhagāminiṃ paṭipadaṃ nappajānāti; il ne discerne pas les Constructions, ne discerne pas l’apparition des Constructions, ne discerne pas la cessation des Constructions, et ne discerne pas la voie menant à la cessation des Constructions;
viññāṇaṃ nappajānāti, viññāṇasamudayaṃ nappajānāti, viññāṇanirodhaṃ nappajānāti, viññāṇanirodhagāminiṃ paṭipadaṃ nappajānāti; il ne discerne pas la Conscience, ne discerne pas l’apparition de la Conscience, ne discerne pas la cessation de la Conscience, et ne discerne pas la voie menant à la cessation de la Conscience.
ayaṃ vuccati, bhikkhu, avijjā. ettāvatā ca avijjāgato hotī”ti. Voici, bhikkhou, ce qu’on appelle l’ignorance, et voici de quelle manière on est ignorant.

 

SN 22.126

 

— “‘avijjā avijjā’ti, bhante, vuccati. katamā nu kho, bhante, avijjā, kittāvatā ca avijjāgato hotī”ti? — Bhanté, on entend dire: ‘Ignorance, ignorance’. Qu’est-ce donc, Bhanté, que l’ignorance, et de quelle manière est-on ignorant?
— “idha, bhikkhu, assutavā puthujjano samudayadhammaṃ rūpaṃ ‘samudayadhammaṃ rūpan’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; vayadhammaṃ rūpaṃ ‘vayadhammaṃ rūpan’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; samudayavayadhammaṃ rūpaṃ ‘samudayavayadhammaṃ rūpan’ti yathābhūtaṃ nappajānāti. — En cela, bhikkhou, un individu ordinaire sans instruction ne discerne pas telle qu’elle est dans les faits une Forme par nature sujette à l’apparition comme une Forme par nature sujette à l’apparition, il ne discerne pas telle qu’elle est dans les faits une Forme par nature sujette à la disparition comme une Forme par nature sujette à la disparition, et il ne discerne pas telle qu’elle est dans les faits une Forme par nature sujette à l’apparition & disparition comme une Forme par nature sujette à l’apparition & disparition.
samudayadhammaṃ vedanaṃ ‘samudayadhammā vedanā’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; vayadhammaṃ vedanaṃ ‘vayadhammā vedanā’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; samudayavayadhammaṃ vedanaṃ ‘samudayavayadhammā vedanā’ti yathābhūtaṃ nappajānāti. Il ne discerne pas tel qu’il est dans les faits un Ressenti par nature sujet à l’apparition comme un Ressenti par nature sujet à l’apparition, il ne discerne pas tel qu’il est dans les faits un Ressenti par nature sujet à la disparition comme un Ressenti par nature sujet à la disparition, et il ne discerne pas tel qu’il est dans les faits un Ressenti par nature sujet à l’apparition & disparition comme un Ressenti par nature sujet à l’apparition & disparition.
samudayadhammaṃ saññaṃ ‘samudayadhammaṃ saññan’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; vayadhammaṃ saññaṃ ‘vayadhammaṃ saññan’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; samudayavayadhammaṃ saññaṃ ‘samudayavayadhammaṃ saññan’ti yathābhūtaṃ nappajānāti. Il ne discerne pas telle qu’elle est dans les faits une Perception par nature sujette à l’apparition comme une Perception par nature sujette à l’apparition, il ne discerne pas telle qu’elle est dans les faits une Perception par nature sujette à la disparition comme une Perception par nature sujette à la disparition, et il ne discerne pas telle qu’elle est dans les faits une Perception par nature sujette à l’apparition & disparition comme une Perception par nature sujette à l’apparition & disparition.
samudayadhamme saṅkhāre ‘samudayadhammā saṅkhārā’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; vayadhamme saṅkhāre ‘vayadhammā saṅkhārā’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; samudayavayadhamme saṅkhāre ‘samudayavayadhammā saṅkhārā’ti yathābhūtaṃ nappajānāti. Il ne discerne pas telles qu’elles sont dans les faits des Constructions par nature sujettes à l’apparition comme des Constructions par nature sujettes à l’apparition, il ne discerne pas telles qu’elles sont dans les faits des Constructions par nature sujettes à la disparition comme des Constructions par nature sujettes à la disparition, et il ne discerne pas telles qu’elles sont dans les faits des Constructions par nature sujettes à l’apparition & disparition comme des Constructions par nature sujettes à l’apparition & disparition.
samudayadhammaṃ viññāṇaṃ ‘samudayadhammaṃ viññāṇan’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; vayadhammaṃ viññāṇaṃ ‘vayadhammaṃ viññāṇan’ti yathābhūtaṃ nappajānāti; samudayavayadhammaṃ viññāṇaṃ ‘samudayavayadhammaṃ viññāṇan’ti yathābhūtaṃ nappajānāti. ayaṃ vuccati, bhikkhu, avijjā; ettāvatā ca avijjāgato hotī”ti. Il ne discerne pas telle qu’elle est dans les faits une Conscience par nature sujette à l’apparition comme une Conscience par nature sujette à l’apparition, il ne discerne pas telle qu’elle est dans les faits une Conscience par nature sujette à la disparition comme une Conscience par nature sujette à la disparition, et il ne discerne pas telle qu’elle est dans les faits une Conscience par nature sujette à l’apparition & disparition comme une Conscience par nature sujette à l’apparition & disparition.
ayaṃ vuccati, bhikkhu, avijjā. ettāvatā ca avijjāgato hotī”ti. Voici, bhikkhou, ce qu’on appelle l’ignorance, et voici de quelle manière on est ignorant.

 

SN 22.129

 

— “‘avijjā avijjā’ti, bhante, vuccati. katamā nu kho, bhante, avijjā, kittāvatā ca avijjāgato hotī”ti? — Ami Saripoutta, on entend dire: ‘Ignorance, ignorance’. Qu’est-ce donc, ami Saripoutta, que l’ignorance, et de quelle manière est-on ignorant?
— “idhāvuso assutavā puthujjano rūpassa assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ nappajānāti, vedanāya assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ nappajānāti, saññāya assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ nappajānāti, saṅkhārānaṃ assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ nappajānāti, viññāṇassa assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ nappajānāti. — En cela, ami, un individu ordinaire sans instruction ne comprend pas tels qu’ils sont dans les faits l’apparition, la disparition, l’attrait, le désavantage et l’émancipation par rapport à la Forme. Il ne comprend pas tels qu’ils sont dans les faits l’apparition, la disparition, l’attrait, le désavantage et l’émancipation par rapport au Ressenti. Il ne comprend pas tels qu’ils sont dans les faits l’apparition, la disparition, l’attrait, le désavantage et l’émancipation par rapport à la Perception. Il ne comprend pas tels qu’ils sont dans les faits l’apparition, la disparition, l’attrait, le désavantage et l’émancipation par rapport aux Constructions. Il ne comprend pas tels qu’ils sont dans les faits l’apparition, la disparition, l’attrait, le désavantage et l’émancipation par rapport à la Conscience.
— ayaṃ vuccatāvuso, avijjā; ettāvatā ca avijjāgato hotī”ti. Voici, ami, ce qu’on appelle l’ignorance, et voici de quelle manière on est ignorant.

 

À SN 22.84, avijjā est comparée à un ‘maquis épais’ (tibbo vanasaṇḍo) sur le chemin de nibbāna. À MN 19, avijjā est comparée à un ‘appât’ (okacara) installé par un chasseur (Māra) afin d’attirer un troupeau de daims sur un chemin erroné qui les mènera à leur malheur et leur infortune. À MN 105, avijjā est comparée à un poison (visadosa) répandu sur une flèche (salla) qui a blessé quelqu’un. La flèche représente taṇhā, tandis que le poison est répandu par chanda·rāga·byāpāda.

Avijjā constitue l’un des trois (principaux) āsavas, aux côtés de kāma et bhava.

Avijjā constitue l’une des quatre oghas (inondations) ainsi que l’un des quatre yogas (jougs), et est accompagnée dans les deux listes de kāma, bhava et diṭṭhi.

AN 4.10

 

Avijjāyogo ca kathaṃ hoti? Idha, bhikkhave, ekacco channaṃ phassāyatanānaṃ samudayañca atthaṅgamañca assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathā·bhūtaṃ nappajānāti. Tassa channaṃ phassāyatanānaṃ samudayañca atthaṅgamañca assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathā·bhūtaṃ appajānato yā chasu phassāyatanesu avijjā aññāṇaṃ sānuseti. Ayaṃ vuccati, bhikkhave, avijjāyogo. Et qu’est-ce, bhikkhous, que le joug de l’ignorance? En cela, bhikkhous, un certain individu ne comprend pas tels qu’ils sont dans les faits l’apparition, la disparition, l’attrait, le désavantage et l’émancipation par rapport à l’ignorance. Ne comprenant pas tels qu’ils sont dans les faits l’apparition, la disparition, l’attrait, le désavantage et l’émancipation par rapport à l’ignorance, l’avidité envers l’ignorance, la complaisance dans l’ignorance, l’attraction envers l’ignorance, l’engouement pour l’ignorance, la soif d’ignorance, la fièvre d’ignorance, l’attachement à l’ignorance et l’appétence d’ignorance expriment leur tendance par rapport à l’ignorance. Voici, bhikkhous, ce qu’on appelle le joug de l’ignorance.

 

Avijjā constitue l’un des uddhambhāgiyā saṃyojanā (entraves supérieures), avec rūpa·rāga, arūpa·rāga, māna, et uddhacca.

Avijjā est également l’un des sept anusayas, aux côtés de kāma·rāga, paṭigha, diṭṭhi, vicikiccha, māna et bhava·rāga. En tant qu’anusaya, avijjā est liée à adukkham·asukhā vedanā:

MN 148

 

adukkhamasukhāya vedanāya phuṭṭho samāno tassā vedanāya samudayañca atthaṅgamañca assādañca ādīnavañca nissaraṇañca yathābhūtaṃ nappajānāti. tassa avijjānusayo anuseti. Si, lorsqu’on est touché par un ressenti neutre, on ne discerne pas, tels qu’ils sont dans les faits l’apparition, la disparition, l’attrait, le désavantage et l’émancipation vis-à-vis de ce ressenti, alors le penchant latent à l’ignorance exprime son penchant.

 

MN 44

 

“adukkhamasukhāya vedanāya avijjānusayo anusetī”ti… Le penchant latent à l’ignorance exprime sa tendance vis-à-vis des ressentis neutres…
“sabbāya adukkhamasukhāya vedanāya avijjānusayo anusetī”ti?… Est-ce que le penchant latent à l’ignorance exprime sa tendance vis-à-vis de tous les ressentis neutres?…
“na sabbāya adukkhamasukhāya vedanāya avijjānusayo anusetī”ti… Non, le penchant latent à l’ignorance n’exprime pas sa tendance vis-à-vis de tous les ressentis neutres…
“adukkhamasukhāya vedanāya kiṃ pahātabban”ti?… Qu’est-ce qui est à abandonner par rapport aux ressentis neutres?…
“adukkhamasukhāya vedanāya avijjānusayo pahātabbo”ti… C’est le penchant latent à l’ignorance qui est à abandonner par rapport aux ressentis neutres…
“sabbāya adukkhamasukhāya vedanāya avijjānusayo pahātabbo”ti?… Est-ce que le penchant latent à l’ignorance est à abandonner par rapport à tous les ressentis neutres?…
na sabbāya adukkhamasukhāya vedanāya avijjānusayo pahātabbo… Non, le penchant latent à l’ignorance n’est pas à abandonner par rapport à tous les ressentis neutres…
idhāvuso visākha, bhikkhu sukhassa ca pahānā, dukkhassa ca pahānā, pubbeva somanassadomanassānaṃ atthaṅgamā, adukkhamasukhaṃ upekkhāsatipārisuddhiṃ catutthaṃ jhānaṃ upasampajja viharati. avijjaṃ tena pajahati, na tattha avijjānusayo anusetī”ti. En cela, ami Visakha, abandonnant le bien-être et abandonnant le mal-être, la plaisance et l’affliction mentales ayant auparavant disparu, il entre et demeure dans le quatrième jhana, qui est sans mal-être ni bien-être, purifié par la présence d’esprit due à l’équanimité. Avec cela, il abandonne l’ignorance. Aucun penchant latent à l’ignorance n’y exprime sa tendance.

 

Avijjā est également reliée à ‘un ressenti engendré par un contact-ignorance’ (avijjā·samphassa·ja vedayita):

SN 22.47

 

atthi, bhikkhave, mano, atthi dhammā, atthi avijjādhātu. avijjāsamphassajena, bhikkhave, vedayitena phuṭṭhassa assutavato puthujjanassa ‘asmī’tipissa hoti; ‘ayamahamasmī’tipissa hoti; ‘bhavissan’tipissa hoti; ‘na bhavissan’tipissa hoti; ‘rūpī bhavissan’tipissa hoti; ‘arūpī bhavissan’tipissa hoti; ‘saññī bhavissan’tipissa hoti; ‘asaññī bhavissan’tipissa hoti; ‘nevasaññīnāsaññī bhavissan’tipissa hoti”. Il y a, bhikkhous, Le mental, il y a les phénomènes mentaux, il y a une disposition à l’ignorance. Un individu ordinaire sans instruction touché par un ressenti engendré par un contact-ignorance se dit ‘Je suis’, ‘Je suis cela’, ‘Je serai’, ‘Je ne serai pas’, ‘Je serai pourvu de Forme’, ‘Je serai sans Forme’, ‘Je serai pourvu de Perception’, ‘Je serai sans Perception’, ‘Je ne serai ni pourvu de Perception, ni sans Perception’.
“tiṭṭhanteva kho, bhikkhave, tattheva pañcindriyāni. athettha sutavato ariyasāvakassa avijjā pahīyati, vijjā uppajjati. tassa avijjāvirāgā vijjuppādā ‘asmī’tipissa na hoti; ‘ayamahamasmī’tipissa na hoti; ‘bhavissan’tipissa na hoti; ‘na bhavissan’tipissa na hoti; ‘rūpī bhavissan’tipissa na hoti; ‘arūpī bhavissan’tipissa na hoti; ‘saññī bhavissan’tipissa na hoti; ‘asaññī bhavissan’tipissa na hoti; ‘nevasaññīnāsaññībhavissan’tipissa na hotī”ti. Les cinq facultés sensorielles restent là où elles sont, mais un noble disciple instruit abandonne l’ignorance à leur encontre, et la connaissance correcte apparaît. Avec la disparition de l’ignorance et l’apparition de la connaissance correcte, il ne se dit pas ‘Je suis’, ni ‘Je suis cela’, ni ‘Je serai’, ni ‘Je ne serai pas’, ni ‘Je serai pourvu de Forme’, ni ‘Je serai sans Forme’, ni ‘Je serai pourvu de Perception’, ni ‘Je serai sans Perception’, ni ‘Je ne serai ni pourvu de Perception, ni sans Perception’.

 

SN 22.81

 

avijjāsamphassajena, bhikkhave, vedayitena phuṭṭhassa assutavato puthujjanassa uppannā taṇhā Bhikkhous, chez un individu ordinaire sans instruction touché par un ressenti engendré par un contact ignorant, l’appétence apparaît.

 

À AN 3.67, avijjā est expliquée comme ayant pour synonyme moha, bien qu’on puisse argumenter qu’étant donnée la position d’avijjā parmi les anusayas, le terme fait référence à un type de facteur mental plus profond, lié à l’ignorance, qui pourrait ne pas être actif tout le temps, et dont moha serait l’expression active à travers l’illusionnement.

Avijjā représente également la cause ultime dans paṭicca·samuppāda, étant à l’origine des saṅkhāras. Comme cela a été mentionné plus haut, le terme est défini dans ce contexte à SN 12.2 comme consistant en l’ignorance des quatre ariya·saccas. Le rôle que joueavijjā par rapport aux autres akusala dhammas est également mentionné en-dehors du contexte de paṭicca·samuppāda:

SN 20.1

 

“seyyathāpi, bhikkhave, kūṭāgārassa yā kāci gopānasiyo sabbā tā kūṭaṅgamā kūṭasamosaraṇā kūṭasamugghātā sabbā tā samugghātaṃ gacchanti; evameva kho, bhikkhave, ye keci akusalā dhammā sabbe te avijjāmūlakā avijjāsamosaraṇā avijjāsamugghātā, sabbe te samugghātaṃ gacchanti. Tout comme, bhikkhous, toutes les poutres d’une maison au toit pointu mènent au faîte, se rejoignent au faîte, et lorsque le faîte est retiré, elles sont toutes retirées [également], de la même manière, tous les états mentaux désavantageux son enracinés dans l’ignorance, se rejoignent dans l’ignorance, et lorsque l’ignorance est retirée, ils sont tous retirés [également].

 

SN 45.1

 

“avijjā, bhikkhave, pubbaṅgamā akusalānaṃ dhammānaṃ samāpattiyā, anvadeva ahirikaṃ anottappaṃ. avijjāgatassa, bhikkhave, aviddasuno micchādiṭṭhi pahoti; micchādiṭṭhissa micchāsaṅkappo pahoti; micchāsaṅkappassa micchāvācā pahoti; micchāvācassa micchākammanto pahoti; micchākammantassa micchāājīvo pahoti; micchāājīvassa micchāvāyāmo pahoti; micchāvāyāmassa micchāsati pahoti; micchāsatissa micchāsamādhi pahoti. Bhikkhous, l’ignorance est le précurseur de l’engagement dans les états mentaux mauvais et désavantageux, suivie de l’absence de honte morale et l’absence de crainte morale. Bhikkhous, chez le sot vivant dans l’ignorance, la vue erronée apparaît. Chez celui qui a une vue erronée, l’aspiration erronée apparaît. Chez celui qui a une aspiration erronée, la parole erronée apparaît. Chez celui qui a une parole erronée, l’action erronée apparaît. Chez celui qui a une action erronée, les moyens de subsistance erronés apparaissent. Chez celui qui a des moyens de subsistance erronés, l’effort erroné apparaît. Chez celui qui a un effort erroné, la présence d’esprit erronée apparaît. Chez celui qui a une présence d’esprit erronée, la concentration erronée apparaît.

 

Avijjā est à l’origine des āsavas:

AN 6.63

 

“katamo ca, bhikkhave, āsavānaṃ nidānasambhavo? avijjā, bhikkhave, āsavānaṃ nidānasambhavo… Et quelle est, bhikkhous, la cause de la production des impuretés mentales? C’est l’ignorance, bhikkhous, qui est la cause de la production des impuretés mentales…
“katamo ca, bhikkhave, āsavanirodho? avijjānirodho, bhikkhave, āsavanirodho. Et qu’est-ce, bhikkhous, que la cessation des impuretés mentales? Bhikkhous, la cessation de l’ignorance est la cessation des impuretés mentales.

 

Comme on le verra plus loin, la relation entre avijjā et les āsavas est réciproque. Il est également dit spécifiquement à propos d’avijjā qu’elle donne naissance au désir:

AN 4.50

 

avijjānivutā posā, piyarūpābhinandino. Les hommes obstrués par l’ignorance cherchent le bonheur dans ce qui est plaisant

 

AN 10.62

 

“bhavataṇhāmpāhaṃ, bhikkhave, sāhāraṃ vadāmi, no anāhāraṃ. ko cāhāro bhavataṇhāya? ‘avijjā’tissa vacanīyaṃ. Bhikkhous, je déclare que l’appétence pour l’existence a une nourriture, elle n’est pas sans nourriture. Et quelle est la nourriture de l’appétence pour l’existence? L’ignorance, devrait-on dire.

 

Avijjā apparaît sous l’effet de facteurs spécifiques. Les cinq nīvaraṇas:

AN 10.61

 

“purimā, bhikkhave, koṭi na paññāyati avijjāya: ‘ito pubbe avijjā nāhosi, atha pacchā samabhavī’ti. evañcetaṃ, bhikkhave, vuccati, atha ca pana paññāyati: ‘idappaccayā avijjā’ti. avijjampāhaṃ, bhikkhave, sāhāraṃ vadāmi, no anāhāraṃ. ko cāhāro avijjāya? ‘pañca nīvaraṇā’tissa vacanīyaṃ. Bhikkhous, on ne discerne pas de commencement à l’ignorance: ‘Avant cela, il n’y avait pas d’ignorance, et elle est apparue après.’ Bien que l’on dise cela, bhikkhous, on discerne: ‘L’ignorance est basée sur ceci’. Bhikkhous, je dis que l’ignorance a un nutriment, elle n’est pas sans nutriment. Et quel est le nutriment de l’ignorance? Les cinq obstructions, devrait-on dire.

 

Ayoniso manasikāra:

MN 2

 

“katame ca, bhikkhave, dhammā na manasikaraṇīyā ye dhamme manasi karoti? yassa, bhikkhave, dhamme manasikaroto anuppanno vā kāmāsavo uppajjati, uppanno vā kāmāsavo pavaḍḍhati; anuppanno vā bhavāsavo uppajjati, uppanno vā bhavāsavo pavaḍḍhati; anuppanno vā avijjāsavo uppajjati, uppanno vā avijjāsavo pavaḍḍhati. ime dhammā na manasikaraṇīyā ye dhamme manasi karoti… Et quelles sont, bhikkhous, les choses auxquelles il ne faudrait pas appliquer son esprit mais auxquelles il l’applique [tout de même]? Ce sont, bhikkhous, les choses telles que lorsqu’il y applique son esprit, les impuretés mentales liées à la sensualité qui n’étaient pas [encore] apparues apparaissent, et les impuretés mentales liées à la sensualité qui étaient [déjà] apparues se développent; les impuretés mentales liées à l’existence qui n’étaient pas [encore] apparues apparaissent, et les impuretés mentales liées à l’existence qui étaient [déjà] apparues se développent; les impuretés mentales liées à l’ignorance qui n’étaient pas [encore] apparues apparaissent, et les impuretés mentales liées à l’ignorance qui étaient [déjà] apparues se développent: voici, bhikkhous, quelles sont les choses auxquelles il ne faudrait pas appliquer son esprit…
“so evaṃ ayoniso manasi karoti: ‘ahosiṃ nu kho ahaṃ atītamaddhānaṃ? na nu kho ahosiṃ atītamaddhānaṃ? kiṃ nu kho ahosiṃ atītamaddhānaṃ? kathaṃ nu kho ahosiṃ atītamaddhānaṃ? kiṃ hutvā kiṃ ahosiṃ nu kho ahaṃ atītamaddhānaṃ? bhavissāmi nu kho ahaṃ anāgatamaddhānaṃ? na nu kho bhavissāmi anāgatamaddhānaṃ? kiṃ nu kho bhavissāmi anāgatamaddhānaṃ? kathaṃ nu kho bhavissāmi anāgatamaddhānaṃ? kiṃ hutvā kiṃ bhavissāmi nu kho ahaṃ anāgatamaddhānan’ti? etarahi vā paccuppannamaddhānaṃ ajjhattaṃ kathaṃkathī hoti: ‘ahaṃ nu khosmi? no nu khosmi? kiṃ nu khosmi? kathaṃ nu khosmi? ayaṃ nu kho satto kuto āgato? so kuhiṃ gāmī bhavissatī’ti? Il applique son mental à mauvais escient des manières suivantes: ‘Est-ce que j’existais dans le passé?’, ‘Est-ce que je n’existais pas dans le passé?’, ‘Qui étais-je dans le passé?’, ‘Comment étais-je dans le passé?’, ‘Dans le passé, ayant été qui, que suis-je devenu [ensuite (dans une existence ultérieure)]?’,{2} ‘Est-ce que j’existerai dans le futur?’, ‘Est-ce que je n’existerai pas dans le futur?’, ‘Qui serai-je dans le futur?’, ‘Comment serai-je dans le futur?’, ‘Dans le futur ayant été qui, que deviendrai-je [ensuite (dans une existence ultérieure)]?’ Ou sinon, il est intérieurement perplexe au sujet du présent, des manières suivantes: ‘Est-ce que j’existe?’, ‘Est-ce que je n’existe pas?’, ‘Qui suis-je?’, ‘Comment suis-je?’, ‘D’où cet être provient-il?’, ‘Où ira-t-il?’.
“tassa evaṃ ayoniso manasikaroto channaṃ diṭṭhīnaṃ aññatarā diṭṭhi uppajjati. ‘atthi me attā’ti vā assa saccato thetato diṭṭhi uppajjati; ‘natthi me attā’ti vā assa saccato thetato diṭṭhi uppajjati; ‘attanāva attānaṃ sañjānāmī’ti vā assa saccato thetato diṭṭhi uppajjati; ‘attanāva anattānaṃ sañjānāmī’ti vā assa saccato thetato diṭṭhi uppajjati; ‘anattanāva attānaṃ sañjānāmī’ti vā assa saccato thetato diṭṭhi uppajjati; atha vā panassa evaṃ diṭṭhi hoti: ‘yo me ayaṃ attā vado vedeyyo tatra tatra kalyāṇapāpakānaṃ kammānaṃ vipākaṃ paṭisaṃvedeti so kho pana me ayaṃ attā nicco dhuvo sassato avipariṇāmadhammo sassatisamaṃ tatheva ṭhassatī’ti. Chez celui qui applique ainsi son esprit à mauvais escient, l’une de ces six vues apparaît. La vue: ‘J’ai un ego’ lui apparaît vraie et sûre. Ou bien la vue: ‘Je n’ai pas d’ego’ lui apparaît vraie et sûre. Ou bien la vue: ‘Je perçois l’ego au moyen de l’ego’ lui apparaît vraie et sûre. Ou bien la vue: ‘Je perçois le non-soi au moyen de l’ego’ lui apparaît vraie et sûre. Ou bien la vue: ‘Je perçois l’ego au moyen du non-soi’ lui apparaît vraie et sûre. Et alors il a la vue: ‘C’est mon ego qui parle, ressent et fait l’expérience ici et là des conséquences des actions bénéfiques ou malsaines; et mon ego est permanent, stable, éternel, il n’est pas par nature voué au changement, et il durera ainsi une éternité’.
idaṃ vuccati, bhikkhave, diṭṭhigataṃ diṭṭhigahanaṃ diṭṭhikantāraṃ diṭṭhivisūkaṃ diṭṭhivipphanditaṃ diṭṭhisaṃyojanaṃ. diṭṭhisaṃyojanasaṃyutto, bhikkhave, assutavā puthujjano na parimuccati jātiyā jarāya maraṇena sokehi paridevehi dukkhehi domanassehi upāyāsehi; ‘na parimuccati dukkhasmā’ti vadāmi. Ceci, bhikkhous est appelé s’en remettre aux vues, c’est le taillis des vues, le maquis des vues, la contorsion des vues, le titubement des vues, l’entrave des vues. Entravé à l’entrave des vues, un individu ordinaire sans instruction ne peut échapper à la naissance, au vieillissement-et-mort, au chagrin, aux lamentations, aux douleurs, aux afflictions mentales et à l’adversité; je déclare qu’il n’échappe pas au mal-être.

 

Les Āsavas:

MN 9

 

āsavasamudayā avijjāsamudayo; āsavanirodhā avijjānirodho Avec l’apparition des impuretés mentales, il y a apparition de l’ignorance; avec la cessation des impuretés mentales, il y a cessation de l’ignorance.

 

Un certain nombre de facteurs menant à la cessation d’avijjā sont également mentionnés dans les souttas. Kāyagatāsati:

AN 1.586

 

“ekadhamme, bhikkhave, bhāvite bahulīkate avijjā pahīyati. katamasmiṃ ekadhamme? kāyagatāya satiyā. Bhikkhous, il y a un état mental qui, lorsqu’il est cultivé et pratiqué fréquemment, l’ignorance est abandonnée. Et quel est cet état mental? La présence d’esprit dirigée vers le corps.

 

Anicca·saññā:

SN 22.102

 

“aniccasaññā, bhikkhave, bhāvitā bahulīkatā sabbaṃ kāmarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ rūparāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ bhavarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ avijjaṃ pariyādiyati, sabbaṃ asmimānaṃ samūhanati”. Bhikkhous, lorsque la perception de l’impermanence est cultivée et pratiquée fréquemment, elle met un terme à toute avidité sensuelle, elle met un terme à toute avidité envers la Forme, elle met un terme à toute avidité d’existence, elle met un terme à toute ignorance, et elle élimine toute prétention ‘Je suis’.
“kathaṃ bhāvitā ca, bhikkhave, aniccasaññā kathaṃ bahulīkatā sabbaṃ kāmarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ rūparāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ bhavarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ avijjaṃ pariyādiyati, sabbaṃ asmimānaṃ samūhanati? ‘iti rūpaṃ, iti rūpassa samudayo, iti rūpassa atthaṅgamo; iti vedanā, iti vedanāya samudayo, iti vedanāya atthaṅgamo; iti saññā, iti saññāya samudayo, iti saññāya atthaṅgamo; iti saṅkhārā, iti saṅkhārānaṃ samudayo, iti saṅkhārānaṃ atthaṅgamo; iti viññāṇaṃ, iti viññāṇassa samudayo, iti viññāṇassa atthaṅgamo’ti. evaṃ bhāvitā kho, bhikkhave, aniccasaññā evaṃ bahulīkatā sabbaṃ kāmarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ rūparāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ bhavarāgaṃ pariyādiyati, sabbaṃ avijjaṃ pariyādiyati, sabbaṃ asmimānaṃ samūhanatī”ti. Et comment, bhikkhous, la perception de l’impermanence est-elle cultivée, comment est-elle pratiquée fréquemment afin de mettre un terme à toute avidité sensuelle, de mettre un terme à toute avidité envers la Forme, de mettre un terme à toute avidité d’existence, de mettre un terme à toute ignorance, et d’éliminer toute prétention ‘Je suis’? ‘Voici la Forme, voici l’apparition de la Forme, voici l’extinction de la Forme; voici le Ressenti, voici l’apparition du Ressenti, voici l’extinction du Ressenti; voici la Perception, voici l’apparition de la Perception, voici l’extinction de la Perception; voici les Constructions, voici l’apparition des Constructions, voici l’extinction des Constructions; voici la Conscience, voici l’apparition de la Conscience, voici l’extinction de la Conscience.’ Voici, bhikkhous, comment la perception de l’impermanence est cultivée, comment elle est pratiquée fréquemment de mettre un terme à toute avidité sensuelle, de mettre un terme à toute avidité envers la Forme, de mettre un terme à toute avidité d’existence, de mettre un terme à toute ignorance, et d’éliminer toute prétention ‘Je suis’.

 

SN 35.79

 

— “katamo pana, bhante, eko dhammo yassa pahānā bhikkhuno avijjā pahīyati, vijjā uppajjatī”ti? — Mais quelle est, Bhanté, cette chose unique par l’abandon de laquelle l’ignorance est abandonnée chez un bhikkhou et la connaissance correcte apparaît?
— “avijjā kho, bhikkhu, eko dhammo yassa pahānā bhikkhuno avijjā pahīyati, vijjā uppajjatī”ti. — Bhikkhou, l’ignorance est cette chose unique par l’abandon de laquelle l’ignorance est abandonnée chez un bhikkhou et la connaissance correcte apparaît.
— “kathaṃ pana, bhante, jānato, kathaṃ passato bhikkhuno avijjā pahīyati, vijjā uppajjatī”ti? — Et comment faut-il connaître, Bhanté, comment faut-il voir pour que l’ignorance soit abandonnée et que la connaissance correcte apparaisse?
— “cakkhuṃ kho, bhikkhu, aniccato jānato passato avijjā pahīyati, vijjā uppajjati. rūpe aniccato jānato passato avijjā pahīyati, vijjā uppajjati. cakkhuviññāṇaṃ… cakkhusamphassaṃ… yampidaṃ cakkhusamphassapaccayā uppajjati vedayitaṃ sukhaṃ vā dukkhaṃ vā adukkhamasukhaṃ vā tampi aniccato jānato passato avijjā pahīyati, vijjā uppajjati. sotaṃ… sadde… sotaviññāṇaṃ… sotasamphassaṃ… yampidaṃ sotasamphassapaccayā uppajjati… ghānaṃ… gandhe… ghānaviññāṇaṃ… ghānasamphassaṃ… yampidaṃ ghānasamphassapaccayā uppajjati… jivhaṃ… rase… jivhaviññāṇaṃ… jivhasamphassaṃ… yampidaṃ jivhasamphassapaccayā uppajjati… kāyaṃ… phoṭṭhabbe… kāyaviññāṇaṃ… kāyasamphassaṃ… yampidaṃ kāyasamphassapaccayā uppajjati… manaṃ… dhamme… manoviññāṇaṃ… manosamphassaṃ… yampidaṃ manosamphassapaccayā uppajjati vedayitaṃ sukhaṃ vā dukkhaṃ vā adukkhamasukhaṃ vā tampi aniccato jānato passato avijjā pahīyati, vijjā uppajjati. evaṃ kho, bhikkhu, jānato evaṃ passato avijjā pahīyati, vijjā uppajjatī”ti. — Bhikkhou, c’est en connaissant et en voyant l’impermanence de l’œil que l’ignorance est abandonnée et que la connaissance correcte apparaît. C’est en connaissant et en voyant l’impermanence des formes [visibles]… de la conscience visuelle… du contact visuel… de tout ce qui apparaît sur la base du contact visuel, que ce soit ressenti comme agréable, désagréable ou neutre que l’ignorance est abandonnée et que la connaissance correcte apparaît. C’est en connaissant et en voyant l’impermanence de l’oreille… des sons… de la conscience auditive… du contact auditif… de tout ce qui apparaît sur la base du contact auditif… du nez… des odeurs… de la conscience olfactive… du contact olfactif… de tout ce qui apparaît sur la base du contact olfactif… de la langue… des saveurs… de la conscience gustative… du contact gustatif… de tout ce qui apparaît sur la base du contact gustatif… du corps… des sensations corporelles… de la conscience corporelle… du contact corporel… de tout ce qui apparaît sur la base du contact corporel… du mental… des phénomènes mentaux… de la conscience mentale… du contact mental… de tout ce qui apparaît sur la base du contact mental, que ce soit ressenti comme agréable, désagréable ou neutre que l’ignorance est abandonnée et que la connaissance correcte apparaît.

 

SN 35.80

 

“kathaṃ pana, bhante, jānato, kathaṃ passato avijjā pahīyati, vijjā uppajjatī”ti? Et comment faut-il connaître, Bhanté, comment faut-il voir pour que l’ignorance soit abandonnée et que la connaissance correcte apparaisse?
“idha, bhikkhu, bhikkhuno sutaṃ hoti: ‘sabbe dhammā nālaṃ abhinivesāyā’ti. evañcetaṃ, bhikkhu, bhikkhuno sutaṃ hoti: ‘sabbe dhammā nālaṃ abhinivesāyā’ti, so sabbaṃ dhammaṃ abhijānāti, sabbaṃ dhammaṃ abhiññāya sabbaṃ dhammaṃ parijānāti, sabbaṃ dhammaṃ pariññāya sabbanimittāni aññato passati, cakkhuṃ aññato passati, rūpe… cakkhuviññāṇaṃ… cakkhusamphassaṃ… yampidaṃ cakkhusamphassapaccayā uppajjati vedayitaṃ sukhaṃ vā dukkhaṃ vā adukkhamasukhaṃ vā tampi aññato passati… sotaṃ… sadde… sotaviññāṇaṃ… sotasamphassaṃ… yampidaṃ sotasamphassapaccayā uppajjati… ghānaṃ… gandhe… ghānaviññāṇaṃ… ghānasamphassaṃ… yampidaṃ ghānasamphassapaccayā uppajjati… jivhaṃ… rase… jivhaviññāṇaṃ… jivhasamphassaṃ… yampidaṃ jivhasamphassapaccayā uppajjati… kāyaṃ… phoṭṭhabbe… kāyaviññāṇaṃ… kāyasamphassaṃ… yampidaṃ kāyasamphassapaccayā uppajjati… manaṃ aññato passati, dhamme… manoviññāṇaṃ… manosamphassaṃ… yampidaṃ manosamphassapaccayā uppajjati vedayitaṃ sukhaṃ vā dukkhaṃ vā adukkhamasukhaṃ vā tampi aññato passati. evaṃ kho, bhikkhu, jānato evaṃ passato bhikkhuno avijjā pahīyati, vijjā uppajjatī”ti. En cela, bhikkhou, un bhikkhou a entendu dire: ‘Aucun phénomène ne mérite qu’on s’y attache’. Ainsi, bhikkhou, un bhikkhou ayant entendu dire qu’aucun phénomène ne mérite qu’on s’y attache connaît directement tous les phénomènes. Connaissant directement tous les phénomènes, il comprend complètement tous les phénomènes. Comprenant complètement tous les phénomènes, il voit tous les objets [de perception] comme étant autres. Il voit l’œil comme étant autre, il voit les formes visibles comme étant autres, il voit la conscience oculaire… le contact oculaire… tout ce qui apparaît sur la base le contact oculaire… l’oreille… les sons… la conscience auditive… le contact auditif… tout ce qui apparaît sur la base le contact auditif… le nez… les odeurs… la conscience olfactive… le contact olfactif… tout ce qui apparaît sur la base le contact olfactif… la langue… les saveurs… la conscience gustative… le contact gustatif… tout ce qui apparaît sur la base le contact gustatif… le corps… les sensations corporelles… la conscience corporelle… le contact corporel… tout ce qui apparaît sur la base le contact corporel… le mental… les phénomènes mentaux… la conscience mentale… le contact mental… tout ce qui apparaît sur la base le contact mental, que ce soit ressenti comme agréable, désagréable ou neutre, il le voit aussi comme étant autre. C’est en connaissant ainsi, bhikkhou, c’est en voyant ainsi que l’ignorance est abandonnée chez un bhikkhou et que la connaissance correcte apparaît.

 

Samādhi:

AN 6.24

 

“chahi, bhikkhave, dhammehi samannāgato bhikkhu himavantaṃ pabbatarājaṃ padāleyya, ko pana vādo chavāya avijjāya! katamehi chahi? Bhikkhous, un bhikkhou doué de six qualités pourrait détruire l’Himalaya, roi des montagnes, et que dire de la misérable ignorance! Quelles sont ces six?
idha, bhikkhave, bhikkhu samādhissa samāpattikusalo hoti, En cela, bhikkhous, un bhikkhou est habile à l’atteinte de la concentration,
samādhissa ṭhitikusalo hoti, il est habile au maintien de la concentration,
samādhissa vuṭṭhānakusalo hoti, il est habile à l’émergence de la concentration,
samādhissa kallitakusalo hoti, il est habile en disposition à la concentration,
samādhissa gocarakusalo hoti, il est habile en nourritures de concentration,
samādhissa abhinīhārakusalo hoti. et il est habile en aspiration à la concentration.

 

Paññā:

AN 2.31

 

vipassanā, bhikkhave, bhāvitā kamatthamanubhoti? paññā bhāvīyati. paññā bhāvitā kamatthamanubhoti? yā avijjā sā pahīyati. En développant la vision discernante, quel bienfait obtient-on? Le discernement se développe. En développant le discernement, quel bienfait obtient-on? L’ignorance est abandonnée.

 

Abhiññā:

SN 45.159

 

katame ca, bhikkhave, dhammā abhiññā pahātabbā? avijjā ca bhavataṇhā ca Et quels sont, bhikkhous, les états mentaux devant être abandonnés par compréhension directe? L’ignorance et l’appétence pour l’existence.

 

Cultiver appamāda et être ātāpī:

MN 19

 

ayaṃ kho me, bhikkhave, rattiyā paṭhame yāme paṭhamā vijjā adhigatā; avijjā vihatā vijjā uppannā; tamo vihato āloko uppanno; yathā taṃ appamattassa ātāpino pahitattassa viharato. Voici, bhikkhous, quelle fut la première connaissance à laquelle je parvins pendant la première partie de la nuit. L’ignorance était détruite, la connaissance correcte était apparue. L’obscurité était vaincue, la lumière était apparue, comme c’est le cas chez celui qui demeure assidu, ardent et voué à l’effort

 

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Le sens d’ātāpī et l’approche de l’ascétisme du Bouddha

 

Lire cet article dans son contexte originel (plus agréable à lire) ici.

ātāpī:

(adj:) ardent, diligent, sérieux dans l’effort, zélé, actif.

Le terme apparaît le plus souvent dans les formules de Satipaṭṭhāna:

DN 22

 

bhikkhu kāye kāyānupassī viharati ātāpīsampajāno satimā, vineyya loke abhijjhā-domanassaṃ. un bhikkhou reste à observer le corps dans le corps, ardent, doué d’une compréhension attentive, présent d’esprit, ayant abandonné convoitise et affliction mentale vis-à-vis du monde.

 

Il est défini explicitement dans l’Anottappī Sutta, par des formules qui rappellent celles qui décrivent sammā·vāyāma:

SN 16.2

 

“kathañcāvuso, ātāpī hoti? idhāvuso, bhikkhu ‘anuppannā me pāpakā akusalā dhammā uppajjamānā anatthāya saṃvatteyyun’ti ātappaṃ karoti, ‘uppannā me pāpakā akusalā dhammā appahīyamānā anatthāya saṃvatteyyun’ti ātappaṃ karoti, ‘anuppannā me kusalā dhammā anuppajjamānā anatthāya saṃvatteyyun’ti ātappaṃ karoti, ‘uppannā me kusalā dhammā nirujjhamānā anatthāya saṃvatteyyun’ti ātappaṃ karoti. evaṃ kho, āvuso, ātāpī hoti. Et comment, ami, est-on ardent? En cela, ami, un bhikkhou s’exerce ardemment [en se disant:] ‘Si les états mentaux mauvais et désavantageux qui ne sont pas apparus se mettent à apparaître, cela mènera à mon malheur.’ Il s’exerce ardemment [en se disant:] ‘Si les états mentaux mauvais et désavantageux qui sont apparus ne sont pas abandonnés, cela mènera à mon malheur.’ Il s’exerce ardemment [en se disant:] ‘Si les états mentaux avantageux qui ne sont pas apparus ne se mettent pas à apparaître, cela mènera à mon malheur.’ Il s’exerce ardemment [en se disant:] ‘Si les états mentaux avantageux qui sont apparus se mettent à disparaître, cela mènera à mon malheur.’ Voici, ami, comment on est ardent.

 

Cette définition est étendue pour inclure la capacité à endurer des dukkha·vedanā extrêmes dans l’Ātappakaraṇīya Sutta:

AN 3.49

 

“yato kho, bhikkhave, bhikkhu anuppannānaṃ pāpakānaṃ akusalānaṃ dhammānaṃ anuppādāya ātappaṃ karoti, anuppannānaṃ kusalānaṃ dhammānaṃ uppādāya ātappaṃ karoti, uppannānaṃ sārīrikānaṃ vedanānaṃ dukkhānaṃ tibbānaṃ kharānaṃ kaṭukānaṃ asātānaṃ amanāpānaṃ pāṇaharānaṃ adhivāsanāya ātappaṃ karoti, ayaṃ vuccati, bhikkhave, bhikkhu ātāpī nipako sato sammā dukkhassa antakiriyāyā”ti. Lorsqu’un bhikkhou exerce son ardeur pour la non-apparition des états mentaux mauvais et désavantageux qui ne sont pas encore apparus, qu’il exerce son ardeur pour l’apparition des états mentaux avantageux qui ne sont pas encore apparus, qu’il exerce son ardeur pour endurer les ressentis corporels apparus qui sont douloureux, incisifs, aigus, perçants, désagréables, déplaisants, menaçant la vie, on dit que ce bhikkhou est ardent, alerte et présent d’esprit pour mettre correctement un terme au mal-être.

 

Un autre exemple de ce que signifie être ātāpī est donné dans le Cara Sutta:

AN 4.11

 

“carato cepi… ṭhitassa cepi… nisinnassa cepi… sayānassa cepi, bhikkhave, bhikkhuno uppajjati kāmavitakko vā byāpādavitakko vā vihiṃsāvitakko vā, taṃ ce bhikkhu nādhivāseti, pajahati vinodeti byantīkaroti anabhāvaṃ gameti, sayānopi, bhikkhave, bhikkhu jāgaro evaṃbhūto ‘ātāpī ottāpī satataṃ samitaṃ āraddhavīriyo pahitatto’ti vuccati. Bhikkhous, si lorsqu’il marche… lorsqu’il se tient debout… lorsqu’il se tient assis… lorsqu’il se tient couché en état de veille, une pensée de sensualité, une pensée de malveillance, ou une pensée de non-inoffensivité apparaît chez un bhikkhou et qu’il n’y consent pas, qu’il l’abandonne, qu’il la dissipe, qu’il l’élimine, qu’il la fait disparaître, on dit d’un bhikkhou se tenant couché dans cet état de veille qu’il est ardent, qu’il est scrupuleux, qu’il est constamment énergique et qu’il se voue à l’effort.

 

Et dans le Sīla Sutta:

AN 4.12

 

“carato cepi… ṭhitassa cepi… nisinnassa cepi… sayānassa cepi, bhikkhave, bhikkhuno jāgarassa abhijjhābyāpādo vigato hoti, thinamiddhaṃ pahīnaṃ hoti, uddhaccakukuccaṃ pahīnaṃ hoti, vicikicchā pahīnā hoti, āraddhaṃ hoti vīriyaṃ asallīnaṃ, upaṭṭhitā sati asammuṭṭhā, passaddho kāyo asāraddho, samāhitaṃ cittaṃ ekaggaṃ, sayānopi, bhikkhave, bhikkhu jāgaro evaṃbhūto ‘ātāpī ottāpī satataṃ samitaṃ āraddhavīriyo pahitatto’ti vuccatī”ti. Bhikkhous, si lorsqu’il marche… lorsqu’il se tient debout… lorsqu’il se tient assis… lorsqu’il se tient couché en état de veille, la convoitise et la malveillance sont éliminées chez un bhikkhou, si la léthargie et la somnolence sont abandonnées, si l’agitation mentale et la préoccupation sont abandonnées, si le doute est abandonné, si son énergie est activée, sans défaillance, si sa présence d’esprit est mise en place, sans étourderie, si son corps est serein, sans excitation, si son esprit est concentré, unifié, alors on dit d’un bhikkhou se tenant couché dans cet état de veille qu’il est ardent, qu’il est scrupuleux, qu’il est constamment énergique et qu’il se voue à l’effort.

 

Une liste de termes liés à ātappaṃ karoti pouvant aider à cerner le sens d’ātāpī est donnée à SN 12.87: sikkhā karoti (pratiquer l’entraînement), yoga karoti (se dédier), chanda karoti (exercer son désir), ussoḷhī karoti (faire un effort), appaṭivānī karoti (exercer sa persistance), vīriyaṃ karoti (exercer son énergie), sātaccaṃ karoti (exercer sa persévérance), satikaroti (exercer sa présence d’esprit), sampajaññaṃ karoti (exercer sa compréhension attentive), appamādo karoti (être assidu).

SN 12.87

 

upādānaṃ, bhikkhave, ajānatā apassatā yathābhūtaṃ upādāne yathābhūtaṃ ñāṇāya sikkhā karaṇīyā… yogo karaṇīyo… chando karaṇīyo… ussoḷhī karaṇīyā… appaṭivānī karaṇīyā… ātappaṃ karaṇīyaṃ… vīriyaṃ karaṇīyaṃ… sātaccaṃ karaṇīyaṃ… sati karaṇīyā… sampajaññaṃ karaṇīyaṃ.. appamādo karaṇīyo. Bhikkhous, celui qui ne connaît pas, qui ne voit l’attachement tel qu’il est dans les faits devrait pratiquer l’entraînement… se dédier… exercer son désir… faire un effort… exercer sa persistance… exercer son ardeur… exercer son énergie… exercer sa persévérance… exercer sa présence d’esprit… exercer la compréhension attentive… être assidu afin de connaître l’attachement tel qu’il est dans les faits.

 

On trouve à DN 3 une autre liste qui rajoute padhānaanuyoga et sammā·manasikāra (probablement un synonyme de yoniso manasikāra):

DN 3

 

ekacco samaṇo vā brāhmaṇo vā ātappamanvāya padhānamanvāya anuyogamanvāya appamādamanvāya sammāmanasikāramanvāya tathārūpaṃ cetosamādhiṃ phusati Un certain renonçant ou brahmane, par son ardeur, par son effort, par sa persévérance, par son assiduité, par ses considérations correctes, atteint une telle concentration de l’esprit

 

Certains souttas aident à comprendre ce que signifie être ātāpī, dans le sens où ils expliquent ce qui peut arriver lorsque le pratiquant se trouve dans cet état:

SN 36.7

 

“tassa ce, bhikkhave, bhikkhuno evaṃ satassa sampajānassa appamattassa ātāpino pahitattassa viharato uppajjati sukhā vedanā… dukkhā vedanā… adukkhamasukhā vedanā so evaṃ pajānāti: ‘uppannā kho myāyaṃ adukkhamasukhā vedanā. sā ca kho paṭicca, no appaṭicca. kiṃ paṭicca? imameva kāyaṃ paṭicca. ayaṃ kho pana kāyo anicco saṅkhato paṭiccasamuppanno. aniccaṃ kho pana saṅkhataṃ paṭiccasamuppannaṃ kāyaṃ paṭicca uppannā adukkhamasukhā vedanā kuto niccā bhavissatī’ti! so kāye ca adukkhamasukhāya vedanāya aniccānupassī viharati, vayānupassī viharati, virāgānupassī viharati, nirodhānupassī viharati, paṭinissaggānupassī viharati. tassa kāye ca adukkhamasukhāya ca vedanāya aniccānupassino viharato, vayānupassino viharato, virāgānupassino viharato, nirodhānupassino viharato, paṭinissaggānupassino viharato, yo kāye ca adukkhamasukhāya ca vedanāya avijjānusayo, so pahīyati. Lorsque chez un bhikkhou demeurant ainsi présent d’esprit, doué de compréhension attentive, diligent, ardent et voué à l’effort, apparaît un ressenti agréable… désagréable… neutre, il comprend ainsi: ‘Ce ressenti neutre est apparu en moi, et il est apparu sur la base de quelque chose, pas sur la base de rien. Sur la base de quoi? Sur la base de ce corps. Et ce corps est inconstant, conditionné, et apparu de manière dépendante. Comment donc un ressenti neutre étant apparu sur la base de ce corps, qui est inconstant, conditionné, et apparu de manière dépendante, pourrait-il être constant? Il reste à observer l’inconstance dans le corps et le ressenti neutre, il reste à observer l’arrêt, il reste à observer la disparition, il reste à observer la cessation, il reste à observer le rejet. Lorsqu’il reste à observer l’inconstance dans le corps et le ressenti neutre, qu’il reste à observer l’arrêt, qu’il reste à observer la disparition, qu’il reste à observer la cessation, qu’il reste à observer le rejet, tout penchant latent à l’ignorance envers le corps et le ressenti neutre est abandonné.

 

Pour une compréhension plus approfondie de ce que l’expression a pu signifier à l’époque, il est intéressant de se pencher sur les mots de la même famille. On peut commencer par noter que le mot Sanskrit le plus proche est ātapya (आतप्य), qui signifie ‘être sous le soleil’.

1) Le premier niveau de connotation est illustré par le verbe tapati, qui signifie ‘briller’, comme à SN 1.26: ‘divā tapati ādicco’ (le soleil brille pendant le jour) ou à SN 21.11: ‘sannaddho khattiyo tapati’ (le khattiyabrille, vêtu de son armure).

2) Le deuxième niveau de connotation peut être dérivé du premier en notant que dans un climat tropical, rester au soleil se révèle généralement être une expérience chaude et déplaisante, ce qui pourrait être la raison pour laquelle tapati finit par faire référence au dukkha·vipāka qui apparaît suite à un akusala kamma. Ainsi, à AN 10.141, le micchā·paṭipadā à dix composantes est appelé ‘l’enseignement qui cause la tourmente’ (tapanīyo dhammo). Le Tapanīya Sutta fournit davantage de détails au sujet de la nature de ces tourments:

AN 2.3

 

“dveme, bhikkhave, dhammā tapanīyā. katame dve? idha, bhikkhave, ekaccassa kāyaduccaritaṃ kataṃ hoti, akataṃ hoti kāyasucaritaṃ; vacīduccaritaṃ kataṃ hoti; akataṃ hoti vacīsucaritaṃ; manoduccaritaṃ kataṃ hoti, akataṃ hoti manosucaritaṃ. so ‘kāyaduccaritaṃ me katan’ti tappati, ‘akataṃ me kāyasucaritan’ti tappati; ‘vacīduccaritaṃ me katan’ti tappati, ‘akataṃ me vacīsucaritan’ti tappati; ‘manoduccaritaṃ me katan’ti tappati, ‘akataṃ me manosucaritan’ti tappati. ime kho, bhikkhave, dve dhammā tapanīyā”ti. Bhikkhous, ces deux choses provoquent le tourment. Quelles sont ces deux? En cela, bhikkhous, un certain individu s’est engagé dans la méconduite corporelle et pas dans la bonne conduite corporelle; il s’est engagé dans la méconduite verbale et pas dans la bonne conduite verbale; il s’est engagé dans la méconduite mentale et pas dans la bonne conduite mentale. Il est mortifié, [en pensant]: ‘Je me suis engagé dans la méconduite corporelle’; il est mortifié, [en pensant]: ‘Je ne me suis pas engagé dans la bonne conduite corporelle’; il est mortifié, [en pensant]: ‘Je me suis engagé dans la méconduite verbale’; il est mortifié, [en pensant]: ‘Je ne me suis pas engagé dans la bonne conduite verbale’; il est mortifié, [en pensant]: ‘Je me suis engagé dans la méconduite mentale’; il est mortifié, [en pensant]: ‘Je ne me suis pas engagé dans la bonne conduite mentale.’ Voici, bhikkhous, quelles sont ces deux choses qui provoquent le tourment.

 

On trouve également divers exemples de mots liés à tapati, utilisés en référence à dukkha·vipāka ainsi qu’au remords dont celui qui a mal agi fait l’expérience:

SN 2.8

 

akataṃ dukkaṭaṃ seyyo, pacchā tapatidukkaṭaṃ. Il vaut mieux ne pas réaliser une mauvaise action, car une mauvaise action, plus tard, apporte le tourment.

 

SN 2.22

 

na taṃ kammaṃ kataṃ sādhu, yaṃ katvā anutappati. Une action qui, une fois réalisée, apporte le tourment n’est pas bien réalisée.

 

Dhp 17

 

idha tappati pecca tappati,
pāpakārī ubhayattha tappati.
‘pāpaṃ me katan’ti tappati,
bhiyyo tappati duggatiṃ gato.
Celui qui fait le mal est tourmenté ici et est tourmenté dans l’au-delà,
Il est tourmenté dans les deux [mondes].
Il est tourmenté, [en pensant]: ‘J’ai fait le mal’,
Et il est tourmenté encore plus lorsqu’il se rend dans une mauvaise destination [après la mort].

 

 

3) La troisième nuance de connotation peut également être dérivée de la première, puisque rester sous le soleil peut aussi être un symbole pour l’effort physique, par exemple pour gagner sa vie:

AN 5.33

 

“yo naṃ bharati sabbadā,
niccaṃ ātāpi ussuko.
sabbakāmaharaṃ posaṃ,
bhattāraṃ nātimaññati.
Celui qui s’occupe toujours d’elle
Constamment ardent et zélé
L’homme qui lui apporte ce qu’elle désire,
Son mari elle ne méprise point.

 

Dans un autre exemple, une personne subjuguée par les trois akusala·mūlas ne fait aucun effort pour corriger les faussetés qu’il entend:

AN 3.69

 

abhūtena vuccamāno ātappaṃ karoti tassa nibbeṭhanāya itipetaṃ atacchaṃ itipetaṃ abhūtanti. lorsqu’on lui parle de ce qui n’est pas factuel, il fait un effort pour le corriger et donner les raisons pour lesquelles c’est faux et non factuel

 

 

4) La quatrième connotation, plus forte, est celle de l’ascétisme ou des austérités.

MN 12

 

iti evarūpaṃ anekavihitaṃ kāyassa ātāpana-paritāpan-ānuyogamanuyutto viharāmi. idaṃsu me, sāriputta, tapassitāya hoti. Ainsi, je me consacrais de diverses manières à la pratique de tourmenter et mortifier le corps. Tel était mon ascétisme.

 

Ces austérités sont décrites dans le Kandaraka Sutta:

MN 51

 

“katamo ca, bhikkhave, puggalo attantapoattaparitāpanānuyogamanuyutto? idha, bhikkhave, ekacco puggalo acelako hoti muttācāro hatthāpalekhano naehibhaddantiko natiṭṭhabhaddantiko; nābhihaṭaṃ na uddissakataṃ na nimantanaṃ sādiyati; so na kumbhimukhā paṭiggaṇhāti na kaḷopimukhā paṭiggaṇhāti na eḷakamantaraṃ na daṇḍamantaraṃ na musalamantaraṃ na dvinnaṃ bhuñjamānānaṃ na gabbhiniyā na pāyamānāya na purisantaragatāya na saṅkittīsu na yattha sā upaṭṭhito hoti na yattha makkhikā saṇḍasaṇḍacārinī; na macchaṃ na maṃsaṃ na suraṃ na merayaṃ na thusodakaṃ pivati. Et quel est, bhikkhous, l’individu qui se mortifie lui-même et se voue à la pratique de se torturer lui-même? En cela, un certain individu pratique la nudité, rejetant les conventions, léchant ses mains après son repas, ne venant pas lorsqu’on le lui demande, ne s’arrêtant pas lorsqu’on le lui demande. Il n’accepte pas ce qu’on lui offre, ni ce qu’on lui adresse, ni une invitation. Il ne reçoit rien qui provienne du bord d’une jarre, il ne reçoit rien qui provienne du bord d’une casserole, rien qui soit passé par le seuil d’une maison, rien qui vienne avec un bâton, rien qui ait été passé au pilon, rien qui ait été donné par deux personnes mangeant ensemble, rien qui ait été donné par une femme enceinte, rien qui ait été donné par une femme qui alaite, rien qui ait été donné par une femme qui fréquente les hommes, rien qui provienne d’un endroit où il a été déclaré que de la nourriture serait distribuée, rien qui provienne d’un endroit où un chien attend, rien qui provienne d’un endroit où il y a des nuages de mouches. Il n’accepte ni poisson ni viande, il ne boit ni liqueur, ni boisson fermentée, ni bière.
so ekāgāriko vā hoti ekālopiko, dvāgāriko vā hoti dvālopiko… sattāgāriko vā hoti sattālopiko; ekissāpi dattiyā yāpeti, dvīhipi dattīhi yāpeti… sattahipi dattīhi yāpeti; ekāhikampi āhāraṃ āhāreti, dvīhikampi āhāraṃ āhāreti… sattāhikampi āhāraṃ āhāreti iti evarūpaṃ aḍḍhamāsikaṃ pariyāyabhattabhojanānuyogamanuyutto viharati. Il s’en tient à une maison et un morceau de nourriture, ou deux maisons et deux morceaux de nourriture… ou sept maisons et sept morceaux de nourriture. Il se nourrit d’une offrande [par jour], il se nourrit de deux offrandes [par jour]… il se nourrit de sept offrandes [par jour]. Il mange de la nourriture une fois par jour, il mange de la nourriture une fois tous les deux jours… il mange de la nourriture une fois tous les sept jours. Ainsi, il se consacre à la pratique de ne manger de repas qu’à certains intervalles s’étendant jusqu’à un demi-mois.
so sākabhakkho vā hoti, sāmākabhakkho vā hoti, nīvārabhakkho vā hoti, daddulabhakkho vā hoti, haṭabhakkho vā hoti, kaṇabhakkho vā hoti, ācāmabhakkho vā hoti, piññākabhakkho vā hoti, tiṇabhakkho vā hoti, gomayabhakkho vā hoti; vanamūlaphalāhāro yāpeti pavattaphalabhojī. so sāṇānipi dhāreti, masāṇānipi dhāreti, chavadussānipi dhāreti, paṃsukūlānipi dhāreti, tirīṭānipi dhāreti, ajinampi dhāreti, ajinakkhipampi dhāreti, kusacīrampi dhāreti, vākacīrampi dhāreti, phalakacīrampi dhāreti, kesakambalampi dhāreti, vāḷakambalampi dhāreti, ulūkapakkhampi dhāreti; kesamassulocakopi hoti, kesamassulocanānuyogamanuyutto, ubbhaṭṭhakopi hoti āsanapaṭikkhitto, ukkuṭikopi hoti ukkuṭikappadhānamanuyutto, kaṇṭakāpassayikopi hoti kaṇṭakāpassaye seyyaṃ kappeti; sāyatatiyakampi udakorohanānuyogamanuyutto viharati iti evarūpaṃ anekavihitaṃ kāyassa ātāpanaparitāpanānuyogamanuyutto viharati. ayaṃ vuccati, bhikkhave, puggalo attantapo attaparitāpanānuyogamanuyutto. Il ne mange que des légumes, ou bien il ne mange que du millet, ou il ne mange que du riz brut, ou il ne mange que du riz daddoula, ou il ne mange que des plantes d’eau, ou il ne mange que du son de riz, ou il ne mange que de la mousse de riz, ou il ne mange que de la farine de sésame, ou il ne mange que des herbes, ou bien il ne mange que de la bouse de vache. Il se nourrit de racines et de fruits de la forêt, il se nourrit de fruits tombés. Il porte des haillons en chanvre, il porte des haillons de chanvre mélangé, il porte un linceul, il porte des haillons abandonnés comme déchets, il porte des haillons en écorce de tirita, il porte une peau d’antilope, il porte un manteau en peau d’antilope, il porte des haillons en herbe koussa, il porte des haillons faits d’écorces, il porte des haillons faits en bandes d’écorces, il porte une couverture faite de cheveux, il porte une couverture faite en laine d’animaux sauvages, il porte des haillons faits d’ailes de hiboux. Il s’arrache les cheveux et la barbe, et se consacre à la pratique consistant à s’arracher les cheveux et la barbe, il se tient constamment debout, rejetant la position assise, il se tient accroupi et se consacre à la pratique consistant à l’effort de se tenir accroupi, il s’allonge sur des pics et fait d’un ensemble de pics son matelas, il se consacre à la pratique de se baigner dans l’eau une troisième fois le soir venu. Ainsi, il se consacre à la pratique de mortifier et torturer le corps de diverses manières.

 

Étant donnée d’une part la proximité du terme ātāpī avec le vocabulaire de l’austérité et des mortifications de soi, et de l’autre le fait que le Bouddha recommande d’être ātāpī (surtout dans les formules décrivant les satipaṭṭhānas), et sachant qu’il rejette pourtant la mortification de soi, afin de comprendre plus précisément ce qu’il entendait par ātāpī, il semble utile d’examiner plus en détail quelle était la position du Bouddha par rapport à la pratique des austérités.

En premier lieu, il faut garder à l’esprit que le Bouddha rejette clairement la mortification de soi, dès son premier discours, le Dhamma·cakka·ppavattana Sutta:

SN 56.11

 

“dveme, bhikkhave, antā pabbajitena na sevitabbā. katame dve? yo cāyaṃ kāmesu kāmasukhallikānuyogo hīno gammo pothujjaniko anariyo anatthasaṃhito, yo cāyaṃ attakilamathānuyogo dukkho anariyo anatthasaṃhito. Bhikkhous, ces deux extrêmes ne devraient pas être poursuivis par ceux qui ont quitté le foyer. Quels sont ces deux? La poursuite du bien-être sensuel dans la sensualité, qui est inférieure, vulgaire, qui est caractéristique des gens ordinaires, ig·noble et préjudiciable, et la poursuite de la mortification de soi, qui est douloureuse, ig·noble et préjudiciable.

 

Mais dans le Vajjiyamāhita Sutta, le Bouddha dit qu’il ne rejette pas catégoriquement ‘tout ascétisme’ ni ‘tout ascète menant une vie rude’, puisque cela dépend de savoir si les pratiques en question éliminent ou non les états mentaux désavantageux et contribuent au développement des états mentaux avantageux:

AN 10.94

 

— “saccaṃ kira, gahapati, samaṇo gotamo sabbaṃ tapaṃ garahati, sabbaṃ tapassiṃ lūkhājīviṃ ekaṃsena upakkosati upavadatī”ti? — Est-il vrai, maître de maison, que le renonçant Gotama réprouve tout ascétisme, qu’il désapprouve et critique catégoriquement tout ascètemenant une vie rude?
— “na kho, bhante, bhagavā sabbaṃ tapaṃ garahati napi sabbaṃ tapassiṃ lūkhājīviṃ ekaṃsena upakkosati upavadati. — Bhanté, le Fortuné ne réprouve pas tout ascétisme, et ne désapprouve pas ni ne critique catégoriquement tout ascète menant une vie rude.
… [Le Fortuné:]
nāhaṃ, gahapati, sabbaṃ tapaṃ tapitabbanti vadāmi; na ca panāhaṃ, gahapati, sabbaṃ tapaṃ na tapitabbanti vadāmi; nāhaṃ, gahapati, sabbaṃ samādānaṃ samāditabbanti vadāmi; na panāhaṃ, gahapati, sabbaṃ samādānaṃ na samāditabbanti vadāmi; nāhaṃ, gahapati, sabbaṃ padhānaṃ padahitabbanti vadāmi; na panāhaṃ, gahapati, sabbaṃ padhānaṃ na padahitabbanti vadāmi; nāhaṃ, gahapati, sabbo paṭinissaggo paṭinissajjitabboti vadāmi. na panāhaṃ, gahapati, sabbo paṭinissaggo na paṭinissajjitabboti vadāmi; nāhaṃ, gahapati, sabbā vimutti vimuccitabbāti vadāmi; na panāhaṃ, gahapati, sabbā vimutti na vimuccitabbāti vadāmi. Je ne dis pas, maître de maison, que toute forme d’ascétisme devrait être pratiquée, et je ne dis pas non plus qu’aucune forme d’ascétismene devrait être pratiquée. Je ne dis pas que toute observance devrait être pratiquée, et je ne dis pas non plus qu’aucune observance ne devrait être pratiquée. Je ne dis pas que tout type d’effort devrait être effectué, et je ne dis pas non plus qu’aucun type d’effort ne devrait être effectué. Je ne dis pas que toute forme de renonciation devrait être effectuée, et je ne dis pas non plus qu’aucune forme de renonciation ne devrait être effectuée. Je ne dis pas que tout type de libération devrait être atteint, et je ne dis pas non plus qu’aucun type de libération ne devrait être atteint.
“yañhi, gahapati, tapaṃ tapato akusalā dhammā abhivaḍḍhanti, kusalā dhammā parihāyanti, evarūpaṃ tapaṃ na tapitabbanti vadāmi. yañca khvassa gahapati, tapaṃ tapato akusalā dhammā parihāyanti, kusalā dhammā abhivaḍḍhanti, evarūpaṃ tapaṃ tapitabbantivadāmi. Maître de maison, si en pratiquant une certaine forme d’ascétismeles états mentaux désavantageux se développent et les états mentaux avantageux déclinent, alors je ne dis pas qu’une telle forme d’ascétisme devrait être pratiquée. Mais si en pratiquant une certaine forme d’ascétisme les états mentaux désavantageux déclinent et les états mentaux avantageux se développent, alors je dis qu’une telle forme d’ascétisme devrait être pratiquée.
“yañhi, gahapati, samādānaṃ samādiyato… padhānaṃ padahato… paṭinissaggaṃ paṭinissajjato… vimuttiṃ vimuccato akusalā dhammā abhivaḍḍhanti, kusalā dhammā parihāyanti, evarūpā vimutti na vimuccitabbāti vadāmi. yañca khvassa, gahapati, vimuttiṃ vimuccato akusalā dhammā parihāyanti, kusalā dhammā abhivaḍḍhanti, evarūpā vimutti vimuccitabbāti vadāmī”ti. Si en pratiquant une certaine observance… un certain type d’effort… une certaine forme de renonciation… un certain type de libération les états mentaux désavantageux se développent et les états mentaux avantageux déclinent, alors je ne dis pas qu’un tel type de libération devrait être atteint. Mais si en atteignant un certain type de libération les états mentaux désavantageux déclinent et les états mentaux avantageux se développent, alors je dis qu’un tel type de libération devrait être atteint.

 

Mais de nouveau, par contraste, dans le Rāsiya Sutta, sans toutefois rejeter ‘tout ascétisme’ ni ‘tout ascète menant une vie rude’, le Bouddha semble pourtant rejeter catégoriquement le fait de se mortifier et se torturer soi-même (attānaṃ ātāpeti paritāpeti), en le présentant comme une raison suffisante en elle-même pour mériter la désapprobation:

SN 42.12

 

ekamantaṃ nisinno kho rāsiyo gāmaṇi bhagavantaṃ etadavoca: Une fois assis d’un côté, le chef de village Rasiya dit au Fortuné:
— “sutaṃ metaṃ, bhante, ‘samaṇo gotamo sabbaṃ tapaṃ garahati, sabbaṃ tapassiṃ lūkhajīviṃ ekaṃsena upavadati upakkosatī’ti . ye te, bhante, evamāhaṃsu… kacci te, bhante, bhagavato vuttavādino, na ca bhagavantaṃ abhūtena abbhācikkhanti, dhammassa cānudhammaṃ byākaronti, na ca koci sahadhammiko vādānuvādo gārayhaṃ ṭhānaṃ āgacchatī”ti? — Bhanté, j’ai entendu dire: ‘Le renonçant Gotama réprouve tout ascétisme, il désapprouve et critique catégoriquement tout ascètemenant une vie rude.’ Ceux qui disent cela, Bhanté… est-ce qu’ils disent ce qui a été dit par le Fortuné ou bien le représentent-ils faussement avec ce qui est incorrect? Est-ce qu’ils expliquent le Dhamma tel qu’il est, sans s’exposer à la critique de leurs pairs ni s’engager dans ce qui est matière à reproches?
— “ye te, gāmaṇi, evamāhaṃsu… na me te vuttavādino, abbhācikkhanti ca pana maṃ te asatā tucchā abhūtena”. — Ceux qui déclarent cela, chef de village… ne disent pas ce que j’ai dit, et ils me représentent faussement avec ce qui est erroné, vide et incorrect.
“tatra, gāmaṇi, yvāyaṃ tapassī lūkhajīvī attānaṃ ātāpeti paritāpeti, kusalañca dhammaṃ adhigacchati, uttari ca manussadhammā alamariyañāṇadassanavisesaṃ sacchikaroti. ayaṃ, gāmaṇi, tapassī lūkhajīvī ekena ṭhānena gārayho, dvīhi ṭhānehi pāsaṃso. katamena ekena ṭhānena gārayho? attānaṃ ātāpeti paritāpetīti, iminā ekena ṭhānena gārayho. katamehi dvīhi ṭhānehi pāsaṃso? kusalañca dhammaṃ adhigacchatīti, iminā paṭhamena ṭhānena pāsaṃso. uttari ca manussadhammā alamariyañāṇadassanavisesaṃ sacchikarotīti, iminā dutiyena ṭhānena pāsaṃso. En cela, chef de village, en ce qui concerne l’ascète menant une vie rude qui se mortifie et se torture lui-même, et cependant parvient à un état avantageux, réalise un état surhumain, une distinction en connaissance & vision digne des êtres nobles, cet ascète est critiquable pour une raison et est louable pour deux raisons. Et quelle est la raison pour laquelle il est critiquable? La raison pour laquelle il est critiquable est qu’il se mortifie et se torture lui-même. Et quelles sont les deux raisons pour lesquelles il est louable? La première raison pour laquelle il est louable est qu’il parvient à un état avantageux. La deuxième raison pour laquelle il est louable est qu’il réalise un état surhumain, une distinction en connaissance & vision digne des êtres nobles.

 

Cependant, cette même association de verbes, ‘ātāpeti paritāpeti’ (signifiant ici chauffer et brûler), est aussi utilisée (bien qu’avec une connotation différente) à MN 101 dans une allégorie illustrant un type de pratique désagréable mais toutefois recommandé:

MN 101

 

“kathañca, bhikkhave, saphalo upakkamo hoti, saphalaṃ padhānaṃ? idha, bhikkhave, bhikkhu na heva anaddhabhūtaṃ attānaṃ dukkhena addhabhāveti, dhammikañca sukhaṃ na pariccajati, tasmiñca sukhe anadhimucchito hoti. so evaṃ pajānāti: ‘imassa kho me dukkhanidānassa saṅkhāraṃ padahato saṅkhārappadhānā virāgo hoti, imassa pana me dukkhanidānassa ajjhupekkhato upekkhaṃ bhāvayato virāgo hotī’ti. so yassa hi khvāssa dukkhanidānassa saṅkhāraṃ padahato saṅkhārappadhānā virāgo hoti, saṅkhāraṃ tattha padahati. yassa panassa dukkhanidānassa ajjhupekkhato upekkhaṃ bhāvayato virāgo hoti, upekkhaṃ tattha bhāveti. tassa tassa dukkhanidānassa saṅkhāraṃ padahato saṅkhārappadhānā virāgo hoti. evampissa taṃ dukkhaṃ nijjiṇṇaṃ hoti. tassa tassa dukkhanidānassa ajjhupekkhato upekkhaṃ bhāvayato virāgo hoti. evampissa taṃ dukkhaṃ nijjiṇṇaṃ hoti. « Et comment, bhikkhous, le travail porte-t-il ses fruits, comment l’effort porte-t-il ses fruits? En cela, bhikkhous, un bhikkhou, lorsqu’il n’est pas accablé, ne s’accable pas de mal-être, et ne rejette pas le bien-être qui est en accord avec le Dhamma, bien qu’il ne s’infatue pas de ce bien-être. Il comprend: ‘Lorsque je m’efforce avec volonté, cette source de mal-être disparaît en moi à cause de cet effort volontaire. Et lorsque j’observe avec équanimité, cette source de mal-être disparaît en moi tandis que je développe l’équanimité.’ Alors il s’efforce avec volonté par rapport à cette source de mal-être qui disparaît en lui à cause de cet effort volontaire, et il développe l’équanimité par rapport à cette source de mal-être qui disparaît en lui tandis qu’il développe l’équanimité. Lorsqu’il s’efforce avec volonté, telle ou telle source de mal-être disparaît en lui à cause de cet effort volontaire. Lorsqu’il observe avec équanimité, telle ou telle source de mal-être disparaît en lui tandis qu’il développe l’équanimité. Ainsi, ce mal-être est épuisé.
“seyyathāpi, bhikkhave, puriso itthiyā sāratto paṭibaddhacitto tibbacchando tibbāpekkho. so taṃ itthiṃ passeyya aññena purisena saddhiṃ santiṭṭhantiṃ sallapantiṃ sañjagghantiṃ saṃhasantiṃ. taṃ kiṃ maññatha, bhikkhave, api nu tassa purisassa amuṃ itthiṃ disvā aññena purisena saddhiṃ santiṭṭhantiṃ sallapantiṃ sañjagghantiṃ saṃhasantiṃ uppajjeyyuṃ soka-parideva-dukkha-domanass-ūpāyāsā”ti? « Imaginez, bhikkhous, qu’un homme tombe amoureux d’une femme, que son esprit soit attaché à elle par un désir intense, par une passion intense. Il la verrait se tenant debout avec un autre homme, discutant, blaguant et riant. Qu’en pensez-vous, bhikkhous: tandis qu’il la verrait se tenant ainsi debout avec un autre homme, discutant, blaguant et riant, est-ce que le chagrin, les lamentations, les douleurs, les afflictions mentales et la détresse apparaîtraient?
— “evaṃ, bhante”. — Oui, Bhanté.
— “taṃ kissa hetu”? — Et quelle en est la raison?
— “amu hi, bhante, puriso amussā itthiyā sāratto paṭibaddhacitto tibbacchando tibbāpekkho… soka-parideva-dukkha-domanass-ūpāyāsā”ti. — C’est parce qu’il est tombé amoureux de cette femme, que son esprit est attaché à elle par un désir intense, par une passion intense… qu’apparaissent le chagrin, les lamentations, les douleurs, les afflictions mentales et la détresse.
— “atha kho, bhikkhave, tassa purisassa evamassa: ‘ahaṃ kho amussā itthiyā sāratto paṭibaddhacitto tibbacchando tibbāpekkho. tassa me amuṃ itthiṃ disvā aññena purisena saddhiṃ santiṭṭhantiṃ sallapantiṃ sañjagghantiṃ saṃhasantiṃ uppajjanti sokaparidevadukkhadomanassūpāyāsā. yaṃnūnāhaṃ yo me amussā itthiyā chandarāgo taṃ pajaheyyan’ti. so yo amussā itthiyā chandarāgo taṃ pajaheyya. so taṃ itthiṃ passeyya aparena samayena aññena purisena saddhiṃ santiṭṭhantiṃ sallapantiṃ sañjagghantiṃ saṃhasantiṃ. taṃ kiṃ maññatha, bhikkhave, api nu tassa purisassa amuṃ itthiṃ disvā aññena purisena saddhiṃ santiṭṭhantiṃ sallapantiṃ sañjagghantiṃ saṃhasantiṃ uppajjeyyuṃ sokaparidevadukkhadomanassūpāyāsā”ti? — Alors, bhikkhous, cet homme se dirait: ‘Je suis tombé amoureux de cette femme, mon esprit étant attaché à elle par un désir intense, par une passion intense, et lorsque je la vois se tenant debout avec un autre homme, discutant, blaguant et riant, le chagrin, les lamentations, les douleurs, les afflictions mentales et la détresse apparaissent. Et si j’abandonnais mon désir avide envers cette femme?’ Alors il abandonnerait son désir avide envers cette femme, et plus tard, il la verrait se tenant debout avec un autre homme, discutant, blaguant et riant. Qu’en pensez-vous, bhikkhous: tandis qu’il la verrait se tenant ainsi debout avec un autre homme, discutant, blaguant et riant, est-ce que le chagrin, les lamentations, les douleurs, les afflictions mentales et la détresse apparaîtraient?
— “no hetaṃ, bhante”. — Non, Bhanté.
— “taṃ kissa hetu”? — Et quelle en est la raison?
— “amu hi, bhante, puriso amussā itthiyā virāgo. tasmā taṃ itthiṃ disvā aññena purisena saddhiṃ santiṭṭhantiṃ sallapantiṃ sañjagghantiṃ saṃhasantiṃ na uppajjeyyuṃ sokaparidevadukkhadomanassūpāyāsā”ti. — C’est parce qu’il s’est dépassionné vis-à-vis de cette femme, que tandis qu’il voit cette femme se tenant debout avec un autre homme, discutant, blaguant et riant, le chagrin, les lamentations, les douleurs, les afflictions mentales et la détresse n’apparaissent pas.
— “evameva kho, bhikkhave, bhikkhu na heva anaddhabhūtaṃ attānaṃ dukkhena addhabhāveti, dhammikañca sukhaṃ na pariccajati, tasmiñca sukhe anadhimucchito hoti. so evaṃ pajānāti: ‘imassa kho me dukkhanidānassa saṅkhāraṃ padahato saṅkhārappadhānā virāgo hoti, imassa pana me dukkhanidānassa ajjhupekkhato upekkhaṃ bhāvayato virāgo hotī’ti. so yassa hi khvāssa dukkhanidānassa saṅkhāraṃ padahato saṅkhārappadhānā virāgo hoti, saṅkhāraṃ tattha padahati; yassa panassa dukkhanidānassa ajjhupekkhato upekkhaṃ bhāvayato virāgo hoti, upekkhaṃ tattha bhāveti. tassa tassa dukkhanidānassa saṅkhāraṃ padahato saṅkhārappadhānā virāgo hoti: evampissa taṃ dukkhaṃ nijjiṇṇaṃ hoti. tassa tassa dukkhanidānassa ajjhupekkhato upekkhaṃ bhāvayato virāgo hoti: evampissa taṃ dukkhaṃ nijjiṇṇaṃ hoti. evampi, bhikkhave, saphalo upakkamo hoti, saphalaṃ padhānaṃ. — De la même manière, bhikkhous, un bhikkhou, lorsqu’il n’est pas accablé, ne s’accable pas de mal-être, et ne rejette pas le bien-être qui est en accord avec le Dhamma, bien qu’il ne s’infatue pas de ce bien-être. Il comprend: ‘Lorsque je m’efforce avec volonté, cette source de mal-être disparaît en moi à cause de cet effort volontaire. Et lorsque j’observe avec équanimité, cette source de mal-être disparaît en moi tandis que je développe l’équanimité.’ Alors il s’efforce avec volonté par rapport à cette source de mal-être qui disparaît en lui à cause de cet effort volontaire, et il développe l’équanimité par rapport à cette source de mal-être qui disparaît en lui tandis qu’il développe l’équanimité. Lorsqu’il s’efforce avec volonté, telle ou telle source de mal-être disparaît en lui à cause de cet effort volontaire. Lorsqu’il observe avec équanimité, telle ou telle source de mal-être disparaît en lui tandis qu’il développe l’équanimité. Ainsi, ce mal-être est épuisé. Voici, bhikkhous, comment le travail porte ses fruits, comment l’effort porte ses fruits.
“puna caparaṃ, bhikkhave, bhikkhu iti paṭisañcikkhati: ‘yathāsukhaṃ kho me viharato akusalā dhammā abhivaḍḍhanti, kusalā dhammā parihāyanti; dukkhāya pana me attānaṃ padahato akusalā dhammā parihāyanti, kusalā dhammā abhivaḍḍhanti. yaṃnūnāhaṃ dukkhāya attānaṃ padaheyyan’ti. so dukkhāya attānaṃ padahati. tassa dukkhāya attānaṃ padahato akusalā dhammā parihāyanti kusalā dhammā abhivaḍḍhanti. so na aparena samayena dukkhāya attānaṃ padahati. taṃ kissa hetu? yassa hi so, bhikkhave, bhikkhu atthāya dukkhāya attānaṃ padaheyya svāssa attho abhinipphanno hoti. tasmā na aparena samayena dukkhāya attānaṃ padahati. De plus, bhikkhous, un bhikkhou considère ceci: ‘Lorsque je vis comme cela me plaît, les états mentaux désavantageux se développent et les états mentaux avantageux déclinent. Lorsque je m’efforce dans ce qui est désagréable, les états mentaux désavantageux déclinent et les états mentaux avantageux se développent. Et si je m’efforçais dans ce qui est désagréable?’ Alors il s’efforce dans ce qui est désagréable. Et tandis qu’il s’efforce dans ce qui est désagréable, les états mentaux désavantageux déclinent et les états mentaux avantageux se développent. Plus tard, il ne s’efforce plus dans ce qui est désagréable. Et quelle en est la raison? Parce qu’il a atteint l’objectif en dessein duquel il s’efforçait dans ce qui est désagréable. C’est pourquoi plus tard, il ne s’efforce plus dans ce qui est désagréable.
seyyathāpi, bhikkhave, usukāro tejanaṃ dvīsu alātesu ātāpeti paritāpeti ujuṃ karoti kammaniyaṃ. yato kho, bhikkhave, usukārassa tejanaṃ dvīsu alātesu ātāpitaṃ hoti paritāpitaṃ ujuṃ kataṃ kammaniyaṃ, na so taṃ aparena samayena usukāro tejanaṃ dvīsu alātesu ātāpeti paritāpetiujuṃ karoti kammaniyaṃ. taṃ kissa hetu? yassa hi so, bhikkhave, atthāya usukāro tejanaṃ dvīsu alātesu ātāpeyya paritāpeyya ujuṃ kareyya kammaniyaṃ svāssa attho abhinipphanno hoti. tasmā na aparena samayena usukāro tejanaṃ dvīsu alātesu ātāpeti paritāpeti ujuṃ karoti kammaniyaṃ. Imaginez, bhikkhous, qu’un fabricant de flèches chauffe et brûle un corps de flèche entre deux flammes pour le rendre droit et pliable. Lorsque le corps de flèche aurait été chauffé et brûlé par le fabricant de flèches entre deux flammes pour le rendre droit et pliable, plus tard le fabricant de flèches ne chaufferait et ne brûlerait plus le corps de flèche entre deux flammes pour le rendre droit et pliable. Et quelle en est la raison? Parce qu’il a atteint l’objectif en dessein duquel il chauffait et brûlait le corps de flèche. C’est pourquoi plus tard, il ne chauffe et ne brûle plus le corps de flèche entre deux flammes pour le rendre droit et pliable.
evameva kho, bhikkhave, bhikkhu iti paṭisañcikkhati: ‘yathāsukhaṃ kho me viharato akusalā dhammā abhivaḍḍhanti, kusalā dhammā parihāyanti; dukkhāya pana me attānaṃ padahato akusalā dhammā parihāyanti, kusalā dhammā abhivaḍḍhanti. yaṃnūnāhaṃ dukkhāya attānaṃ padaheyyan’ti. so dukkhāya attānaṃ padahati. tassa dukkhāya attānaṃ padahato akusalā dhammā parihāyanti, kusalā dhammā abhivaḍḍhanti. so na aparena samayena dukkhāya attānaṃ padahati. taṃ kissa hetu? yassa hi so, bhikkhave, bhikkhu atthāya dukkhāya attānaṃ padaheyya svāssa attho abhinipphanno hoti. tasmā na aparena samayena dukkhāya attānaṃ padahati. evampi, bhikkhave, saphalo upakkamo hoti, saphalaṃ padhānaṃ. De la même manière, bhikkhous, un bhikkhou considère ceci: ‘Lorsque je vis comme cela me plaît, les états mentaux désavantageux se développent et les états mentaux avantageux déclinent. Lorsque je m’efforce dans ce qui est désagréable, les états mentaux désavantageux déclinent et les états mentaux avantageux se développent. Et si je m’efforçais dans ce qui est désagréable? ‘Alors il s’efforce dans ce qui est désagréable. Et tandis qu’il s’efforce dans ce qui est désagréable, les états mentaux désavantageux déclinent et les états mentaux avantageux se développent. Plus tard, il ne s’efforce plus dans ce qui est désagréable. Et quelle en est la raison? Parce qu’il a atteint l’objectif en dessein duquel il s’efforçait dans ce qui est désagréable. C’est pourquoi plus tard, il ne s’efforce plus dans ce qui est désagréable. Voici, bhikkhous, comment le travail porte ses fruits, comment l’effort porte ses fruits.

 

Des exemples de pratiques intrinsèquement désagréables sont également mentionnés ailleurs:

AN 4.163

 

“katamā ca, bhikkhave, dukkhā paṭipadādandhābhiññā? idha, bhikkhave, bhikkhu asubhānupassī kāye viharati, āhāre paṭikūlasaññī, sabbaloke anabhiratisaññī, sabbasaṅkhāresu aniccānupassī; maraṇasaññā kho panassa ajjhattaṃ sūpaṭṭhitā hoti. Et qu’est-ce, bhikkhous, que la manière de pratiquer désagréable avec une connaissance directe lente? En cela, bhikkhous, un bhikkhou reste à observer le répugnant dans le corps, à percevoir le dégoûtant dans la nourriture, à percevoir la non-complaisance envers le monde entier, à observer l’impermanence dans tous les phénomènes conditionnés, et il a la perception de la mort bien établie en lui.

 

L’une des raisons pour lesquelles certaines pratiques peuvent devenir désagréables est également mentionnée dans le Vitthāra Sutta:

AN 4.162

 

“katamā ca, bhikkhave, dukkhā paṭipadā … ? idha, bhikkhave, ekacco pakatiyāpi tibbarāgajātiko hoti, abhikkhaṇaṃ rāgajaṃ dukkhaṃ domanassaṃ paṭisaṃvedeti. pakatiyāpi tibbadosajātiko hoti, abhikkhaṇaṃ dosajaṃ dukkhaṃ domanassaṃ paṭisaṃvedeti. pakatiyāpi tibbamohajātiko hoti, abhikkhaṇaṃ mohajaṃ dukkhaṃ domanassaṃ paṭisaṃvedeti. Et qu’est-ce, bhikkhous, que la manière de pratiquer désagréable … ? En cela, bhikkhous, un certain individu est par tempérament fortement incliné à l’avidité et ressent souvent mal-être et affliction mentale engendrés par l’avidité. Il est par tempérament fortement incliné à l’aversion et ressent souvent mal-être et affliction mentale engendrés par l’aversion. Il est par tempérament fortement incliné à l’illusionnement et ressent souvent mal-être et affliction mentale engendrés par l’illusionnement.

 

Le Bouddha va jusqu’à accepter pour lui-même l’appellation ‘quelqu’un qui se torture’ (tapassī), en précisant que ce qu’il a torturé étaient en réalité les akusala dhammas:

AN 8.12

 

“katamo ca, sīha, pariyāyo, yena maṃ pariyāyena sammā vadamāno vadeyya: ‘tapassī samaṇo gotamo, tapassitāya dhammaṃ deseti, tena ca sāvake vinetī’ti? tapanīyāhaṃ, sīha, pāpake akusale dhamme vadāmi kāyaduccaritaṃ vacīduccaritaṃ manoduccaritaṃ. yassa kho, sīha, tapanīyā pāpakā akusalā dhammā pahīnā ucchinnamūlā tālāvatthukatā anabhāvaṃkatā āyatiṃ anuppādadhammā, tamahaṃ ‘tapassī’ti vadāmi. tathāgatassa kho, sīha, tapanīyā pāpakā akusalā dhammā pahīnā ucchinnamūlā tālāvatthukatā anabhāvaṃkatā āyatiṃ anuppādadhammā. ayaṃ kho, sīha, pariyāyo, yena maṃ pariyāyena sammā vadamāno vadeyya: ‘tapassī samaṇo gotamo, tapassitāya dhammaṃ deseti, tena ca sāvake vinetī’”ti. Et quelle est, Siha, la manière de présenter les choses par laquelle une personne parlant correctement dirait: ‘Le renonçant Gotama est un mortificateur, il professe un enseignement visant à la mortification et y entraîne ses disciples’? Siha, dis en effet que les états mauvais et désavantageux, [ainsi que] la méconduite corporelle, la méconduite verbale, et la méconduite mentale sont à mortifier. Siha, je dis de celui qui a abandonné les états mauvais et désavantageux à mortifier, qui les a coupés à la racine, qui les a rendus tels des souches de palmier, qui les a anéantis, qui les a rendus incapables de réapparaître dans le futur, qu’il est un mortificateur. Siha, le Tathagata a abandonné les états mauvais et désavantageux à mortifier, il les a coupés à la racine, il les a rendus tels des souches de palmier, il les a anéantis, et il les a rendus incapables de réapparaître dans le futur. Voici, Siha, quelle est la manière de présenter les choses par laquelle une personne parlant correctement dirait: ‘Le renonçant Gotama est un mortificateur, il professe un enseignement visant à la mortification et y entraîne ses disciples’.

 

On pourrait donc tenter de conclure ici que ce que le Bouddha rejetait, c’étaient les pratiques désagréables qui n’aident pas à éliminer les états désavantageux et à développer ceux qui sont avantageux (AN 10.94), ou bien même si elles ont cet effet, il rejetait la réalisation de pratiques désagréables pour elles-mêmes, comme un style de ‘vie rude’ (lūkhajīvita, SN 42.12). Mais même l’ascétisme correct doit être entrepris d’une manière équilibrée, afin d’éviter de finir par développer des états désavantageux:

AN 6.55

 

— “nanu te, soṇa, rahogatassa paṭisallīnassa evaṃ cetaso parivitakko udapādi: ‘ye kho keci bhagavato sāvakā āraddhavīriyā viharanti, ahaṃ tesaṃ aññataro. atha ca pana me na anupādāya āsavehi cittaṃ vimuccati, saṃvijjanti kho pana me kule bhogā, sakkā bhogā ca bhuñjituṃ puññāni ca kātuṃ. yaṃnūnāhaṃ sikkhaṃ paccakkhāya hīnāyāvattitvā bhoge ca bhuñjeyyaṃ puññāni ca kareyyan’”ti? — Sona, pendant que tu étais en isolement dans un endroit retiré, la pensée suivante n’est-elle pas apparue dans ton esprit: ‘Bien que je fasse partie de disciples du Fortuné qui demeurent avec une énergie activée, mon esprit n’est pas délivré des impuretés mentales par non-attachement. Cependant, ma famille a beaucoup de richesses, et il est possible de jouir des richesses tout en faisant du mérite. Pourquoi ne pas abandonner l’entraînement et retourner à la vie inférieure, afin de jouir des richesses et faire du mérite?’?
— “evaṃ, bhante”. — En effet, Bhanté.
— “taṃ kiṃ maññasi, soṇa, kusalo tvaṃ pubbe agāriyabhūto vīṇāya tantissare”ti? — Qu’en penses-tu, Sona, auparavant, lorsque tu vivais au foyer, est-ce que tu étais bien versé dans le son [produit par] les cordes du vīṇa?
— “evaṃ, bhante”. — Oui, Bhanté.
— “taṃ kiṃ maññasi, soṇa, yadā te vīṇāya tantiyo accāyatā honti, api nu te vīṇā tasmiṃ samaye saravatī vā hoti kammaññā vā”ti? — Qu’en penses-tu, Sona, lorsque les cordes du vīṇa sont trop tendues, est-ce qu’à ce moment-là le vīṇa est bien accordé et prêt à être joué?
— “no hetaṃ, bhante”. — Non, Bhanté.
— “taṃ kiṃ maññasi, soṇa, yadā te vīṇāya tantiyo atisithilā honti, api nu te vīṇā tasmiṃ samaye saravatī vā hoti kammaññā vā”ti? — Qu’en penses-tu, Soṇa, lorsque les cordes du vīṇa sont trop détendues, est-ce qu’à ce moment-là le vīṇa est bien accordé et prêt à être joué?
— “no hetaṃ, bhante”. — Non, Bhanté.
— “yadā pana te, soṇa, vīṇāya tantiyo na accāyatā honti nātisithilā same guṇe patiṭṭhitā, api nu te vīṇā tasmiṃ samaye saravatī vā hoti kammaññā vā”ti? — Et lorsque les cordes du vīṇa ne sont ni trop tendues ni trop détendues, qu’elles sont ajustées à une tonalité équilibrée, est-ce qu’à ce moment-là le vīṇa est bien accordé et prêt à être joué?
— “evaṃ, bhante”. — Oui, Bhanté.
— “evamevaṃ kho, soṇa, accāraddhavīriyaṃ uddhaccāya saṃvattati, atisithilavīriyaṃ kosajjāya saṃvattati. tasmātiha tvaṃ, soṇa, vīriyasamathaṃ adhiṭṭhahaṃ, indriyānañca samataṃ paṭivijjha, tattha ca nimittaṃ gaṇhāhī”ti. — De la même manière, Soṇa, une énergie trop active mène à l’agitation, et une énergie trop détendue mène à la torpeur. C’est pourquoi tu devrais déterminer une énergie équilibrée en prenant en compte l’équilibre des facultés, et c’est là que tu devrais saisir ton objet.

 

 

Il peut aussi être important de noter qu’être ātāpī ne réfère pas nécessairement à des pratiques désagréables, puisque cela peut constituer une base pour l’entrée dans les jhānas:

SN 48.40

 

idha, bhikkhave, bhikkhuno appamattassa ātāpinopahitattassa viharato uppajjati dukkhindriyaṃ. so evaṃ pajānāti: ‘uppannaṃ kho me idaṃ dukkhindriyaṃ, tañca kho sanimittaṃ sanidānaṃ sasaṅkhāraṃ sappaccayaṃ. tañca animittaṃ anidānaṃ asaṅkhāraṃ appaccayaṃ dukkhindriyaṃ uppajjissatīti: netaṃ ṭhānaṃ vijjati’. so dukkhindriyañca pajānāti, dukkhindriyasamudayañca pajānāti, dukkhindriyanirodhañca pajānāti, yattha cuppannaṃ dukkhindriyaṃ aparisesaṃ nirujjhati tañca pajānāti. kattha cuppannaṃ dukkhindriyaṃ aparisesaṃ nirujjhati? idha, bhikkhave, bhikkhu vivicceva kāmehi vivicca akusalehi dhammehi savitakkaṃ savicāraṃ vivekajaṃ pītisukhaṃ paṭhamaṃ jhānaṃ upasampajja viharati: ettha cuppannaṃ dukkhindriyaṃ aparisesaṃ nirujjhati. ayaṃ vuccati, bhikkhave, ‘bhikkhu aññāsi dukkhindriyassa nirodhaṃ, tadatthāya cittaṃ upasaṃharati’”. En cela, bhikkhous, chez un bhikkhou demeurant assidu, ardent et voué à l’effort apparaît la faculté de douleur. Il discerne ainsi: ‘Cette faculté de douleur est apparue en moi avec un objet, avec une cause, avec une Construction, avec une condition. Il est impossible que la faculté de douleur apparaisse sans objet, sans cause, sans Construction, sans condition.’ Il discerne la faculté de douleur, il discerne l’apparition de la faculté de douleur, il discerne la cessation de la faculté de douleur, et il discerne aussi où la faculté de douleur ayant fait surface cesse complètement. Et où est-ce que la faculté de douleur ayant fait surface cesse complètement? En cela, bhikkhous, un bhikkhou, séparé des plaisirs de la sensualité, séparé des états mentaux désavantageux, entre et demeure dans le premier jhana, qui s’accompagne de pensées et réflexions, avec exaltation et bien-être engendrés par la séparation, et c’est ici que la faculté de douleur ayant fait surface cesse complètement. C’est ce qu’on appelle, bhikkhous, un bhikkhou ayant connu la cessation de la faculté de douleur; il concentre son esprit à cette fin.

 

La même chose est ensuite répétée au sujet de domanass·indriyasukh·indriyasomanass·indriya, et upekkh·indriya, respectivement à propos des deuxième, troisième, quatrième jhānas et saññā·vedayita·nirodha. À MN 19, la même expression, appamattassa ātāpino pahitattassa viharato (demeurant assidu, ardent et voué à l’effort), est utilisée de manière similaire pour décrire l’état dans lequel le Bouddha se trouvait lorsqu’il a atteint les trois vijjās, juste avant son éveil.

 

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